Au début des années 90, Philippe Maindron n’hésitait pas chaque jeudi d’été à faire un aller retour entre sa Vendée et Brest pour assister aux Jeudis du Port. Ses « Grains de Folie » ne l’ont jamais quitté : le créateur notamment du Festival de Poupet à Saint-Malô-du-Bois vient de parvenir au bout d’un autre rêve : installer une tour Eiffel cassée en deux, au Burning Man dans le désert du Nevada, aux États-Unis …
« Elle vient de faire le tour du monde » : l’incroyable succès de la tour Eiffel vendéenne exposée au festival Burning Man
La tour Eiffel cassée de 15 mètres de haut, réalisée par le Vendéen Philippe Maindron, est l’une des œuvres monumentales du Burning Man, rassemblement alternatif qui se tient dans le désert du Nevada, aux États-Unis, jusqu’au 7 septembre. Le créateur d’événements raconte les coulisses de cette nouvelle performance. Un article signépublié dans L’Ouest France du
Depuis deux ans, Philippe Maindron et son équipe l’attendaient. Le 30 août 2026, ils ont dévoilé leur œuvre monumentale, une tour Eiffel cassée en deux, au Burning Man festival, un rassemblement culturel mondial et alternatif, qui se tient depuis 1986 à Black Rock city, dans le désert du Nevada.
Réalisée entièrement en métal, sur 30 mètres de long et 15 mètres de haut, Eiffela Brocken dream fait sensation dans tous les médias français et étrangers, et sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’elle est l’une des rares œuvres de cette taille dans l’événement qui en rassemble 500.
« C’est incroyable et surréaliste »
« Eiffela vient de faire le tour du monde en deux-trois jours, s’extasie Philippe Maindron, son créateur vendéen, cofondateur du festival de Poupet et patron de Maindron Production, qui a déjà réalisé deux répliques de la tour Eiffel. C’est incroyable et surréaliste ! J’étais préparé au fait que toucher au symbole de la France allait résonner dans le monde entier. C’est un symbole fort d’une planète malmenée par les guerres, la crise environnementale… Mais je suis bluffée par l’accueil que le festival et la planète entière réservent à cette œuvre. »
La réalisation du projet a représenté un véritable défi logistique. Il a d’abord fallu convaincre le festival de la faisabilité du projet, puis l’équipe a testé son montage en Vendée, avant de la démonter et la renvoyer outre-Atlantique. Les barres de métal ont parcouru 10 000 km dans des containers sur la mer et à terre pour rejoindre le site du Burning man, où elle a été montée, ainsi qu’un petit village pour accueillir la trentaine de personnes de l’équipe. « On a des techniciens, monteurs, spécialistes du son, de l’éclairage, des funambules… Il y a aussi toute une partie de pyrotechnie puisqu’Eiffela crache du feu de partout, ajoute cet habitué des défis hors normes. On est parti avec des panneaux solaires, des packs de batteries, des groupes électrogènes. On est complètement autonome pour tout le projet. »
« Tous les jours, des performers viennent me voir »
La tour Eiffel est aussi mise en scène par de nombreuses performances durant tout le festival qui réunit près de 80 000 personnes. Philippe Maindron a notamment fait appel aux Sanglés de l’ouest pour escalader la structure. « Tous les jours, des performers viennent me voir pour se produire autour d’Eiffela. Ils veulent aussi rentrer dans l’histoire. C’est la preuve que ça fonctionne. »
Depuis presque une semaine, toute l’équipe vit à 100 % le festival. « Burning man fonctionne le jour et la nuit. Je passe beaucoup de temps à côté d’Eiffela, je ne dors que deux ou trois heures par nuit. Les tempêtes de sable sont sournoises et continues, c’est pénible de passer la journée avec un masque et des lunettes, mais c’est le prix à payer pour assister au Burning man. »
Ce dimanche 6 septembre en soirée, le festival fermera ses portes avec l’obligation pour les participants de laisser le site vierge de toute trace humaine au plus tard jeudi 10 septembre. Eiffela sera donc entièrement démontée. Peut-être vendue ? « Je dois encore déterminer quelle destination elle va prendre. »
« Le résultat est surréaliste »: de la Vendée au Nevada, Philippe Maindron a fait traverser l’Atlantique à sa Tour Eiffel
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- Un article signé Florian Cazzola publié par ICI.fr du 31 août 2026 …
Le pari était à l’image de l’homme, complètement fou. De la Vendée au désert du Nevada, aux États-Unis, Philippe Maindron est parvenu à démonter, faire voyager et rassembler « Eiffeila » à temps avant le début du Burning Man, ce dimanche. « C’est surréaliste », confie l’artiste, qui n’en revient pas.
« C’est quand même une histoire complètement folle« , rembobine Philippe Maindron, en sueur, joint par WhatsApp à Black Rock City où il venait d’achever le montage de « sa » Tour Eiffel en 72 heures chrono. Deux ans après s’être lancé un pari, pour beaucoup irréaliste, l’artiste et créateur notamment du festival de Poupet, à Saint-Malô-du-Bois en Vendée, est parvenu à aller au bout de son rêve juste à temps, avant le lancement du Burning Man, ce dimanche 30 août, festival qui se déroule chaque année dans le désert du Nevada, aux États-Unis.
« Ca a coûté le prix d’un rêve »
Retenue parmi 500 dossiers de candidatures, encore fallait-il parvenir à acheminer « Eiffeila Broken Dreams » à quelque 9.000 kilomètres de Rochetrejoux et des chantiers de Maindron Production. « La direction n’a jamais pensé une seconde que j’aurais pu aller au bout de mon projet« , glisse le Vendéen, non sans fierté. Parce que déplacer une réplique « cassée » de la Tour Eiffel de 30 mètres de long et 15 mètres de haut s’apparente facilement à un casse-tête. « Ca fait deux ans que j’y travaille, j’étais venu l’an passé en repérages et à un moment donné, il faut se lancer, poursuit le sexagénaire. Tu essaies de penser à tout, de rien zapper et puis tu te dis que, de toute façon, c’est un « one shot » et tu n’as pas le droit à l’erreur. »
Avec ses équipes, Philippe Maindron a donc fait traverser l’Atlantique à Eiffela par bateau. « On est arrivés avec sept transports, deux camions plateaux pour Eiffela, deux conteneurs de 40 pieds et 40 tonnes de matériel, détaille celui qui a dû respecter à la lettre un cahier des charges de 200 pages pour satisfaire l’organisation. J’en ai rêvé et on l’a fait. Le résultat est juste surréaliste. »
Et qu’importe le coût, estimé à plus de 300.000 euros. « Je le redis, je n’ai eu aucune aide, tient à préciser l’artiste. Je me suis lancé tout seul dans la bataille et ça a coûté le prix d’un rêve quand tu as envie de le vivre. » L’œuvre concurrence désormais une autre Tour Eiffel dans le Nevada, celle de Las Vegas « qui n’est pas très jolie d’ailleurs« , tacle Maindron, en attendant de trouver un acquéreur pour donner une seconde vie à Eiffela.
Philippe Maindron ne manque jamais de mentionner celles et ceux qui, au début des années 90, ont allumé sa propre créativité …
« À l’époque, mon métier de technicien agricole m’amène à bouger beaucoup. Notamment en Bretagne, à Brest, où je découvre alors les Jeudis du port. À chaque fois, il s’y passe quelque chose. Je suis tellement imprégné de cette histoire que je me rapproche des organisateurs, Jacques Guérin (créateur du festival du Bout du monde), Michèle Bosseur et les autres. Ils vont beaucoup m’aider, au moment de bâtir l’aventure des Arts à la campagne, sur ce modèle, mais le dimanche. Ce qui va se révéler épuisant. Et puis, de fil en aiguille, après quelques éditions difficiles financièrement, on va proposer une douzaine de soirées au lieu de dix dimanches. Le Festival du Poupet est parti de ça … » Extrait d’un article signé dans Ouest France du 26 juin 2016 …
Pour en savoir davantage sur l’incroyable histoire de Philippe et de sa fameuse réplique « Déconne pas ! », consulter son site internet , c’est par ici …
