Léonor Canales raconte Marylin et … réciproquement !

 

Brest , le 18 avril 2020

 

JE VAIS TE RACONTER POUR QUOI JE METS MA PERRUQUE DE MARILYN …

« Ces dernières années ont fait que par moments, le feu qui était toujours là, dans un coin de mon âme, a failli s’éteindre. Mais il y a toujours eu une luciole qui est venue raviver cette flamme.
Cette luciole, aujourd’hui, c’est ma Marilyn.

Depuis notre armoire, elle met sa vieille perruque qui a vécu autant que ce corps qui est le mien et qui commence à avoir mal à force de défoncer des murs.

Je vais te raconter que, grâce à Marilyn, je peux garder en moi ce feu de vie qui donne l’élan, qui permet de regarder le monde avec les yeux d’un enfant tout en étant pleinement là, pleinement traversée par ce temps « hors temps » que nous vivons. 

Je vais te raconter que je ne sais pas de quoi sera fait demain ! Le monde me rend par moment folle, et m’angoisse.

 Mais je veux rester « au cœur » du désir !
De la vie…

Je vais rester vivante !
Et je vais rester libre !

Marilyn met sa perruque, pour vous donner à voir ce feu qui m’habite : la colère, les doutes du quotidien, la rage au ventre, mais aussi l’amour, la douceur et surtout, la possibilité de retourner ce réel qui est le confinement.

Ils veulent que nous ayons peur, peur de l’autre, du voisin-e, du coronavirus, de soi, de la crise économique…des lendemains.

Ils veulent entrer en nous pour nous voler nos rêves, mais nos rêves nous appartiennent. Nous commandons sur nos rêves et personne ne pourra entrer en nous…

Ils pourront nous enfermer, nous mutiler, nous cadenasser, mais ils ne pourront pas nous priver de Rêver !

A chaque fois que je mets ma Perruque de Marilyn, je rêve qu’un autre monde est possible. Je le crie, je le clame, je le donne à entendre, avec ma caméra à la verticale, avec mes mots qui trébuchent (nés de cette bouche d’étrangère) avec mes tripes, ma maladresse mais surtout avec mon âme comme drapeau.

Sans posture, sans faux semblant, je donne à voir ce que je vis, ce que je vois, pendant ce moment où je parle à travers elle. Enfin, quand elle m’aide à parler,on me sent forte,on me sent invincible et je sens que rien n’est impossible !

Tout cela peut vous paraître candide, gentil, les femmes sont gentilles n’est-ce pas ?

Non, tout cela est la force d’une évidence :

Chacun-e de nous possède une arme de Résistance pour faire face à la peur !

A chacun-e de choisir la sienne…

En attendant de prendre les rues, les places d’assaut ! Marilyn met sa perruque…

Sortons nos poèmes, nos nez de clown, sortons nos mémoires, nos histoires, nos images et mélodies !

Sortons nos rêves de l’armoire et crions haut et fort : NOUS SOMMES INVINCIBLES ! »

Leonor Canales Garcia
Artiste Interdisciplinaire
Directrice de la Cie A Petit Pas


Retrouvez chaque jour Marilou Fernandez
confinée au fond de son armoire,

sur la chaine Youtube créée par ici à cet effet …


Coronavirus. À Brest,
Leonor Canales fait sa « Marilyn en casa »

La comédienne bresto-andalouse Leonor Canales reprend Marilyn, son personnage fétiche. Et partage en vidéos maison ses rituels, ses états d’âme, sa vie d’artiste confinée dans… une armoire en carton !  Un article signé Frédérique Guiziou publié dans L’Ouest France Brest du 4 avril 2020

Léonor Canales, comédienne confinée, partage ses rituels et ses états d’âme en vidéos dans « Marilyn en casa », sur YouTube.
Léonor Canales, comédienne confinée, partage ses rituels et ses états d’âme en vidéos dans « Marilyn en casa », sur YouTube. | François Berlivet

Dans « Marilyn en casa », sur YouTube, Leonor Canales, la comédienne bresto-andalouse, la patronne de la compagnie À Petits Pas, donne des nouvelles de sa maison. Perruque blonde et bouche rouge, elle a repris son personnage fétiche, Marilou Fernandez, tirée de la pièce Le Genou de Marilyn , son « seule en scène » à succès, une pièce drôle et décapante, profondément humaine.

« Confinée dans une armoire en carton »

Par la voix de « [son] artiste », Leonor Canales partage ses états d’âme. Dans des épisodes de six minutes maximum. Micha, son chat, apparaît en guest-star (vedette). Elle rêve de douceur et de… pâté. Confinée à l’extrême dans son « armoire en carton », elle réfléchit à la notion d’espace…

Au gré de son inspiration, elle déclame, à toute vitesse, dans sa langue natale, du Cyrano de Bergerac. Ou récite Le Gardeur de troupeaux du poète portugais Fernando Pessoa, qu’elle aime passionnément. Elle partage ses rituels de confinée. Raconte ses drôles de relations avec sa voisine acariâtre. « Vraie et encore pire que dans la vie ! », sourit la comédienne.

Elle réalise toute seule ses « Marilyn en casa », deux vidéos hebdomadaires, « en une ou deux prises, sans montage. C’est un besoin vital, mon exutoire. Le confinement oblige à créer avec les moyens du bord. »

« Sa boussole »

Comme elle préfère parler d’asperges plutôt que du CAC 40, elle reste profondément Marilyn, ce personnage devenu, au fil du temps, « [sa] boussole » : « Une nana du milieu populaire, une femme qui trime, qui avance, lumineuse, malgré ses fractures. »

« Ma voix intérieure »

Avec des références, évidemment, à la star, « la » Marilyn Monroe, qui la fascine depuis toujours : « Femme objet devenue femme sujet, elle a construit sa réussite sur son physique. Ce n’était qu’une façade à son intelligence, si vive et sensible. »

Légère ou profonde, vieille ou enfantine, cette créature très libre peut tout se permettre : « Elle est, à la fois, moi et pas moi ! Le jeu s’est inversé : ma voix intérieure s’incarne en personnage. » Marilyn raconte Leonor.


Retour aux sources de la naissance du personnage de Marilou Fernandez …

Images extraites de la Première du « Genou de Marilyn »  le 19 mai 2017  au Port de commerce de Brest.
A l’aube de ses 45 ans, Marilou se fait une rupture des ligaments croisés antérieurs du « je-nous » gauche, qui va l’obliger à se mettre en marche. Elle devra faire tomber les masques, laisser de côté son rêve de petite fille  » Devenir Marilyn » et briser les murs qui l’empêchent de passer de l’autre côté !
Une vidéo de 2’48 »  signée Kristen Falc’hon

En savoir plus sur …

« Le genou de Marylin », c’est par ici .