Dire non aux chalutiers géants le 25 septembre à Concarneau !

Alors que la pêche artisanale se bat avec la crise du Covd-19, Concarneau accueille le 25 septembre le baptême du Scombrus, un chalutier de 80m de la société France Pélagique filiale de Cornelis Vrolijk, géant de l’industrie de la pêche néerlandaise qui s’accapare les quotas des pays européens … L’Asso Pleine Mer prend l’initiative d’un événement festif et populaire baptisé « funérailles de la pêche artisanale et des ressources marines » …

D’où vient le poisson qui est dans notre assiette ? Nul besoin d’aller à l’autre bout du monde pour voir le pillage de l’océan à l’œuvre. Chez nous, des navires-usines français et étrangers sont à l’œuvre. Leur fonctionnement est redoutable et ne laisse aucune chance, ni aux poissons, ni aux dauphins…

Une vidéo de 2’43 »  produite par Sea Shepherd France

Ce sont ces bateaux qui fournissent les poissons de la plupart des produits transformés à base de poissons qui abondent dans nos supermarchés. Nous avons filmé l’un d’entre eux il y a quelques jours – un allemand au large du Golfe de Gascogne- et ça n’a pas plu à son capitaine. Que ce genre de pêche soit encore autorisé est une aberration. Nous sommes en train de détruire l’océan qui nous rattache à la vie …


CHALUTIERS GÉANTS, CA SUFFIT:
Mobilisation lors du baptême du SCOMBRUS à Concarneau le 25 Septembre !

Alors que la pêche artisanale peine à se relever de la crise du Covid-19, le 25 septembre dans le port de Concarneau aura lieu le baptême du Scombrus, un chalutier géant de la société France Pélagique. Pour rappel, France Pélagique est une filiale de Cornelis Vrolijk, géant de l’industrie de la pêche néerlandaise, entreprise très financiarisée qui possède de nombreux chalutiers géants, et s’accapare les quotas des pays européens via ses filiales.

Le SCOMBRUS est le « petit dernier » de l’armement France Pélagique : un navire de 80 mètres, possédant le pavillon français, mais dont les milliers de tonnes harengs, maquereaux, chinchards et sardines ne participeront absolument pas à l’économie locale : tout sera débarqué à Ljmuiden au Pays Bas.
Un bateau qui, comme le Sandettie ou le Prins Bernhard, a des capacités de pêche démesurées : jusqu’à 200 tonnes de poisson pêchés en une nuit, l’équivalent de ce que peut traiter la criée de Lorient, plus grosse criée française. Un scandale économique et social puisque l’impact de ce type d’unités sur la l’écosystème est énorme … et qu’un bateau de ce type nécessite de concentrer énormément de quotas pour être rentable … pénalisant fortement le secteur artisanal qui se partage les miettes.Les bateaux de France Pélagique avaient fortement fait parler d’eux au début du confinement : les chalutiers géants travaillaient au milieu du Golfe de Gascogne, lorsque les pêcheurs artisans étaient cloués à quai par la crise de la pêche. Les marins pêcheurs français sont donc remontés contre ce modèle qui accapare les quotas et impacte fortement la ressource.

On pourrait rétorquer que France Pélagique crée de l’emploi ? Sauf que si le SCOMBRUS existe, c’est parce que l’équipage du LABEL NORMANDY (ancien chalutier de France Pélagique) a été remercié sous la forme d’un « licenciement économique », afin de vendre le LABEL NORMANDY et d’avoir les capacités financières et légales d’investir dans le SCOMBRUS. Un scandale social qui a laissé des traces au sein de l’entreprise, de nombreux marins et cadres ne se reconnaissant pas dans cette décision autoritaire des dirigeants et actionnaires.

Des dirigeants bien connus dans le monde de la pêche : Antoine Dhellemes, qui a crée et dirigé France Pélagique, est l’actuel vice-président du Comité National des Pêches, mais est aussi président de l’Organisation de Producteurs FROM Nord, et président de l’association nationale des OPs. Afin de mettre fin à ces conflits d’intérêt flagrants, c’est désormais Geoffrey Dhellemes, fils d’Antoine, qui dirige l’entreprise.

Une démarche qui s’apparente aux pratiques féodales : les seigneurs se transmettent le pouvoir pendant que les serfs travaillent sur leurs terres. Des seigneurs qui ont invité toute la cour de la pêche industrielle pour le baptême de leur bébé : dirigeants de Cornelis Vrolijk, dirigeants du concurrent Parelviet Van der Plaas, directeur des pêches, ministre de la pêche, comité national des pêches et organisations de producteurs … bref tous les acteurs de la « pêche durable » !

Nous révélerons d’autres informations dans les prochaines semaines et nous appelons les pêcheurs, les associations, les syndicats, et les citoyens à se mobiliser à nos côtés le 25 septembre : l’impunité de la pêche industrielle a assez duré !

Pour souligner le caractère ironique du baptême du SCOMBRUS, nous organisons les « funérailles de la pêche artisanale et des ressources marines » sous forme d’un événement festif et populaire ouvert à tous, qui aura lieu au même endroit : le 25 septembre à 11h, face au bureau de France Pélagique, dans la zone du Moros. Mobilisons nous toutes et tous contre les chalutiers géants ! Nous enverrons bien sûr des faire-parts : les comités des pêches, OPs, ministres et directeurs des pêches risquent de devoir choisir entre deux modèles de pêche … Aidons les à choisir :

https://www.facebook.com/events/2812309549055959/

Source et plus d’infos  : Association Pleine Mer


Concarneau : le chalutier de 81 mètres qui fait polémique …

Un article paru dans Le Télégramme du 14 septembre 2020

Au cœur de la tourmente, le nouveau chalutier de l’armement France Pélagique (ici, ses locaux concarnois), le Scombrus et ses 81 m de long, pointé du doigt par l’association Pleine mer.
Au cœur de la tourmente, le nouveau chalutier de l’armement France Pélagique (ici, ses locaux concarnois), le Scombrus et ses 81 m de long, pointé du doigt par l’association Pleine mer. (Le Télégramme/Olivier Desveaux)

À l’instant où l’armement France Pélagique baptisera le Scombrus, son « chalutier géant » de 81 m, à Concarneau (29), le 25 septembre, un mouvement de pêcheurs, d’associations et de consommateurs organisera, à proximité, les « funérailles de la pêche artisanale » sur un mode parodique.

À l’initiative de la prochaine mobilisation « contre les chalutiers géants », on retrouve la plateforme Pleine mer. Dirigée par Charles Braine (ex-WWF), l’association met en relation les pêcheurs côtiers et les consommateurs, afin de soutenir la vente directe. Cette fois, ses adhérents veulent « mobiliser tous les pêcheurs et les associations environnementales, au-delà de nos désaccords, afin d’éviter la mort de la pêche artisanale. Les pélagiques, comme le Scombrus, peuvent pêcher, en une nuit, 200 tonnes de poissons. Autant que ce qui est souvent traité en une journée au port de Lorient, premier port de pêche en France ! », se désole Thibault Josse, chargé de mission à Pleine mer. Le militant souligne que si le Scombrus bat pavillon français, « France Pélagique est une filiale de Cornelis Vrolijk, géant de l’industrie de la pêche néerlandaise, entreprise très financiarisée, qui possède de nombreux chalutiers géants et accapare les quotas des pays européens via ses filiales ».

Harengs, maquereaux, chinchards et sardines par milliers de tonnes

Dernier navire armé par France Pélagique, le Scombrus cible les harengs, maquereaux, chinchards et sardines par milliers de tonnes. Sa pêche au large des côtes européennes et notamment françaises est systématiquement débarquée au Pays-Bas. Ce qui provoque l’ulcération des pêcheurs côtiers et pas seulement bretons. Dimitri Rogoff, président du comité régional de Normandie, a apporté son soutien au mouvement de contestation. Thibault Josse annonce des contacts positifs noués avec le comité régional du Var, qui serait solidaire de la mobilisation, tout comme la plateforme de la Petite pêche et Les ligneurs de Bretagne. Sur les réseaux sociaux, les soutiens individuels de pêcheurs affluent. « On n’est pas toujours d’accord avec Pleine Mer mais on est contre les chalutiers géants. Quand on passe derrière eux, il n’y a plus rien dans la mer », résume un pêcheur finistérien. Enfin, des ONG comme Bloom auraient montré leur intérêt pour la mobilisation du 25 septembre.

300 personnalités dont deux ministres invités au baptême

Président du comité régional des pêches, Olivier Le Nezet remarque, pour sa part, que le Scombrus n’est pas hors-la-loi. « Qui lui a donné des quotas ? C’est l’Europe et les organisations professionnelles, par délégation de l’État français… ». Et de proposer : « La cohabitation avec la pêche côtière doit être encadrée. Il faut un organisme de médiation, comme le sont les comités régionaux des pêches dans les eaux territoriales. Les chalutiers, comme le Scombrus, ne doivent pas pouvoir pêcher n’importe où. Le vrai sujet est de faire en sorte qu’il y ait le minimum d’impact sur la ressource halieutique et sur la pêche côtière ».

Dirigé par Geoffrey Dhellemmes, l’armement France Pélagique maintiendra-t-il les festivités du baptême à Concarneau (berceau de la famille d’armateurs) ? 300 personnalités y auraient été conviées, dont les ministres de la Pêche et de l’Agriculture français. Contacté dès lundi matin, l’armement France Pélagique, dont le siège est à Paris, ne nous a pas répondu.


En savoir plus sur l’activité des chalutiers géants …

En novembre 2019, un chalutier néerlandais de 143 mètres sillonne les fonds marins dans la Manche. Chaque jour, il pêche jusqu’à 250 tonnes de poisson… soit l’équivalent de 6 mois de travail pour les pêcheurs cherbourgeois. De quoi soulever de nombreuses inquiétudes …
Le Margiris, ce bateau de pêche néerlandais et ses 143 mètres de long cristallise les tensions avec les pêcheurs français depuis qu’il a sillonné la Manche. Ces derniers l’accusent d’épuiser les ressources. Et ce n’est pas un cas isolé, d’autres chalutiers géants pêchent dans ce petit Détroit, en toute légalité.  Une vidéo de 1’10 »

En savoir plus sur l’association Pleine Mer …

L’association Pleine Mer souhaite contribuer à une transition durable de la pêche en faveur des Hommes et des Femmes qui la pratiquent, des citoyens et de l’environnement. Elle a pour objet la protection des océans ainsi que le soutien au développement de méthodes et modes de gestion soutenables dans la pêche et les élevages aquatiques. Elle vise à mener des actions en ce sens avec tous les moyens d’actions possibles : sensibilisation et formations destinées au grand public, aux représentants de l’État au monde économique, plaidoyer, communication, actions juridiques, accompagnement des structures associatives, privées et publiques. Les membres de l’association sont des pêcheurs professionnels, des chercheurs, des citoyens engagés, ou encore des consommateurs de poisson qui se reconnaissent dans les projets portés par le collectif.

Embarquement sur les ALIZÉS avec Philippe Calone :  une vidéo de 4′ 27″qui permet d’en savoir plus sur la pêche à bord des ALIZES et aussi d’ouvrir le débat sur les circuits courts et la vente directe dans le secteur de la pêche …


Agir pour une pêche durable : des solutions à tous les échelons … Un thème approfondi lors des Journées d’été 2020 des Ecologistes ( EELV)

Malgré les progrès observés ces dernières années, le modèle actuel de la pêche continue d’exercer une pression insoutenable sur les ressources halieutiques et demeure marqué par de profondes inégalités. Il est nécessaire d’imaginer un modèle qui soit plus respectueux des ressources, compatible avec les objectifs de préservation de la biodiversité, plus juste socialement mais aussi plus résilient face aux crises. Quelles actions doivent être mises en place, du niveau local au niveau européen, pour donner vie à cette pêche du monde d’après ?
Une vidéo de 51′ en compagnie notamment de Charles Braine, Président de l’Association Pleine Mer ...

Agir pour une pêche durable : des solutions à tous les échelons