L’origine du nom Moulin-Blanc tient à la présence avant la construction de la Poudrerie du vieux moulin du Stangalard, aujourd’hui disparu, qui permettait de repérer les navires qui s’approchaient de la côte.

Le Moulin-Blanc fut le lieu d’implantation d’une Poudrerie d’État, un établissement où l’on fabriquait un explosif, le coton-poudre.

La Poudrerie du Moulin-Blanc fut construite entre 1886 et 1884. Elle prospéra jusqu’en 1940. Elle est détruite en 1940 avant l’arrivée des troupes allemandes. La présence de cette usine qui embaucha de nombreux ouvriers et ouvrières fut une chance pour le Relecq-Kerhuon et les campagnes environnantes. Le travail y était difficile : aux journées de douze heures s’ajoutait une discipline rigoureuse à cause des risques d’explosions et d’incendie.

Poudrerie du Moulin blanc

L’année 1887 marqua le début de la production de coton-poudre, qui atteignit 1.000 tonnes en 1900. En 1907-1908, le travail se fit plus rare et l’entreprise dût licencier de nombreux ouvriers, engendrant des manifestations. Pendant la Première Guerre Mondiale, la production de coton-poudre explosa et les effectifs augmentèrent considérablement.Quelques années plus tard, à la production de coton-poudre vinrent s’ajouter la réparation de wagons de marchandises et la fabrication de la nitroglycérine.

 

Agrandissements successifs de la poudrerie

Kerhuon la poudrerie2

En 1914, la poudrerie emploie 736 ouvriers et 221 ouvrières et en 1917, la production atteint jusqu’à 50 tonnes par jour avec 2500 ouvriers et 3000 ouvrières. La même année des grèves immobilisent l’établissement pendant cinq jours, à l’initiative des femmes qui revendiquent des augmentations de salaire.

Après la défaite de 1870 contre les Prussiens, il est décidé de moderniser l’armée française et notamment l’artillerie. Pour mettre en oeuvre la nouvelle technique du coton-poudre, le site du Moulin-Blanc, proche du port militaire de Brest, de la voie ferrée et de l’eau du Costour, est choisi et l’usine commence à se construire à partir de 1875.moulin blanc poudrerie6

Sur 6 ha s’échelonnent les différents bâtiments nécessaires à la fabrication du coton poudre, procédé relativement complexe emprunté aux ingénieurs anglais. Très vite la production démarre et une centaine de personnes y travaille. Au début, l’usine est une annexe de celle de Pont-de-Buis-les-Quimerc’h, qui lui fournit ses cadres. Ainsi deux ingénieurs, Léopold Maissin et Albert Louppe, promis à de brillantes carrières se succèdent-ils au poste de directeur.
Une nouvelle technique, celle de la poudre B, associant les deux usines, détermine le développement et l’autonomie de la nouvelle poudrerie, qui emploie plus de 700 ouvriers en 1889. Prévue à l’origine pour produire une tonne de coton-poudre par jour, elle en fabrique cinq fois plus et il faut vite trouver des terrains pour le stockage, faire un barrage sur le ruisseau du Costour pour répondre aux énormes besoins d’eau. La main d’oeuvre est recrutée dans tout le Léon et le Finistère central. Les conditions de travail sont rudes (12 heures par jour, émanations toxiques de gaz) mais le salaire est bon et les avantages sociaux enviables (cantine, coopérative, société de secours mutuels).
Lorsque survient la guerre, la poudrerie devient un élément fondamental de la défense nationale et de nouvelles extensions sont nécessaires tandis que le nombre des employés passe à près de 3.000, dont de très nombreuses femmes venues remplacer les hommes partis au front. Une garderie-pouponnière est même installée à Sainte-Barbe.
Il faut donc imaginer l’activité intense à l’usine du Moulin-Blanc, à la Cantine et à la gare du Rody d’où partent les marchandises et où transite une partie des employés.

Source : D’après Raymond Quentel, L’histoire du Relecq-Kerhuon et des Kerhorres, tome II, 1997

Kerhuon la poudrerie

Extrait de Raymond Quentel, L’histoire du Relecq-Kerhuon et des Kerhorres, 1997