Clet Abraham devant la justice pour avoir exprimé son art sur des panneaux routiers …

Originaire du Cap-Sizun dans Le Finistère, l’artiste Clet Abraham s’est fait connaître internationalement pour ses détournements de mobilier urbain et de panneaux routiers. Mais utiliser l’espace public pour stimuler le pensée critique et dénoncer les injustices sociales n’est pas du goût de tout le monde … Suite à une plainte de Douarnenez Communauté, il a été condamné en 2023, à une amende de 1 500 € et 4 109 € de dédommagement. Il a fait appel de ce jugement …

Panneaux routiers détournés par le street-artiste Clet Abraham : la décision de la cour d’appel connue le 15 octobre 2026 …

Le street-artiste Clet Abraham a été entendu devant la cour d’appel de Rennes (Ille-et-Vilaine) jeudi 17 septembre 2026, après sa condamnation en première instance par le tribunal judiciaire de Quimper (Finistère) à une amende de 1 500 €. Douarnenez communauté avait porté plainte à son encontre en 2021 pour avoir détourné 24 panneaux de signalisation à Douarnenez. La cour d’appel prononcera sa décision le 15 octobre. Un article publié par Ouest-France le

En 2023, Clet Abraham a été condamné par le tribunal de Quimper. Il a fait appel de sa condamnation.
En 2023, Clet Abraham a été condamné par le tribunal de Quimper. Il a fait appel de sa condamnation. | OUEST-FRANCE

Street-artiste originaire du Cap-Sizun (Finistère), Clet Abraham s’est fait connaître internationalement pour ses détournements de mobilier urbain, et principalement les panneaux routiers. Une expression artistique pas forcément appréciée de tous.

Après avoir détourné des panneaux routiers à Douarnenez, la communauté de communes a porté plainte contre l’artiste, en 2021. Après avoir été condamné, en première instance, par le tribunal de Quimper, en janvier 2023, à une amende de 1 500 € et 4 109 € de dédommagement à Douarnenez communauté, Clet Abraham a fait appel de ce jugement.

« Mon travail n’est pas du vandalisme mais l’art »

L’audience a eu lieu, jeudi 17 septembre 2026, à Rennes. Mon travail n’est pas du vandalisme mais l’art s’est défendu l’artiste. La décision de la cour d’appel sera finalement rendue le 15 octobre prochain. Je continuerai à demander la relaxe jusqu’au bout, quitte à demander un pourvoi en cassation », a toutefois maintenu Clet Abraham.


Le parquet veut doubler l’amende de Clet Abraham pour avoir détourné des panneaux de signalisation à Douarnenez

Poursuivi pour avoir collé des adhésifs sur 27 panneaux de signalisation à Douarnenez, le street-artist Clet Abraham contestait jeudi 17 septembre sa condamnation devant la cour d’appel de Rennes. Par CB et GF (PressPepper) dans Le Télégramme du

Douarnenez communauté avait déposé plainte contre Clet Abraham en octobre 2021 après le détournement humoristique par le street-artist de 24 panneaux de signalisation à Douarnenez, comme ici boulevard Richepin.
Douarnenez communauté avait déposé plainte contre Clet Abraham en octobre 2021 après le détournement humoristique par le street-artist de 24 panneaux de signalisation à Douarnenez, comme ici boulevard Richepin. (Photo d’archives Le Télégramme)

Le parquet général a demandé jeudi 17 septembre 2026 à la cour d’appel de Rennes de doubler l’amende infligée au street-artist Clet Abraham pour les stickers collés dans les rues de Douarnenez. La Communauté de communes avait porté plainte en octobre 2021 pour dégradations sur 27 panneaux de signalisation. Les dégâts se chiffrent à 2 400 € : elle a dû les remplacer car leur revêtement réfléchissant aurait été endommagé. Elle craint des accidents ou le vol de ces panneaux à « vocation artistique ». Clet Abraham entend juste susciter une réflexion sur ces panneaux qui incarnent l’autorité de l’État. Il s’impose de ne pas faire de dégâts et utilise des adhésifs en vinyle faits pour être enlevés. Condamné par le tribunal de Quimper à 1 500 € d’amende et au remboursement du remplacement, l’artiste a fait appel.

Ce n’est « pas au juge » de déterminer « ce qu’est une œuvre d’art »

« Vous ne pensez pas qu’une personne qui voit un bouquet de fleurs sur un panneau stop peut penser que ce panneau stop n’existe plus ? », lui demande le président. « Je crois que les automobilistes ne voient pas beaucoup les panneaux : c’est plutôt les piétons et les cyclistes », répond Clet Abraham. L’avocate générale a demandé de porter l’amende à 3 000 € et d’infliger un « stage de citoyenneté ». L’avocat de la défense, Me Arié Alimi, a plaidé la relaxe : ce n’est « pas au juge » de déterminer « ce qu’est une œuvre d’art » et aucun « dommage » n’a été démontré. Le bras de fer n’est pas achevé : 22 autres panneaux ont fait l’objet d’une nouvelle plainte. La décision s’annonce « symbolique », selon Me Alimi.

Au Japon, les magistrats n’ont jamais condamné Clet Abraham alors que la police avait placé sa compagne de l’époque en garde à vue en janvier 2015. La Ville de Florence (Italie), où l’artiste de 59 ans vit désormais, élimine même les amendes contre lesquelles il n’a pas fait opposition, a fait savoir le principal intéressé lors de son procès.


« Je leur donne un peu d’humanité ». Cet artiste est devant la justice pour avoir détourné des panneaux de signalisation

La cour d’appel de Rennes a examiné ce jeudi 17 septembre, le conflit opposant Douarnenez Communauté au street-artiste Clet Abraham. En janvier 2023, il avait été condamné en première instance par le tribunal judiciaire de Quimper pour avoir détourné 24 panneaux de signalisation à Douarnenez. Un article signé Sylvaine Salliou pour FR3 Bretagne du

Un panneau détourné par Clet Abraham à Pont-Croix (Finistère)
Un panneau détourné par Clet Abraham à Pont-Croix (Finistère) • © BLANCHOT PHILIPPE / HEMIS.FR / hemis.fr

Clet Abraham s’est fixé une règle : poétiser les panneaux de signalisation du monde entier, les détourner, mais ne jamais les rendre illisibles. A l’entrée d’une rue interdite à la circulation, l’artiste a revisité un sens interdit, c’est un homme qui porte la barre blanche; à l’entrée d’un rond-point, c’est un cœur qui est transpercé par la flèche du panneau bleu.

Il y en avait 24 en tout dans le pays de Douarnenez. Mais ces panneaux n’ont pas plu aux élus de la Communauté d’agglomération. Et en janvier 2023, Clet Abraham avait été condamné en première instance par le tribunal judiciaire de Quimper à une amende de 1 500 € pour dégradation de biens publics. Il avait fait appel.

Un panneau détourné par Clet Abraham à Pont-Croix
Un panneau détourné par Clet Abraham à Pont-Croix • © BLANCHOT PHILIPPE / HEMIS.FR / hemis.fr

Ce jeudi 17 septembre, le street-artiste s’est rendu devant la Cour d’appel pour son deuxième procès. « Ça fait cinq ans que j’attends de sortir de cette histoire pour pouvoir officialiser que je suis un artiste, non pas un vandale, nous a t-il confié devant les marches du Parlement de Bretagne. Quand on est un artiste, on cherche à faire le bien et on cherche à améliorer le monde, non à dégrader des biens publics, donc j’espère qu’on va reconnaître les bienfaits de mon travail« .

Moi je leur donne un peu d’humanité, ce qui permet de les apprécier finalement, car personne ne les apprécie, ni ne les regarde vraiment. Clet Abraham, Street-artiste

Pour Clet Abraham, ces panneaux ont un caractère « extrêmement autoritaires et obtus » qu’il humanise en les détournant: « Moi je leur donne un peu d’humanité, explique-t-il, ce qui permet de les apprécier finalement, car personne ne les apprécie, ni ne les regarde vraiment. Avec mon travail, j’y ai inséré une part d’humanité qui fait qu’on devient complice, qu’on peut peut-être mieux les comprendre et mieux les respecter aussi« .

« C’est vraiment le monde à l’envers, soupire-t-il avant d’entrer dans la salle d’audience, il y a une pauvreté intellectuelle, et aussi la volonté de faire taire des voix dissidente ou un esprit libre« .

Pour Arié Alimi, son avocat, il y a quelque chose d’aberrant à poursuivre un artiste pour une œuvre, « il y aurait dû avoir un dialogue entre la communauté de communes de Douarnenez et Clet Abraham« .

La Cour d’appel de Rennes a mis son jugement en délibéré au 15 octobre.


Les détournements de Clet Abraham à Douarnenez, œuvres ou dégradations ?

Ses détournements de panneaux routiers sont-ils des dégradations ? L’artiste Clet Abraham fait l’objet d’une plainte de Douarnenez Communauté. Celle-ci met en avant la sécurité. Un article signé Rodolphe Pochet dans Le Télégramme du

Ne jamais empêcher la lecture du message du panneau : l’une des deux règles majeures de Clet Abraham
Ne jamais empêcher la lecture du message du panneau : l’une des deux règles majeures de Clet Abraham (Rodolphe Pochet)

Clet Abraham, Capiste installé à Florence en Italie, détourne avec humour des panneaux de signalisation dans le monde entier. Un travail entamé en 2010 qui lui offre une belle notoriété. Mais il n’amuse pas tout le monde : en décembre dernier, Douarnenez Communauté a déposé une plainte contre lui. Il lui est reproché d’avoir « dégradé ou détérioré volontairement des panneaux de signalisation en causant un dommage grave en l’espèce de 2 148,24 € ».

« Ils disent que les panneaux sont inutilisables, c’est faux et absurde : je travaille avec des autocollants en vinyle qui s’enlèvent sans problème », indique l’artiste, qui passe jeudi devant le procureur de Quimper. Au début de sa carrière, une plainte de ce type l’avait visé en Italie, sans aucune conséquence.

« Cela enlève l’ennui et limite la vitesse »

Il a rédigé en édition limitée un petit livre regroupant tous ses arguments, et qui lui servira de défense officielle. L’ouvrage doit sortir ensuite dans une version grand public. Clet Abraham y rappelle ses deux règles de base : ne pas faire de dégâts matériels, donc, et ne jamais empêcher la lecture du message originel. « Je n’ai aucun intérêt à effacer les informations qu’ils véhiculent, bien au contraire car j’ironise et compose avec elles », indique l’artiste. « Bien loin de dégrader, je revalorise, au contraire », ajoute-t-il.

Distraction dangereuse ou art offert à tous ?
Distraction dangereuse ou art offert à tous ? (Rodolphe Pochet)
Clet Abraham va plus loin, et présente ses détournements de panneaux comme un atout pour la sécurité routière. « Ils réveillent l’intérêt de l’automobiliste, enlèvent l’ennui et limitent la vitesse, car pour voir mon travail il ne faut pas rouler trop vite », souligne le plus Italien des Capistes. Pour lui, « apporter de l’humour fait aussi mieux passer l’ordre induit par le panneau ». Il espère que ses créations vont permettre aux décideurs de se poser les bonnes questions sur la sécurité routière. L’artiste de street art défend enfin l’idée d’une culture à la portée de tous, apportant des créations sur des endroits improbables comme un rond-point de campagne. « C’est un art à la portée de tous, dédié en particulier à ceux qui quotidiennement n’y ont pas accès », justifie Clet Abraham.

Cette plainte de Douarnenez Communauté ne l’empêche pas, en tout cas, de travailler, « cela va peut-être me stimuler ».

« Il cible des lieux de grand passage »

« Tout ceci est plutôt sympa mais nous ne pouvons pas laisser passer ces atteintes aux panneaux, la sécurité est de notre responsabilité et il existe une réglementation que nous sommes tenus de respecter », réplique Emmanuel Trarieux, directeur technique de Douarnenez Communauté, assumant pleinement la procédure. « Il réalise ses détournements, qui nuisent à la visibilité et peuvent distraire les automobilistes, sur des lieux de grand passage comme le rond-point après le pont de Tréboul : en cas d’accident nous serions mis en cause », ajoute-t-il, précisant que ces dispositifs sont extrêmement codifiés. Emmanuel Trarieux craint aussi que les panneaux de signalisation, devenant ainsi œuvres d’art, ne soient décrochés par des amateurs.


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