La Patronne du « Lapin Bleu » de Pouldreuzic ne s’arrêtait jamais …

Yvonne Salaün, patronne du petit bar-épicerie de Pouldreuzic « Le Lapin Bleu » vient de s’éteindre à l’âge de 92 ans . “Ce bar-là, il parlait, il causait et c’était un peu la mémoire du passé.” Personnage haut en couleur, passionnée de philosophie, de lecture et de méditation, Yvonne ne s’arrêtait jamais. Gérard Alle lui a consacré 2 films à visionner sur KuBmédia …
Un portrait d’Yvonne en 6’46 » réalisé et publié par le média Néo …

Les deux films réalisés par Gérard Alle sont à visionner sur KuBmédia …

En 2002, à Pouldreuzic, en Pays Bigouden, Gérard Alle tombe amoureux d’un bistrot de campagne et de sa tenancière : Yvonne. Dix ans plus tard, il en conçoit un projet de film : Mon lapin bleu, portrait de la patronne et de ses clients. Un condensé d’humanité dans lequel chacun peut se reconnaître. Le film est un succès, tant son charme est communicatif. Le style de l’écrivain-réalisateur se marie à la perfection avec le monde d’Yvonne, spirituel et trivial. Édito pour KUB : Serge Steyer

Ce premier film produit en 2012 par Laurence ANSQUER, Tita B Productions est à visionner en libre accès sur KuBmédia, c’est par ici …


Trois ans après, Mon lapin bleu, Yvonne, l’ancienne tenancière du bar a rangé les verres et fermé le comptoir. À 80 ans, elle vit toujours sur place. Les visiteurs ne manquent pas, comme aujourd’hui Yann, écrivain bigouden venu lui rendre visite. Ils parlent en breton la seule langue dans laquelle Yvonne, désormais …

Ce deuxième film produit en 2016 par Laurence ANSQUER, Tita B Productions est à visionner en libre accès sur KuBmédia, c’est par là …


À Pouldreuzic, Yvonne Salaün, le « lapin bleu » de Kernoël, est décédée à 92 ans

« Le Lapin bleu », ce petit bar-épicerie de Pouldreuzic devenu célèbre par sa patronne, a perdu son âme. Yvonne Salaün, 92 ans, vient de s’éteindre. Un article paru dans Le Télégramme du

Yvonne Salaün, dans le bar-épicerie Le Lapin bleu, à Pouldreuzic, en 2018, avec son autoportrait « Mon Lapin Bleu, l’innocente du village ».
Yvonne Salaün, dans le bar-épicerie Le Lapin bleu, à Pouldreuzic, en 2018, avec son autoportrait « Mon Lapin Bleu, l’innocente du village ». (Photo d’archives Le Télégramme/Steven Lecornu)

Yvonne était durant 30 ans la tenancière du Lapin bleu, ce café-épicerie resté dans son jus qu’elle avait repris après ses parents, quelque part au bord de la D2 à Pouldreuzic. On ne verra plus Yvonne marcher, mains dans le dos, du côté de Kernoël, le long de la D2, bravant les voitures. Yvonne et son café sont devenus célèbres bien au-delà de Pouldreuzic.
Le lieu était atypique entre ces vieilles chaises et tables usées par des générations de clients attablés là à taper le carton, ce comptoir très bas et ces produits d’épicerie restés en place. Le lieu et sa patronne ont fait l’objet de nombreux reportages et de films.

Deux films et un livre

En 2013, dernière année où Yvonne ouvrait officiellement son bar, Gérard Alle filmait « Mon lapin bleu », ce café plein d’histoires humaines sans prétention où Yvonne appelait affectueusement ses clients « mon lapin bleu ». Ce film a été projeté dans toute la France et au-delà. Puis il y a eu la suite en 2016 « Al lapin a c’haloup bepred » (« Le Lapin bleu court toujours »).
Yvonne Salaün, c’était aussi une dame qui avait lu Épictète et Socrate, qui dégageait une positive attitude emplie d’énergie communicative. Elle avait livré en 2017 son autoportrait pointilliste, ne livrant que ce qu’elle voulait bien raconter et distillant sa philosophie de vie dans « Mon Lapin Bleu, l’innocente du village ».

Accueillir la mort « comme une princesse »

Yvonne Salaün est partie, elle qui disait en 2013 : « La mort : il faut l’accueillir les bras ouverts, avec bonté, comme une princesse qui viendrait à notre rencontre ». L’avis d’obsèques d’Yvonne, paru ce mercredi 26 août dans la page du Télégramme, est à son image : « Mon lapin bleu nous a quittés discrètement. Elle remercie tous qui ont trouvé son humble bar au bord de la route », est-il écrit avant ses derniers mots : « Merci pour tout le bonheur que vous m’avez donné. Merci pour tout. »


En savoir plus sur Gérard Alle …

Après avoir été, successivement ou en même temps, facteur, VRP, boulanger, céramiste, comédien, restaurateur, apiculteur et conseiller municipal, Gérard Alle se consacre depuis quinze ans à sa passion de toujours : l’écriture.

Pigiste pour divers magazines, romancier, auteur de polars et de livres documentaires sur le monde rural et la Bretagne, il a publié une trentaine d’ouvrages. On peut citer Il faut buter les patates (Le Seuil, puis Locus Solus), Commerces de campagne (Le Télégramme), Les Papys féroces, Les jeunes tiennent pas la marée et la trilogie Lancelot fils de salaud (Coop Breizh), les livres jeunesse La Sieste du taureau et Il pleut, il pleut Berbère ! (Locus Solus), le roman noir Memento Mori (In8).

Mon lapin bleu est son premier film en tant que réalisateur, suivi de Hénaff ou le mystère de la petite boîte bleue. Après Al lapin a c’haloup bepred, il travaille avec Sylvain Bouttet sur Nous n’irons plus à Varsovie, portrait d’un survivant de l’insurrection du ghetto de Varsovie. En 2023, il signe la réalisation de Vendanges en utopie, un documentaire sur le retour de la vigne en Bretagne et l’installation de deux jeunes viticulteurs sur l’île de Groix.

Gérard Alle vit à Douarnenez et se raconte magnifiquement tout seul sur son blog ou par la contribution de Jean-Bernard Pouy, écrivain libertaire de romans noirs à succès, membre des Papous dans la tête.

Ses films, Mon lapin bleu, L’or des Mac Crimmon et Vendanges en utopie, sont à retrouver sur KuB !