En 2019, à la Pointe de Bretagne, Serge Le Roux rangeait sa casquette SNCF, au terme d’une carrière de 40 ans où il a « bousculé et oxygéné le train-train du chemin de fer ». Ses collaborations avec les équipes artistiques de Grains de Folie et du Fourneau en témoignent. Un train peut en cacher un autre : en mars 2026, il vient d’être élu Adjoint au Maire de Landerneau, en charge de la culture et de la communication …
« Porter la culture dans une ville qui a joué la carte de la culture », Serge Le Roux, 7e adjoint de Landerneau
Rencontre à Landerneau avec Serge Le Roux, 7e adjoint délégué à la culture, à la vie associative culturelle, à l’animation des quartiers et à la communication.
Difficile de ne pas qualifier Serge Le Roux de passionné. Il l’est par la musique, par le sport, mais surtout, par les rencontres. J’aime les gens, dans leur diversité
, confie le sexagénaire, presque en guise de présentation.
Tout le monde le voyait adjoint des sports
, mais être chargé de la culture à Landerneau (Finistère), c’est tout sauf un hasard
pour celui qui a fait l’intégralité de sa carrière au sein de la SNCF. Cette passion, je l’ai intégrée dans mon travail. J’ai toujours fait en sorte de créer des évènements autour de la culture.
Très attaché à ses précieux souvenirs, il s’évertue à n’en citer que quelques-uns. Parmi eux, « Interlude », le train à destination inconnue
de 1996 : 600 voyageurs sont partis de Brest, et arrivaient en fait à Landerneau. C’était un évènement déjanté, avec plein de spectacles d’arts de rue.
Élu en 2020, adjoint en 2026
Organiser ce genre d’évènements a permis à Serge Le Roux de croiser, de temps à autre, la route des élus et des services de la commune de Landerneau. Patrick Leclerc m’a proposé de rejoindre l’équipe municipale en 2014. J’ai refusé, car je ne voulais pas être associé à la ville, par rapport à mon travail.
Sa carrière a ensuite pris fin après un licenciement économique : J’ai passé deux années au chômage, ce n’était pas une période facile. En 2020, le maire m’a tendu la main. J’ai été élu, et je l’ai remercié au terme de mon premier mandat
, explique le grand-père d’une petite fille de 3 ans. Il a eu l’impression de trouver sa place
au sein de cette équipe municipale. Nous sommes une liste ouverte avec différentes sensibilités, j’apprécie cela.
En 2026, l’élu devient adjoint. On est quand même beaucoup sollicités, car nous servons de point d’entrée pour les associations et les services qui ont des projets liés à la ville. On va valider et orienter des choix qu’on va devoir concrétiser.
Un vrai travail d’équipe élargi
qui plaît à Serge Le Roux. Ce dernier aime créer une histoire et la mettre en place
, d’autant plus dans une ville comme Landerneau, dont il est devenu amoureux
dès le début des années 1990.
« C’est l’une des plus belles histoires qui peut arriver à quelqu’un »
Quid de ses missions en tant qu’adjoint ? L’évolution de la Maison du pont est un des dossiers. Une partie sera réservée à l’accueil de l’office de tourisme. Le reste est à créer, l’idée est d’en faire un centre d’interprétation du pont de Rohan, de raconter son histoire et l’histoire de la ville. Comme un pont d’entrée pour les habitants et les visiteurs.
Serge Le Roux se penchera aussi sur l’évolution de la Briqueterie pour la transformer en tiers-lieu du monde associatif.
Landerneau vibre déjà au rythme de nombreux évènements culturels. Pour l’adjoint, il s’agit davantage de les pérenniser que d’en créer de nouveaux. Porter la culture dans une ville qui a joué la carte de la culture, c’est une des plus belles histoires qui peut arriver à quelqu’un.
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C’est le cœur léger avec le sentiment du devoir accompli, que Serge Le Roux, figure de la SNCF dans le Finistère, s’en va vers de nouvelles aventures. Entré en 1979 dans l’univers du chemin de fer, il a su casser les codes pour allier ses passions à son métier. Un article signé
Rencontre
Adolescent déjà Serge Le Roux ne tient pas en place. À 15 ans, le jeune homme, originaire de Saint-Renan, organise déjà des concerts, fait office de DJ et est président d’une maison de jeunes.
Son dynamisme et ses talents d’animateur l’empêchent souvent de se concentrer alors qu’il est lycéen à Kerichen, à Brest. À tel point que ses professeurs lui conseillent de passer rapidement des concours. C’est ce qu’il fait. Et, à 17 ans, il intègre un peu par hasard la SNCF.
« Les deux premières années, 1979 et 1980, j’ai suivi une formation qui permettait de découvrir tous les métiers liés aux chemins de fer , se rappelle Serge Le Roux. À l’époque, la polyvalence était le nerf de la guerre. »
Animateur sportif
À l’issue de la formation, Serge est affecté comme aiguilleur à la gare de Morlaix. « Huit heures consécutives, enfermé dans un bocal , se souvient-il. Là, je me demande ce qui m’arrive ! »PP.
Pour compenser, il se lance alors dans un sport immergeant : le footing, une discipline qui deviendra un fil conducteur dans sa vie. En solo, puis en club, Serge avale les kilomètres. Les résultats sont là. Il gagne des épreuves comme le 15 km de Landerneau et le challenge de l’Elorn en 1989.
« Cette même année, le TGV arrive à Brest. La boîte cherche des volontaires pour aller vers le monde extérieur. Elle achète un véhicule, façonné comme un TGV, qui circule en Bretagne et informe les gens de l’arrivée du TGV. Toujours en 1989, la SNCF conclut un partenariat avec une course qui s’appelle les foulées de Bellevue à Brest. Le véhicule TGV y va et à l’intérieur, il y a un micro. Je suis supposé parler de la SNCF mais l’organisateur de la course, qui me connaît, me demande de commenter la course. Et je me transforme sans m’en rendre vraiment compte en animateur sportif. » Ce jour-là, sa vie change.
Faire entrer la culture
À titre professionnel, Serge Le Roux s’investit aussi plus dans son travail et passe de nouveaux concours. Il s’oriente alors vers le management commercial, tout en continuant le week-end d’animer des courses sportives. « Mon statut de manager commercial me permet de faire bouger les choses en poussant des initiatives internes et externes. Par exemple, lorsqu’en 1991 – 1992, la boîte veut développer un produit « jeune » , j’organise un concert à Brest et Quimper. »
Ou encore, en 1996, lorsqu’il va aider l’équipe du Fourneau à créer le train Interlude , un train pour une destination inconnue. « 600 personnes vont acheter à l’aveugle leur place. Ce fut un incroyable voyage de huit heures entre Brest et Landerneau ! Le trafic Paris-Brest avait même été perturbé » , raconte Serge Le Roux, le regard encore tout pétillant de bonheur.
En interne, il lance les uniformes pour les personnes au guichet, l’intéressement pour les salariés en Bretagne…Dans les années 2000, Serge change régulièrement de services. « J’ai toujours aimé le mouvement » , rappelle-t-il.
La chance d’avoir été libre
Puis, en 2009, la Maison pour tous de Landerneau le sollicite pour réaliser un graff sur un mur de la gare. « Je demande à ma hiérarchie, si on peut suivre le projet et même financièrement. Je les sens prêts à embarquer avec moi vers de grands projets. Banco, la SNCF finance tout le ravalement. »
Autre exemple, quand en 2013, la SNCF, grâce à Serge et ses relations privilégiées avec Audiolite, organise, en partenariat avec Hit West, un concert en gare de Brest pour 250 personnes, avec entre autres artistes, Zaz et Boulevard des airs.
Mais ce qui rend Serge Le Roux particulièrement fier, ce sont les festivités hors normes pour l’arrivée des 150 ans du train dans sept villes du Finistère, entre 2013 et 2015. « L’exemple d’une réussite multipliée sur plusieurs villes. J’ai eu une chance extrême d’être à Brest où j’avais une très grande liberté. Si j’étais allé à Rennes, j’aurais été pris par le broyeur infernal de la hiérarchie et des normes. Ce qui m’aurait empêché de m’exprimer. »
Le 20 décembre, pour sa dernière intervention professionnelle, lors de la cérémonie de la fondation SNCF Bretagne, Simone Hérault, la voix de la SNCF, lui a fait la surprise de venir sur scène, annoncer son prochain départ. Pour quelle destination cette fois ? Vers l’écriture de toutes ses belles rencontres et ses anecdotes ? Vers l’animation sportive et/ou culturelle ? Ou encore une fois, sera-t-il imprévisible et créera-t-il la surprise ?
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