Nous « kifions » son jeu et en étions « amoureux » : Kenavo, Eric Roy !

Éric Roy s’est éteint à l’âge de 58 ans , le mercredi 17 juin, après un long combat contre un cancer du pancréas. En 3 ans et demi comme coach du Stade Brestois, l’homme aura fait vivre au club finistérien les plus belles pages de son histoire. Un « pied de nez  au football business et ses dérives« , le temps d’une improbable campagne européenne … Avec lui, les petits s’étaient mis à terrasser les puissants !

« C’était un bol d’air frais, un pied de nez à la Superligue et à ceux qui rêvent d’une élite plus fermée qu’elle ne l’est déjà. C’était le rappel que la glorieuse incertitude du sport, du foot, n’est pas morte ». Au lendemain de l’annonce de son décès, 2 500  amoureuses et amoureux de son jeu se sont réunis à l’entrée du stade de la Route de Quimper, pour une minute de silence et des tonnerres d’applaudissements …

… des applaudissements bientôt recouverts par le célèbre chant qui soulignait chacune de ses apparitions : « Quand je vois son jeu, je suis amoureux, quand j’entends sa voix , je suis fan d’Eric Roy  » !

Une inoubliable histoire intitulée « Stade Brestois-Coupe d’Europe ! »

L’une des belles histoires du football français de ces dernières années …

« Kenavo le King »… Des milliers de Brestois se sont rassemblés à Francis-Le-Blé au soir de son décès pour rendre hommage à Éric Roy

Dès 18 h, des milliers supporters se sont rassemblés devant le stade Francis-Le-Blé pour remercier « le meilleur entraîneur de Brest ». Des bouquets de fleurs ont été déposés. On fait déjà la queue pour signer dans le livre d’or. Un article signé Thimothée Piette et Lucile Vanweydeveldt dans l’Ouest-France du

L’hommage au « plus grand entraîneur du Stade Brestois » a commencé à Brest (Finistère), devant le stade Francis-Le-Blé. Un rassemblement a réuni près de 3 000 personnes, ce jeudi 18 juin 2026, pour rendre hommage à Éric Roy (1967-2026), entraîneur du Stade Brestois depuis 2023, décédé mercredi.

Bouquets de fleurs et livre d’or

Dès 18 h, des livres d’or ont été mis à disposition au stade, puis seront disponibles à l’hôtel de ville jusqu’à samedi avant d’être remis à la famille. Téva, de Brest, 48 ans, a sorti son stylo : Je l’ai remercié pour son passage sur Brest, je lui ai dit que grâce à lui le club s’est rapproché, il nous a fait vibrer par sa rigueur et sa passion. » Un autre prend son temps car il écrit au nom de toute sa famille, au point de provoquer quelques tensions dans la queue qui s’allonge au fur et à mesure.

Dès 18 h, des livres d’or ont été mis à disposition au stade, puis seront disponibles à l’hôtel de ville jusqu’à samedi avant d’être remis à la famille. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

Sur le parvis de La Tribune Foucauld, rue de Quimper, un grand portrait de l’homme sur fond noir a été affiché. « Kenavo le King », peut-on lire en lettres blanches. Des gens y ont déposé des gerbes, des fleurs et des tableaux de matchs.

« Lui dire au revoir »

Valérie et Manu, de Brest, sont arrivés très tôt, vers 18 h :  Comme pour tout le monde, ça fait un choc. On ne le connaissait pas personnellement, mais on est abonnés. Pour nous, il faisait partie de la famille ».  Grâce à Éric Roy, j’ai supporté de plus en plus le Stade brestois. Il nous a qualifiés en Ligue des champions, il est drôle, c’est le coach. C’était important de venir lui rendre hommage, lui dire au revoir », raconte Mattéo, supporter malvoyant.

Sur le parvis de La Tribune Foucauld, rue de Quimper, un grand portrait de l’homme sur fond noir a été affiché. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

Dehors, une foule impressionnante, des milliers de Brestois. Beaucoup de maillots, beaucoup d’écharpes. Le bruit des discussions est interrompu par une minute de silence. La plupart des personnes présentes ont revêtu le maillot de la Ligue des Champions, comme suggéré sur les réseaux sociaux. « Eric Roy, c’est la personne la plus importante du club », ose un supporter.

Dehors, une foule impressionnante, des milliers de Brestois. Beaucoup de maillots, beaucoup d’écharpes. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

Les Celtic Ultras ont déposé une gerbe tandis que d’autres laissent éclater leur émotion. Les marins de l’École des mousses font leur apparition. Les institutions de toute la ville sont représentées. L’entraîneur, « Notre Roy pour toujours », entend-on, est plus que jamais un rassembleur.

« Que de bonheur ! »

Le président de Stade Brestois, Denis Le Saint est le premier à prendre la parole devant la foule : « Malgré ce beau soleil, c’est un jour tragique avec la disparition de notre coach Éric Roy. Il a fait connaître les Ty zefs au-delà des frontières habituelles. Fin tacticien, c’était surtout un remarquable meneur d’hommes capables de révéler les individualités de chacun. Il a réussi à amener les rouges et blancs jusqu’au plus haut sommet, en ligue des champions. Il a démontré sans cesse que rien n’est impossible, qu’on pouvait surmonter tout obstacle dans le sport. C’était Magique ! Que d’émotions ! Que de bonheur ! ».

Les supporters entament le chant « Quand je vois son jeu… ». Puis : « Éric Roy ! Éric Roy ! Éric Roy ». | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

Franck Coudard, président des ultras brestois enchaîne, très ému : « Avec ta gentillesse, ta bienveillance, nous sommes venus pour te dire au revoir. Chacun d’entre nous gardera un souvenir, un moment passé avec toi. Tu vas énormément nous manquer, mais à travers ton chant, je suis sûr que nous continuerons à t’apercevoir. »


EN IMAGES. Éric Roy, 3 ans et demi de passion avec le Stade Brestois

Entraîneur du Stade Brestois depuis janvier 2023, Éric Roy est décédé à l’âge de 58 ans, mercredi 17 juin. À travers neuf photos, revivez ses trois années et demie à la pointe bretonne. Texte : Alexis Czaja. Photo : Guillaume Saligot Publié dans Ouest-France du  

Éric Roy salue les supporters du Stade Brestois en janvier 2026.
Éric Roy salue les supporters du Stade Brestois en janvier 2026. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

Éric Roy s’éteint à l’âge de 58, mercredi 17 juin, après un long combat contre un cancer du pancréas. En trois ans et demi comme coach du Stade Brestois, le Niçois aura laissé une trace indélébile en faisant vivre au club finistérien les plus belles pages de son histoire. On vous propose de les revivre en photos.

Eric Roy discute avec l’entraîneur de l’époque d’Avranches Damien Ott lors du 32e de finale de Coupe de France qui marquait les débuts du coach niçois à Brest. | JOEL LE GALL / OUEST-FRANCE

L’histoire entre le Stade Brestois et Eric Roy avait débuté dans la Manche. C’était le 7 janvier 2023. Le club finistérien se déplaçait à Avranches dans le cadre des 32es de finale de la Coupe de France. Dix ans après son départ de Nice, le coach azuréen retrouvait pour la première fois un banc. Un moment forcément particulier.

L’entraîneur était alors loin d’être « King Eric ». Ce n’est pas exagéré de dire que l’ambiance était même au scepticisme concernant ce choix de coach qui n’en était plus vraiment un. Le match s’est terminé sur la première victoire de l’ère Roy (2-0). Sans le savoir, elle lançait la plus belle période de l’histoire du club.

Le stade Francis-Le Blé célèbre le « King » Eric Roy le 3 mars 2024. | MATHIEU PATTIER / OUEST FRANCE

L’aventure entre Brest et Eric Roy a rapidement tourné à l’idylle. Après avoir assuré le maintien du club, le coach a mené la saison suivante les Ti-Zefs jusqu’au podium de la Ligue 1 au cours d’une saison 2023-2024 exceptionnelle. Le stade Francis-Le Blé n’avait pas tardé pour célébrer son coach. Le 3 mars 2024, à l’occasion de la réception du Havre, et alors que le Stade Brestois restait sur une série de 12 matchs sans défaite, un immense tifo avait été déployé en l’honneur de « King Eric ». Il avait été accompagné de chants à la gloire du Niçois.

Le 20 mai 2024, les supporters du Stade Brestois accueillent en héros les joueurs et le staff du Stade Brestois, qualifié pour la première fois en Ligue des champions. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

L’issue de la première saison pleine du coach à Brest est exceptionnelle. Le Stade Brestois valide sa toute première participation à la Ligue des champions après une victoire à Toulouse (0-3) lors de la dernière journée de championnat. Malgré un vol annulé le soir même, les joueurs et le staff regagnent le Finistère le lendemain matin. Ils sont accueillis par des centaines de supporters sur la place de la mairie.

Eric Roy au stade olympique de Barcelone, le 26 novembre 2024, lors de la phase de ligue de Ligue des champions. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST FRANCE

Joueur, Eric Roy avait disputé la Coupe de l’UEFA. En tant que coach, il découvre la Ligue des champions, en même temps que le club breton. Les Brestois et leur coach se mettent vite au niveau. Ils sont invaincus après quatre journées dans la plus prestigieuse compétition au moment de se rendre sur la pelouse du mythique FC Barcelone.

Eric Roy en conférence de presse avant le barrage aller de Ligue des champions contre le PSG en février 2025. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

Le parcours en Ligue des champions a été l’occasion de multiplier les conférences de presse d’Eric Roy. Et ce n’était pas pour déplaire aux suiveurs du club finistérien. Le Niçois aimait l’exercice et le revendiquait. En trois ans et demi à la pointe bretonne, l’entraîneur a offert de nombreuses séquences savoureuses. C’était aussi le moment pour lui de partager sa science du foot. Là tout devenait beaucoup plus sérieux. Parce que Roy était surtout un fin tacticien.

L’arbitre Florent Batta met un carton rouge a Eric Roy, furieux, en septembre 2024. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

D’humeur légère et amicale le plus souvent, Eric Roy ne manquait pas de caractère ! Il était capable de sortir de ses gongs, surtout quand il estimait être victime d’une injustice arbitrale. Ce fut le cas en septembre 2024 à l’occasion de la réception de Toulouse, trois jours après le premier succès de l’histoire des Brestois en Ligue des champions, face à Sturm Graz (2-1). Le technicien avait été exclu à la 34e minute après un coup de colère après avoir reçu un carton jaune. Il s’était ensuite expliqué : « Pour moi, ce n’est pas penalty. J’ai dit au 4e arbitre que je n’étais pas d’accord, on n’a pas le droit de ne pas être d’accord, donc il a appelé l’arbitre du centre. J’étais furieux et il m’a mis un carton jaune. Quand tu sanctionnes quelqu’un, tu lui dis un mot. J’ai demandé pourquoi il ne me parlait pas et il l’a rappelé pour qu’il me mette un rouge. »

Un épisode parmi d’autres. Ce jour là, Eric Roy avait harangué le public en sortant du terrain. Il était aller s’asseoir en haut de la tribune principale, auprès des analystes vidéo.

Eric Roy sur une voiturette lors de la reprise de l’entrainement, le 1er juillet 2025. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

En fin de contrat à l’issue de la saison dernière, il avait finalement prolongé pour deux ans supplémentaires. Il était donc bien présent à la reprise de l’entraînement, début juillet.

Le 17 mai 2026, Eric Roy a dirigé son dernier match. | ELSA RANCEL / OUEST-FRANCE

Malgré la maladie, il aura assuré son rôle jusqu’au-bout de la saison 2025-2026. Son dernier match aura été face à Angers devant son public, au stade Francis-Le Blé. Il avait profité d’une communion devant le kop. C’était le 17 mai, un mois avant son décès.

La foule présente en masse lors de la cérémonie d’hommage à Eric Roy. | GUILLAUME SALIGOT / OUEST-FRANCE

L’annonce de la mort du Niçois a provoqué une onde de choc à Brest. De très nombreux supporters et habitants de la ville se sont réunis, vendredi 18 juin, pour lui rendre un hommage devant le stade Francis-Le Blé, où Éric Roy leur a permis de tant rêver.


Nous « kifions » ton jeu et en étions « amoureux » : Kenavo, Eric Roy !

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