Les Bureaux de La Cantine de la Poudrerie du Moulin Blanc …

Au Relecq-Kerhuon face au Longchamp , il est encore temps d’apprécier et de valoriser les anciens bureaux de La Poudrerie du Moulin Blanc qui ne sont pas sans rappeler ceux de La Manufacture de tabacs de Morlaix. Le bâtiment a survécu au 20 ème siècle  et abrite aujourd’hui » des cabinets médicaux au rez de chaussée et des logements à l’étage.  Sur cette carte postale, on devine en arrière plan l’entrée du café-tabac coiffé de son enseigne « A LA CANTINE »

L’immeuble du Longchamp a remplacé La Cantine mais le bâtiment des Bureaux de la Poudrerie a résisté aux épreuves du temps comme la Maison du Directeur de la Poudrerie située dans la propriété voisine ou celle des Ingénieurs de la Poudrerie située à 300 mètres dans l’enceinte actuelle de la Communauté d’Emmaus.

Seule rescapée dans l’espace public de l’histoire de cette manufacture d’état, cette construction mérite toute notre attention quand on connait le rôle des Poudrières et des Poudriers dans le développement de la Commune du Relecq-Kerhuon.


La Cantine du Moulin Blanc du Temps des Abattoirs en octobre 1962 : on reconnait bien en bas à gauche, les bureaux de La Poudrerie, le café restaurant de La Cantine qui fait l’angle … On distingue La Maison du Directeur de la Poudrerie et ses arbres magnifiques miraculeusement épargnés jusqu’à nos jours et l’École maternelle Publique Jules Ferry, dite « Ste Barbe » avec « son grand bâtiment » …


1961 : École maternelle publique Jules Ferry dite de Ste Barbe. Petits et grands réunis pour la photo.

Savoir d’où l’on vient

Sans la Poudrerie du Moulin Blanc et sans la Pyrotechnie de St  Nicolas , Le Relecq Kerhuon ne serait pas la commune qu’elle est aujourd’hui. Clin d’oeil à l’histoire  et à la mémoire ouvrière : La Pyro avait son « Fourneau « , La Poudrerie sa « Cantine » et l’Arsenal sa « Gueule d’Or ».  C’est dans ces lieux  de restauration collective que naissaient nombre de projets coopératifs  et associatifs…

L’avenir étant la seule chose qui nous intéresse, à nous de surfer sur  l’histoire de notre Cantine ouvrière du Moulin Blanc,
A nous d’inventer avec les générations futures, un parcours d’interprétation  entre le Pont Albert Louppe et La Guinguette du Vieux St Marc …



Un parcours pédestre d’interprétation ayant pour but de faire comprendre en donnant du plaisir, de susciter l’émotion en faisant partager ses connaissances, d’expliquer de façon pédagogique le patrimoine dans ses composantes historiques, culturelles et naturelles, de protéger efficacement un site, en considérant le point de vue du visiteur, d’agir sur un territoire en s’appuyant sur les populations qui le font vivre …

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Intention écrite à l’aube du 4 avril 2021, Signé : Claude Morizur, petit fils de François Morizur, revenu de La Guerre 14-18 avec son permis de conduire automobile en poche et embauché comme ambulancier et chauffeur du Directeur et des Ingénieurs de la Poudrerie du Moulin Blanc.

A l’écoute de vos réactions,


En guise de premières gouttes d’eau apportées à ce Moulin …

Extrait de Raymond Quentel, L’histoire du Relecq-Kerhuon et des Kerhorres, 1997. Source : http://87dit.canalblog.com/archives/2017/01/11/34775904.html

L’origine du nom Moulin-Blanc tient à la présence avant la construction de la Poudrerie du vieux moulin du Stangalard, aujourd’hui disparu, qui permettait de repérer les navires qui s’approchaient de la côte.

Le Moulin-Blanc fut le lieu d’implantation d’une Poudrerie d’État, un établissement où l’on fabriquait un explosif, le coton-poudre.

La Poudrerie du Moulin-Blanc fut construite entre 1886 et 1884. Elle prospéra jusqu’en 1940. Elle est détruite en 1940 avant l’arrivée des troupes allemandes. La présence de cette usine qui embaucha de nombreux ouvriers et ouvrières fut une chance pour le Relecq-Kerhuon et les campagnes environnantes. Le travail y était difficile : aux journées de douze heures s’ajoutait une discipline rigoureuse à cause des risques d’explosions et d’incendie.

Poudrerie du Moulin blanc

L’année 1887 marqua le début de la production de coton-poudre, qui atteignit 1.000 tonnes en 1900. En 1907-1908, le travail se fit plus rare et l’entreprise dût licencier de nombreux ouvriers, engendrant des manifestations. Pendant la Première Guerre Mondiale, la production de coton-poudre explosa et les effectifs augmentèrent considérablement.Quelques années plus tard, à la production de coton-poudre vinrent s’ajouter la réparation de wagons de marchandises et la fabrication de la nitroglycérine.

 

Agrandissements successifs de la poudrerie

Kerhuon la poudrerie2

En 1914, la poudrerie emploie 736 ouvriers et 221 ouvrières et en 1917, la production atteint jusqu’à 50 tonnes par jour avec 2500 ouvriers et 3000 ouvrières. La même année des grèves immobilisent l’établissement pendant cinq jours, à l’initiative des femmes qui revendiquent des augmentations de salaire.

Après la défaite de 1870 contre les Prussiens, il est décidé de moderniser l’armée française et notamment l’artillerie. Pour mettre en oeuvre la nouvelle technique du coton-poudre, le site du Moulin-Blanc, proche du port militaire de Brest, de la voie ferrée et de l’eau du Costour, est choisi et l’usine commence à se construire à partir de 1875.moulin blanc poudrerie6

Sur 6 ha s’échelonnent les différents bâtiments nécessaires à la fabrication du coton poudre, procédé relativement complexe emprunté aux ingénieurs anglais. Très vite la production démarre et une centaine de personnes y travaille. Au début, l’usine est une annexe de celle de Pont-de-Buis-les-Quimerc’h, qui lui fournit ses cadres. Ainsi deux ingénieurs, Léopold Maissin et Albert Louppe, promis à de brillantes carrières se succèdent-ils au poste de directeur.
Une nouvelle technique, celle de la poudre B, associant les deux usines, détermine le développement et l’autonomie de la nouvelle poudrerie, qui emploie plus de 700 ouvriers en 1889. Prévue à l’origine pour produire une tonne de coton-poudre par jour, elle en fabrique cinq fois plus et il faut vite trouver des terrains pour le stockage, faire un barrage sur le ruisseau du Costour pour répondre aux énormes besoins d’eau. La main d’oeuvre est recrutée dans tout le Léon et le Finistère central. Les conditions de travail sont rudes (12 heures par jour, émanations toxiques de gaz) mais le salaire est bon et les avantages sociaux enviables (cantine, coopérative, société de secours mutuels).
Lorsque survient la guerre, la poudrerie devient un élément fondamental de la défense nationale et de nouvelles extensions sont nécessaires tandis que le nombre des employés passe à près de 3.000, dont de très nombreuses femmes venues remplacer les hommes partis au front. Une garderie-pouponnière est même installée à Sainte-Barbe.
Il faut donc imaginer l’activité intense à l’usine du Moulin-Blanc, à la Cantine et à la gare du Rody d’où partent les marchandises et où transite une partie des employés.

Source : D’après Raymond Quentel, L’histoire du Relecq-Kerhuon et des Kerhorres, tome II, 1997

Kerhuon la poudrerie

Extrait de Raymond Quentel, L’histoire du Relecq-Kerhuon et des Kerhorres, 1997


Lire aussi …

Jean-René Poulmarc’h, Le Relecq-Kerhuon, l’album du siècle, Brest, Le Télégramme, 2004 [ (ISBN 978-2-914552-80-6)].

Source Wikipédia

Toponymie

L’origine du nom rappelle la présence par le passé d’un moulin (le moulin du Stangalard ou Stang Alar), blanchi à la chaux, donc de couleur blanche, et qui servait d’amer pour les navires qui s’approchaient de la côte1.

Jusqu’au XIXe siècle

Le Moulin-Blanc et ses abords étaient sous le contrôle du seigneur de Kerisbian, dont les terres s’étendaient de la rivière du Dourguen (breton dour gwenn « eau blanche »), nom ancien du ruisseau du Stang Alar.
Un petit port de pêche existait au lieu-dit Palaren (à proximité de l’actuelle Place du Moulin Blanc) équipé d’un quai à partir de 1800 environ (là où se trouvait l’ancien langoustier transformé en restaurant). La construction de la voie ferrée (ligne Paris-Montparnasse – Brest) dans la décennie 1860 bouleverse le paysage, entraînant la destruction du vieux moulin. Par contre la création d’une halte au Rody est autorisée en 1879 « pour le service de la poudrerie voisine et (…) pour la fréquentation des environs comme but de promenade et d’excursion ».

Au XXe siècle
Dans les premières décennies du XXe siècle, des terrains sont achetés et des maisons construites par la bourgeoisie brestoise, transformant le lieu en une station balnéaire prisée à laquelle on peut accéder par le train (halte du Rody) ou par la route (élargissement de la route menant au bourg de Saint-Marc dénommée d’abord Rue du Moulin-Blanc, avant d’être rebaptisée « Rue de Verdun » après la Première guerre mondiale). Ce n’est qu’en 1934 qu’est construite une route partant du haut de la ville pour accéder directement à la plage (baptisée « Route de Quimper » car, grâce à la construction du Pont Albert-Louppe, c’est aussi devenu la direction de Quimper).

En 1961 est décidé la construction du port de plaisance du Moulin-Blanc (400 anneaux à l’origine), destiné à remplacer le mouillage antérieur situé dans l’Anse de Poullic-ar-Lor, vouée à disparaître en raison de la poldérisation liée à l’extension de la zone industrialo-portuaire.

Parallèlement, le déversement de sable provenant pour partie des mines d’étain de Saint-Renan et pour le reste de dragages au large de l’Anse de Bertheaume fait de la grève du Moulin-Blanc une plage bien pourvue en sable.

La capacité du port de plaisance est agrandie de 246 places en 1980 grâce à la construction d’une seconde jetée parallèle à la première et la capacité d’accueil du port de plaisance est portée en tout à 1150 places quelques années plus tard grâce à quelques réaménagements.

Pendant la décennie 1980, le vallon du Stang Alar, lieu de nombreuses carrières de pierre abandonnées qui avaient servi à la construction de la ville pendant plusieurs siècles et devenu un véritable dépotoir, est totalement réaménagé et transformé en un jardin botanique avec de nombreuses espèces exotiques grâce à son micro-climat, où s’implante le Conservatoire botanique national de Brest.

La construction de la pénétrante sud (prolongement jusqu’au port de commerce de la voie express venant de Quimper, en liaison avec la construction du Pont de l’Iroise) bouleverse à nouveau les lieux. Plusieurs bâtiments sont rasés (des maisons anciennes, mais aussi des lieux célèbres comme la boîte de nuit « Les Tritons » ou le restaurant « La Mangeoire ») et un passage souterrain sous la voie express réalisé au lieu-dit Palaren.

L’ouverture du parc de loisirs à thème Océanopolis en 1990 et, près de l’extrémité de la plage sud-est de la plage, du Spadium Parc, piscine ludique, en 2008, font du Moulin-Blanc un lieu désormais attractif, ce qu’a accentué le réaménagement en 2010 de la zone commerciale du port de plaisance

Source Wikipédia


Un espace public naturel emblématique menacé par le béton de la privatisation …

Voir par ailleurs sur Prendreparti à propos de La Cantine du Moulin Blanc …

Préserver le site de La Cantine du Moulin Blanc à Brest !

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