Un Tour de France 2021 à impact écologique réduit ?

Il se dit que  Brest accueillera le départ du Tour de France 2021. L’occasion de revenir sur le départ 2008 que nous avions conçu avec Le Fourneau et Générik Vapeur autour d’un spectacle pamphlétaire sur la Petite Reine, sa caravane publicitaire,  la compétition à outrance… Il y a 13 ans,le dopage menaçait le Tour : aujourd’hui, c’est l’impact écologique de la Grande Boucle qui inquiète et qui divise …
Brest, jeudi 3 juillet 2008 : avant même les trois coups de la soirée de présentation des équipes du Tour de France 2008, une première partie artistique et spectaculaire se déroule entre ciel et terre. Puis c’est au tour du peloton des 140 volontaires qui travaillent depuis une semaine avec les Générik Vapeur de s’élancer sur le bitume brestois …
Une vidéo de 5’59 ».

« Jamais 203 » créé à Brest ce jour là est une reprise du spectacle « La Petite Reine » monté par Générik Vapeur dès 1992. C’est aussi un clin d’œil artistique et mécanique à la Peugeot 203, voiture mythique collectionnée et mise en scène depuis de nombreuses années par la compagnie marseillaise. Une vidéo de 3’32 » signée Kevin Morizur lors du FAR de Morlaix 2008

La scène du slam : « J’ai pas pas pas, pas ma dose, pas ma dose … »
Une vidéo de 3’16 »


La question qui divise en cet été 2020 : la volonté de réduire l’impact écologique sera-t-elle au rendez-vous du départ du Tour de France 2021 ?

Dans tous les cas, et comme en témoigne dans Le Télégramme avec sagesse l’élu vert de Quimper Daniel Le Bigot : « le Tour doit évoluer ! « 


Daniel Le Bigot est le septième vice-président de l’Agglo Quimpéroise e charge du développement durable, de la biodiversité, de l’économie circulaire, de la valorisation des déchets et des piscines communautaires.

 

« La position de la maire et des élus de Rennes concernant la venue d’une étape du Tour met en lumière un véritable débat. Oui le Tour de France est une manifestation très populaire qui passionne énormément de monde. Est-ce une raison pour éluder les questions sans chercher à les résoudre ou au contraire de profiter de cette manifestation pour faire en sorte que cet événement soit le moteur d’une nouvelle forme de mobilité.
Le vélo est devenu, sans doute au niveau national, le grand symbole du développement durable respectueux de nos ressources. Il faut avouer que sur ce plan, le Tour de France est actuellement loin d’être exemplaire. Sa caravane publicitaire avec sa débauche de véhicules et cette distribution d’objets futiles, donne une image plutôt négative de ce que devra être notre modèle d’avenir.
Le dernier point évoqué par nos collègues Rennais a trait à l’image de la femme véhiculée par la séquence de remise des récompenses. Il faut bien reconnaître qu’il y a là matière à discuter. On pourrait très bien alors concevoir une remise des récompenses par des personnalités locales, élus des différentes collectivités traversées. Les femmes y seraient bien évidemment présentes mais en tant que responsables reconnues.
La prise de position de la maire de Rennes en refusant que sa ville soit ville étape pose très judicieusement la question. Il ne s’agit pas d’être contre le Tour de France, il s’agit simplement de le faire évoluer tout au moins dans sa forme. Sur le fond le Tour restera une superbe épreuve sportive et une occasion incroyable de faire découvrir à des millions de téléspectateurs les magnifiques paysages qui constituent notre pays. Dans sa forme il aurait tout à gagner à porter une image d’avenir respectueuse des personnes et de la nature ».


Le vrai impact écologique du Tour de FrancePour bien comprendre les enjeux ,
les chiffres choc du Tour de France .

Une enquête signée Jean-Marie Boucher et parue dans Consoglob.com du 17 Juil 2019

Le vélo ne pollue pas ? Détrompez-vous. Dès 2009, Génération Écologie dénonçait ‘l’irresponsabilité environnementale des organisateurs du Tour de France’. En 2019, six ONG et trente-quatre députés alertaient une nouvelle fois dans une tribune sur les 18 millions de ‘goodies’ distribués qui parfois finissent dans la nature.

Quelque deux cents coureurs cyclistes, 2.300 voitures suiveuses, des camions techniques (service d’ordre, secours, presse…), des bus qui parcourent des milliers de kilomètres le long de la « Grande Boucle », des hélicoptères, des avions, sans compter les 10-12 millions de spectateurs qui se déplacent, en camping-cars ou en voitures, pour admirer la course le long des routes : l’empreinte écologique du tour est énorme et cette célèbre course illustre bien la difficulté à gérer les effets environnementaux d’événements sportifs majeurs. Alors, la volonté de réduire l’impact écologique est-elle au rendez-vous pour le Tour de France 2019 ?Le Tour de France, une caravane de cadeaux et de déchets

Le Tour est une immense fête populaire retransmise à près de 3,5 milliards de téléspectateurs à travers 190 pays dans le monde. Une belle course à vélo au gré de paysages magnifiques, mais sur le terrain, son empreinte carbone et écologique est à la hauteur du 3événement sportif au monde, après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football.

tour de france goodies

Le Tour de France n’est pas encore maillot vert de l’environnement © Radu Razvan / Shutterstock

Pourtant, on observe au fil des années, une politique d’encadrement, sinon de compensation pour l’instant, plus nette de la part des organisateurs, Amaury Sport Organisation (ASO), même si les défis à relever restent encore nombreux.

La caravane passe… et laisse des traces

L’une des attractions préférées du public, c’est la distribution de cadeaux par la caravane publicitaire : des « pognes » pleines de cadeaux, de porte-clés, d’échantillons, de confiseries qui sont jetés au public pendant le Tour.

Au total, environ 18 millions de petits objets, les goodies, validés par l’organisation du Tour de France, sont distribués, jetés depuis des véhicules en mouvement. Il s’agit le plus souvent des gadgets en plastique, de basse qualité, de la plus faible valeur possible et fabriqués en Chine, la plupart du temps donnés sous blister, un emballage en plastique transparent parfois arraché et jeté sur place par les spectateurs les moins scrupuleux.

La caravane du Tour 2019

Toutefois, l’expérience révèle que globalement, les spectateurs ont tendance à ramener leurs goodies à la maison sans les ouvrir. De plus, ceux qui généraient beaucoup de déchets dans les fossés et au bord des routes les années précédentes ont été interdits par l’ASO.

Consulter La tribune Gadgets en plastique : le Tour de France roule sur la tête

Le nettoyage du parcours le long des 21 étapes

Pour la collecte des déchets, les représentants de l’organisateur Amaury Sport Organisation (ASO), très soucieux de l’impact environnemental de la compétition dans les zones naturelles, collaborent avec les collectivités locales, l’ARPE Midi-Pyrénées et Vacances Propres, en coordination avec l’Assemblée des Départements de France et les conseils généraux, afin de déployer un dispositif harmonisé spécifique de collecte des déchets.

L’organisation a prévu 100.000 sacs poubelles aux couleurs différentes pour le tri, en plastique 100 % recyclé :

  • des sacs de 110 litres sont distribués aux cantines et les points presse, ainsi que aux villes de départ et d’arrivée d’étapes
  • des sacs de 50 litres à l’usage des communes traversées sur le parcours sont mis à disposition de l’Assemblée des Départements de France pour organiser les points de collecte et la distribution aux camping-caristes
  • des sacs de 30 litres sont destinés aux suiveurs du tour et aux membres de la caravane

Passage de la caravane dans les Pyrénées ©  Radu Razvan Shutterstock

Sur le Tour, des équipes mobilisées par les acteurs publics locaux sensibilisent les spectateurs auxquels elles distribuent massivement des sacs. En plaine, le Tour traverse des zones ordinairement collectées par le service public. En montagne, il s’agit de ne pas retrouver de déchets dans la nature ou, sur des sites non desservis par les gestionnaires de déchets. La difficulté consiste à aller capter les déchets des quelques spectateurs itinérants, qui se sont installés au bout d’un champ, à l’écart de la masse du public.

Ainsi, ce sont donc les collectivités locales qui ont la charge de faire nettoyer les 3.480 km que parcourt cet événement sportif. Les dizaines de tonnes de déchets sont ramassées par les services de nettoyage des villes et des municipalités, qui, trop contentes d’accueillir l’événement planétaire, en acceptent le coût sans rechigner.

Quelle est la quantité totale de déchets sur le Tour de France ?

« Le tour traverse 744 communes, c’est elles qui ont à charge de gérer les déchets ». Sur les 34 villes-étapes, en revanche, on compte environ 3 tonnes de déchets collectés à chaque fois. « Entre 50 et 55 % partent au recyclage », ajoute Karine Bozzacchi du département RSE de ASO.

La Communauté d’agglomération du Ventoux Comtat Venaissin avait déclaré en 2012, avoir traité 20 tonnes de déchets, dont plus de 20.000 canettes et 30.000 bouteilles en plastique ramassées sur les pentes du Mont Ventoux après le passage du Tour, lors d’une édition précédente.

Cette étape particulièrement sensible, car très venteuse fait désormais l’objet d’un dispositif spécial «Mon Tour – Je préserve le Mont Ventoux», où les distributions de sacs n’ont pas lieu – sauf pour les camping-caristes – et où chacun est appelé à utiliser des containers prévus à cet usage pour éviter les dispersements dans la nature à cause du vent.

L'ascension mont Ventoux

L’ascension du mont Ventoux © Radu Razvan / Shutterstock

Les chiffres choc du Tour de France

Quelques données vertigineuses du Tour de France 2019
Le public du Tour

  • 10 à 12 millions de spectateurs de plus de 40 nationalités différentes
  • 6h 30  : le temps de présence moyen des spectateurs sur le bord de la route. 5h30 en plaine, 7h30 en montagne.
  • 47 % de spectateurs viennent en priorité pour la caravane publicitaire
  • 3,5 milliards de téléspectateurs

Les pros du Tour de France

  • 23.000 policiers et gendarmes mobilisés
  • 2.000 journalistes, consultants et photographes représentant 600 médias dont 95 chaînes de télévision
  • 33 marques représentées

La caravane publicitaire

  • 35 minutes de temps de passage moyen de la caravane publicitaire
  • 12 km de cortège
  • 18 millions de cadeaux distribués
  • 600 caravaniers et logisticiens
  • 170 véhicules

Et les goodies distribués au public

  • 3 millions de madeleines St-Michel offertes
  • 9 véhicules aux couleurs de « Nos Régions ont du Talent », la marque propre terroir d’E.Leclerc distribueront 1,2 million d’échantillons et 2 millions de goodies.
  • 9,1 tonnes de saucisson fournies par Cochonou dont 500.000 sachets de mini-saucissons lancés et 1.300 saucissons entiers tranchés sur toutes les étapes
  • 1,5 millions de sachets de bonbons Haribo

    Le Tour, un événement aux retombées incalculables

    Chaque changement de programme, comme une étape annulée, ou un col fermé par les caprices de la météo engendre des réactions de la caravane, des spectateurs, des agents de sécurité…  Les émissions engendrées par la réorganisation des déplacements peuvent alors dépasser en un jour celles enregistrées sur toute la durée de la manifestation : le bilan carbone de chaque spectateur ou participant est donc imprévisible et il est difficile, voire impossible de mesurer avec exactitude l’impact environnemental du Tour.

    Cela n’empêche pas de tenter de minimiser le coût écologique, notamment en essayant de contrôler les transports. Quelques – maigres – initiatives ont été prises.

    Les initiatives pour réduire l’impact écologique du Tour de France

    Le monde entier suit le tour et pour beaucoup de téléspectateurs, c’est l’occasion de pouvoir s’émerveiller sur la beauté et la diversité des terroirs français. Le Tour joue donc un rôle d’ambassadeur du patrimoine naturel et culturel de la France.

    Les organisateurs du Tour de France l’ont bien compris et tentent de mettre en œuvre des politiques durables en faveur de l’environnement.

    terroir tour de France

    La traversée des terroirs français  pour le passage de la Grande Boucle © Radu Razvan Shutterstock

    Le tour et la biodiversité des terroirs français

    Pour la septième année, le Tour, France Télévisions et le Muséum d’Histoire naturelle proposent de mettre en avant les espaces naturels traversés par les coureurs cyclistes. Étape par étape, on fait un « Tour de France de la Biodiversité » au fil des sites Natura 2000, des parcs naturels régionaux et nationaux, et des réserves naturelles sur la route du Tour.

    Objectif : faire découvrir les richesses du patrimoine naturel français afin de mieux le préserver. Une initiative qui se greffe sur le Tour plutôt que d’en faire vraiment partie.

    Cette année, les cyclistes et leur public vont pénétrer dans 88 zones Natura 2000 (parcs nationaux, parcs naturels, régionaux…)

    Parallèlement, dans les phases préparatoires du Tour, ASO entre en contact avec les collectivités locales et les associations en charge de l’environnement, afin d’identifier les zones sensibles sur le parcours et prévoir ensemble des opérations de préservation des écosystèmes ou espèces fragiles pouvant être affecté par le passage : signalisation informative et préventive, déploiement de bénévoles, création de zones tampons…

    Ces actions ponctuelles portent essentiellement sur le survol d’espaces ornithologiques par les hélicoptères, les risques de piétinement d’habitats fragiles par le public et les nuisances (bruit et distribution sauvage) dues à la caravane.

    Le tour et les transports

    Les équipes, les commissaires du jury, les membres de l’organisation, les services logistiques, médicaux, de sécurité et de presse, utilisent au total sur la durée du Tour : huit hélicoptères, sept ambulances,  80 motos et plus de 500 voitures, camions et véhicules techniques. Trois avions sont également réservés pour le transfert à Paris du 24 juillet.

    Tout de France logo impact écologique

    Le logo du Tour de France© MA PHOTOGRAPY Shutterstock

    Un poids énorme dont la prise de conscience s’est amorcée tardivement au sein des organisateurs du Tour.

    Reste que le nombre de véhicules est très élevé et que les déplacements sont tels qu’il était techniquement difficile de se tourner vers des alternatives plus écologiques. La plupart des véhicules Skoda rouges de l’organisation sont à moteur diesel. Toutefois, ASO annonce accélérer le mouvement, avec des véhicules hybrides dès 2020 et tout électriques en 2021.

    Des initiatives mises au tri

    L’association Les Connexions, dans le cadre des l’opérations « Tri-Tour » depuis 2011, et « Chaque canette compte » depuis 2013, se charge de développer une politique d’accompagnement des déchets sur le Tour. Ce réseau de bénévoles oeuvre à « faire de la collecte sélective des déchets un outil efficace pour la propreté des sites, et une arme de sensibilisation massive » sur les grands événements sportifs et culturels, en suivant les principes de l’économie sociale et solidaire.

    Des ambassadeurs bénévoles mènent des actions de sensibilisation pour inciter les spectateurs du Tour à trier et jeter leurs déchets : deux coordinateurs aux départs et arrivées pour installer des centaines de « boxes multi-flux » (containers de tri de canettes, bouteilles plastiques et emballages cartons et plastiques) aux points stratégiques, pousse-pousse poubelle aux arrivées et, nouveauté cette année, un « véhicule environnement » en ouverture de la caravane. Avant le début du spectacle, une animatrice annonce par haut-parleurs les consignes de sécurité, sensibilise à la biodiversité de la région et rappelle la nécessité de ne pas laisser de déchets sur le bord des routes.

    Tour de France tri déchets

    Le tri des déchets sur le Tour de France

    D’autre part, une charte de bonne conduite à l’attention des cyclistes, du public et des organisateurs, éditée par le Muséum d’Histoire naturelle, résume en dix points les actions citoyennes en faveur de la nature à appliquer sur le Tour.

    Côté participants, un livre de route du tour rappelle les règles et bonnes pratiques à mettre en oeuvre au quotidien durant la course.

    À savoir :

    L’une des règles du livre de route pour les cyclistes rappelle que les coureurs ne sont autorisés à jeter leurs bouteilles et emballages vides que dans les zones de collecte désignées.

    D’autres initiatives écologiques

    La Fédération Nationale de la Pêche lance une campagne de sensibilisation du milieu aquatique avec un véhicule situé au sein de la caravane publicitaire, des animations grand public et le parrainage de la campagne TV du Muséum national d’Histoire naturelle.

    Le Tour des Abeilles a préparé une campagne de sensibilisation à la protection des abeilles avec la distribution de cartes sur les zones grand public (départ et arrivée).

    Hors du tour, l’ASO participe aussi promouvoir le vélo avec la Fête du vélo en juin depuis 2013 et plus récemment, dans le cadre d’une nouvelle politique de compensation de son empreinte carbone, au projet « Le Vélo dans la Ville » en collaboration avec les villes étapes : installations de pistes cyclables, de haies champêtres…

    Alors, au final, quel impact pour le Tour ?

    Évidemment, il faut pour le Tour de France comme pour les autres méga événements sportifs tenir compte de l’impact positif sur l’économie locale, sans parler du moral et du simple plaisir que véhicule le sport.

    Mais globalement, on manque de données scientifiques et d’informations précises même si ce genre de compétition fait de plus en plus l’objet de recherche. Notre sentiment, c’est que les très grands événements sportifs ont un prix : des conséquences écologiques bien peu souhaitables mais bien réelles.

    Et c’est donc sur le terrain moral, ou du moins de l’exemplarité, que pêche un Tour de France qui ne rime globalement pas avec éco-responsabilité. On aimerait que l’esprit du sport et d’une pratique saine du vélo soit mise au diapason du respect de la nature et des paysages français traversés par la compétition.

    Le milieu du football se met cahin-caha au développement durable et, l’ASO, l’organisation propriétaire du Tour cycliste, montre elle aussi un intérêt pour la question. Tant mieux pour le vélo qui reste avant tout synonyme de détente, d’activité saine, de transport non polluant.

    Enquête signée Jean-Marie Boucher
    parue dans Consoglob.com du 17 Juil 2019


Tour de France 2019 : la chasse au plastique est lancée

Une tribune a dénoncé la pollution engendrée par la Grande Boucle au bord des routes. Les organisateurs se disent conscients des enjeux.

 La caravane publicitaire du Tour de France a reçu des consignes pour limiter l’usage des plastiques.
La caravane publicitaire du Tour de France a reçu des consignes pour limiter l’usage des plastiques.  LP/Eric Delporte

5 juillet 2019

Le Tour de France ne fait pas exception et doit prendre en compte la donnée environnementale. La plus grande épreuve sportive gratuite au monde (du 6 au 28 juillet) fait le bonheur des 10 à 12 millions de spectateurs massés le long des routes à chaque édition. Et pas seulement pour le spectacle donné par les coureurs.

Durant les trois semaines de compétition, ce sont 15 millions de cadeaux promotionnels (contre 18 millions en 2017) qui sont distribués gratuitement avant le passage du peloton par les 31 partenaires officiels via la fameuse caravane publicitaire forte de 160 véhicules. Casquettes, sacs, stylos, échantillons de produits, le public s’arrache le tout. Dans une récente tribune, une trentaine de députés et six ONG ont dénoncé la pollution plastique engendrée par ces goodies « distribués et jetés dans la nature » et réclamé un « Tour plus écolo ».

« Nos habitudes depuis des décennies ne peuvent plus perdurer »

Même s’il est accaparé en premier lieu par les enjeux sportifs, Romain Bardet, leader de l’équipe AG2R-La Mondiale, n’a pas fui la question qui lui était posée ce jeudi à ce sujet. « Il y a forcément encore des choses à faire quand on voit ce que représente le Tour de France. Chacun, à son échelle, doit être exemplaire pour donner le bon exemple », a reconnu le cycliste, appelant de ses vœux à trouver « un équilibre entre le respect des traditions et de la nouvelle donne environnementale ».L’Auvergnat, toujours très concerné par la défense de la nature, a ensuite pris un accent plus volontariste : « Nos habitudes depuis des décennies ne peuvent plus perdurer si l’on veut assurer un avenir aux générations futures et à notre planète ».

La fin des emballages

Jeudi, à deux jours du départ de la course, les responsables du Tour ont justement souhaité mettre en avant les changements initiés pour répondre à la tribune publiée. « Depuis maintenant cinq ans, nous avons entamé, avec nos partenaires, une politique de réduction du plastique dans les cadeaux que les marques offrent au public », assure le directeur du Tour Christian Prudhomme. Et d’expliquer que les t-shirts et casquettes sont désormais distribués « sans emballage ».

Quant aux tracts, dépliants et prospectus, ils sont « purement et simplement bannis ». Enfin le patron de la Grande Boucle stipule suivre « les recommandations du cabinet d’expertise Biotope sur les zones Natura 2000 ». Dans ces secteurs sensibles, les distributions peuvent être suspendues si nécessaire et les haut-parleurs de la caravane réduits au silence pour respecter la nature.


Tour de France : des ONG dénoncent une épreuve qui produit trop de déchets

Outre la présence d’Ineos, géant de la pétrochimie, et de Total en tant que sponsors, la caravane du Tour de France génère 18 millions d’objets publicitaires en plastique.

par RTL

On connait déjà le vainqueur du Tour de France : c’est le plastique ! Des associations de protection de l’environnement ont dénoncé lundi 2 juillet la présence parmi les sponsors l’un des plus gros producteurs de plastique en Europe. En effet, l’équipe favorite du Tour s’appelle Ineos, qui est un géant de la pétrochimie. Le plus gros producteur en Europe, connu notamment pour fabriquer du plastique pas cher avec du gaz de schiste importé d’Amérique. Ineos est dirigé par un patron milliardaire assez sulfureux, qui revendique son amour pour le plastique et qui s’en est même pris récemment à la commission européenne. Car selon lui, elle fixe des règles trop strictes sur le recyclage et les déchets. Dans l’équipe Ineos, il y aura cette année le vainqueur du Tour 2018 Geraint Thomas. L’an dernier il avait pourtant pour sponsor Sky, avec un maillot qui au contraire dénonçait la pollution au pastique et appelait à sauver les océans.

Des véhicules hybrides, mais tout de suite

Le groupe Total aura lui aussi une équipe cette année. C’est dommage pour l’image du Tour disent des ONG, comme Zero Waste, qui passent leur temps à lutte contre le problème des déchets. Les ONG qui incitent les spectateurs du Tour de France à brandir a chaque étape des panneaux pour dénoncer la pollution au plastique. Ajoutez a cela cette tribune de 34 députés qui demandent l’interdiction des 18 millions d’objets publicitaires en plastique qui seront distribués pendant l’épreuve.

Le Tour de France, qui pourtant promeut le vélo, moyen de transport écolo, a des problèmes avec son image. Les organisateurs ont contre-attaqué lundi en promettant que toutes les voitures du tour seraient hybrides, mais dans un ou deux an, pas avant. Pas de quoi calmer les ONG qui iront manifester samedi lors de lu départ de la Grande Boucle à Bruxelles.


En savoir plus sur …
Le départ du Tour de France 2008 à Brest tel qu’il avait été orchestré par Le Fourneau et Générik Vapeur …

Jeudi 3 juillet 2008 à Brest, avant les trois coups de la soirée de présentation des équipes du Tour de France 2008, une première partie artistique et spectaculaire a eu lieu entre ciel et terre. A 17h55 au son du Bagad Plougastell, la compagnie Générik Vapeur a pris ses airs au dessus de la place de la Liberté.

 

17h55, Tonnerre de Brest

Jeudi 3 juillet 2008 à Brest, avant les trois coups de la soirée de présentation des équipes du Tour de France 2008, une première partie artistique et spectaculaire a eu lieu entre ciel et terre. A 17h55 au son du Bagad Plougastell, la compagnie Générik Vapeur a pris ses airs au dessus de la place de la Liberté.

 

 

 

 

Dès que les musiciens entament les premières notes, les messagers du ciel se lancent dans un chassé-croisé à vélo au dessus du parvis, en lançant des lettres au public. Les facteurs de l’air s’arrêtent parfois au milieu du fil. Clowns-acrobates, les facteurs-funambules arrosent la foule de milliers d’enveloppes. D’abord intriguée par la présence de ces personnages familiers au dessus de sa tête, la foule court et saute pour essayer d’attraper les lettres. Petits et grands prennent part à une ruée sous cette pluie de messages.

Ils ont la surprise de découvrir à l’intérieur de ces enveloppes des poèmes que les enfants ont écrit en l’honneur de la « Petite Reine ».

 

 

 

 

Alors que les postiers mettent en valeur pour leurs compétences de facteurs aériens, une réplique des mâts de la goélette la Recouvrance construite dans les Ateliers Sud Side de Marseille surgit au dessus de l’hôtel de ville.

 

20h03, Jamais 203

A 20h03, après la présentation des 20 équipes et 180 coureurs du Tour 2008, Générik Vapeur monte en selle pour un spectacle en roue libre : « Jamais 203 ». Un hommage festif à la petite reine, la grande boucle et la Peugeot 203, emblématique des courses à bicyclette d’antan.

 

 

 

 

Dopé à l’enthousiasme des 140 bénévoles associés aux couleurs de cette extravagante course pétaradante et effrénée, sur le boulevard Clémenceau, entre l’université et le Quartz, le public prend part à une révolution d’engins dont une impressionnante cage de fer en forme de boule roulant sur elle-même, les Astrobulles de la Cité des Augustes et le vélo Solex modifié de Frank Baruk.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Galerie de portraits

 

Faisant montre d’un bon coup de pédale, les coureurs enchainent diverses épreuves dont la montagne en danseuse, avant de métamorphoser leur vélo en caméra ou bien en plateau de garçons de café et de conclure à la gloire au vélo avec une haie d’honneur et la traditionnelle photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Galerie de portraits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tête pleine de petits vélos, les spectateurs assistent à l’envol de cette cavalcade qui s’est terminée par un chapelet d’hommes et de machines se balançant au bout d’une grue.

 

 

22H22 : La musique du Bortsch Orkestra anime la place de la Liberté à Brest avec un bal de fin de soirée.

 

 

 

http://www.myspace.com/bortschorkestra

 

 


En savoir plus sur Brest et Le Tour de France : Depuis 1906, Brest est dans la boucle du Tour !

Ville d’arrivée ou de départ, elle s’est inscrite dans 27 éditions du Tour de France, surtout avant la Seconde Guerre mondiale. Elle a accueilli trois « grands » départs, en 1952, 1974 et 2008.

Le Tour est passé à Brest à 27 reprises. Ici, Eddy Merckx, vainqueur du prologue, en maillot jaune pour le grand départ de 1974, après un prologue disputé à Bellevue.
Le Tour est passé à Brest à 27 reprises. Ici, Eddy Merckx, vainqueur du prologue, en maillot jaune pour le grand départ de 1974, après un prologue disputé à Bellevue. | ARCHIVES MUNICIPALES DE BREST

« Brest et le vélo, c’est une grande histoire, même avant le Tour », assure Christine Berthou-Ballot, responsable du service Patrimoine, à Brest Métropole. Dans ses mains, de nombreuses photos d’archives témoignent d’un grand passé cycliste. L’exposition BrestVélo les présente dans toute la ville. On remonte jusqu’au début du XXe siècle, à l’époque du vélodrome de Kerabécam, autrefois à l’emplacement de l’hôpital Morvan. « Le Vélo-club brestois y organisait des courses qui passionnaient les foules. »

On y a même applaudi les premières courses cyclistes féminines en France à la fin du XIXe ! « Des suffragettes françaises et étrangères mobilisaient ainsi l’opinion. »

Jusqu’en juillet 1939

Le 24 juillet 1906, le Tour arrive pour la première fois à la pointe Bretagne… À l’avancée des portes, c’est-à-dire place de la Liberté ! Ensuite, il revient chaque été !

C’est la première fois, alors forcément, cela présente un charme particulier. Le 24 juillet 1906, trois ans après sa création, le Tour de France se risque jusqu’à Brest. | ÉDITION F. PERON – ARCHIVES DE BREST

Le peloton entre dans la ville par le Petit-Paris (jusqu’en 1919) puis au vélodrome (1920-1931). La plupart des départs se font de la place de Strasbourg pour lancer les coureurs dans la rue Jean-Jaurès. Dernier passage en juillet 1939, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale.

Tour 1926, l’équipe Automoto (une fabrique française de cycles) pose à l’arrivée à Brest, après un périple qui avait démarré à Cherbourg, dans la Manche. Soit un parcours de plus de 400 km… | ARCHIVES MUNICIPALES DE BREST

« Une ambiance impressionnante »

En 1952 et 1954, les coureurs traversent une ville ravagée par les bombardements de la guerre et en pleine reconstruction. Ils voient des ruines et des baraquements partout… Autour de la place de la Liberté, la cité commerciale abrite les commerçants dans des cabanes.

Le circuit s’est déplacé vers le cours Dajot, qui vient d’être replanté, avec vue sur la mer ! Le port de commerce n’est pas encore reconstruit. Le grand départ de 1952 est décrit par un journaliste de L’Équipe avec une grande ferveur populaire mêlée de folklore breton, « une ambiance impressionnante ». C’est l’euphorie de l’après-guerre !

Le grand cru de 1974

1974 reste le grand cru du Tour à Brest. Les épreuves et les festivités se tiennent désormais dans cette nouvelle extension de la ville, dite B2, à Bellevue, où s’implantent de nouveaux logements et un pôle universitaire.

Les Brestois n’oublieront jamais ce vrai grand départ avec un prologue remporté par Eddy Merckx, au parc de Penfeld. Le 28 juin, il s’élance de la place de la Liberté en maillot jaune. Poulidor est aussi dans le peloton !

Une ville transformée

Le 3 juillet 2008, le Tour s’élance de Brest pour la troisième fois de son histoire, direction Plumelec. Quelle déception pour les passionnés, cette 95e édition se fait sans prologue et sans Contador ! On repère néanmoins de futurs grands vainqueurs de l’épreuve : Schleck, Nibali et Chris Froome.

Il tombait des cordes la veille au soir pour une émission de Michel Drucker tournée en direct à Océanopolis. Mais le 5 juillet 2008, c’est sous un soleil éclatant que le peloton s’échappe de Brest. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

La troupe de théâtre de rue Générik Vapeur signe une belle animation de départ. Des facteurs-acteurs font du vélo dans les airs et distribuent des poèmes sur la Petite Reine, signés d’élèves brestois. 140 « coureurs » volontaires pédalent pour un défilé rocambolesque.

… A suivre en 2021 ? Et même avant …


 

Tour de France : le maire EELV de Lyon juge la course « machiste et polluante »

Grégory Doucet, maire EELV de Lyon, à Lyon (Rhône), le 7 février 2020.
Grégory Doucet, maire EELV de Lyon, à Lyon (Rhône), le 7 février 2020. (PIERRE ANTOINE PLUQUET / HANS LUCAS / AFP)

Grégory Doucet l’a déclaré, mercredi, dans un entretien accordé au quotidien régional « Le Progrès ».

Le maire EELV de Lyon Grégory Doucet n’apprécie guère le Tour de France. « Plusieurs points me dérangent. D’abord, le Tour de France continue à véhiculer une image machiste du sport », a-t-il déclaré, mercredi 9 septembre, dans un entretien accordé au quotidien Le Progrès (article payant)« Quand on défend les valeurs du sport, on défend l’égalité femmes-hommes. Il devrait y avoir un Tour de France féminin depuis longtemps. C’est la dernière épreuve d’envergure à ne pas avoir franchi le pas », a-t-il remarqué.

Les goodies « doivent être repensés pour être durables »

L’édile s’interroge également sur « l’empreinte écologique du Tour » assurant que l’épreuve « n’est pas écoresponsable ». « Combien de véhicules à moteur thermique circulent pour faire courir ces coureurs à vélo ? Combien de déchets engendrés ? », a-t-il demandé. Pour Grégory Doucet, il n’est « plus acceptable d’avoir des grandes manifestations sportives dont la priorité n’est pas de se poser la question de leur empreinte ».

« Tous les petits objets, les goodies, les machins qui sont jetés par la caravane doivent maintenant être repensés pour être durables ou ne pas être jetés du tout », a poursuivi le maire de Lyon.

Ces mots trouvent un écho particulier alors que la 14e étape du Tour de France doit arriver samedi à Lyon. « Le Tour coûte à la Ville un peu plus de 600 000 euros. L’ardoise n’est pas anodine, a-t-il commenté. Et de prévenir : « La Ville pourra être à nouveau candidate à accueillir la Grande Boucle quand elle aura démontré qu’elle peut évoluer. » « Je veux des garanties que les événements que l’on accueille dans notre ville se montrent responsables à l’égard de la planète. Tant que l’on n’aura pas creusé ce sujet-là, le dossier ne va pas revenir sur ma table », a-t-il assuré.