« TOUCHE JAMAIS à MON 1er MAI » !

« C’est un jour solennel que le jour d’aujourd’hui. Mon père mettait sa chemise blanche pour aller manifester. On ne dira jamais combien le syndicalisme, à travers le monde, a porté la liberté. »  Ainsi débute le billet daté du 1er mai 2026 de l’écrivain Hervé Hamon … A Brest aussi,  , des milliers de personnes ont pris part à la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses …

Mais lisez plutôt, le billet s’intitule « Assistons-nous »…

« Comment reconnaître un homme (ou une femme) de droite ? Il ˗ elle ˗ peut être maigre ou enveloppé(e), sympathique ou non, bavard(e) ou muet(te), affable ou rêche. Qui plus est, par les temps qui courent, les droitiers extrêmes s’affichent avec des princesses, comme dans les contes de fées (qui finissent toujours au fond d’un puits, entre serpents et crapauds). Et puis, aujourd’hui, les gens de droite ne sont pas plus habillés en bourgeois que les « travailleurs » en salopette. Confus, tout cela. C’est pourquoi je vous propose, en ce 1er mai, un sésame infaillible. Un homme ou une femme de droite se signale par sa hantise, sa phobie, son combat contre « l’assistanat ». Voilà le truc, le mot qui tue.

C’est une notion très ample, l’assistanat. Les chômeurs sont des assistés. Les bénéficiaires de la sécurité sociale sont des assistés, surtout s’ils sont étrangers, surtout s’ils sont sans papiers. Les mamans qui viennent d’accoucher sont des assistées. Les retraités sont (éminemment) des assistés. Les habitants des « quartiers » sont des assistés. Les occupants d’un logement social sont des assistés. Pour un peu, on pourrait même dire que les gamins (les voyous) de l’école publique sont des assistés. Mais n’oublions pas les artistes, les bateleurs, les comédiens, les musiciens, scandaleusement assistés puisqu’on les paie à ne rien faire entre deux emplois.

Je pourrais, dévidant ma liste, remplir des chapitres. Mais je soutiens que le plus grand commun dénominateur de la « vraie » droite et de son sosie, la « vraie » extrême droite, est l’obsession de « l’assistanat ». Coupez-moi tout ça, taillez là-dedans, à bas les privilèges, libérons l’État de ces charges indues. Et, pour commencer, virons un maximum de fonctionnaires ˗ à l’exception des flics, mais ils ne sont pas là pour faire de l’assistanat, ils sont là pour rétablir l’Ordre, avec majuscule.

Eh bien, ce 1er mai, je réponds que c’est l’honneur des syndicats, l’honneur des salarié(e)s, que de célébrer, en fête, non point l’assistanat dont ils profitent, mais les droits qu’ils ont acquis. Les commentateurs vont ricaner, à la télé, que trop peu de Français sont syndiqués. A cela une cause : le syndicat le plus puissant s’est longtemps considéré comme la « courroie de transmission » d’un parti politique. Ce qui fut une erreur majeure, mais désormais corrigée. A présent, bien que la « classe ouvrière » ait explosé, que le travail lui-même mute comme l’éclair, les syndicats nous envoient un rappel capital : tous ces « privilèges » sont nos droits, nos droits légitimes, arrachés à la dure au fil des décennies, négociés, et partagés.

Assistons-nous les uns les autres. C’est le commandement qui figure sur nos frontons, et qui s’appelle, en République, fraternité. »

Hervé Hamon  écrivain dans son billet du 1er mai 2026…


« Touche jamais à mon 1er-Mai » : à Brest, 3 000 personnes manifestent pour les droits des travailleurs

Malgré le climat social tendu, c’est dans une bonne ambiance que se sont élancés, vendredi 1er mai 2026, plus de 3 000 manifestants à l’occasion de la fête du Travail. Défense des acquis sociaux, hausse des salaires, lutte contre l’extrême droite et paix au Moyen-Orient étaient au cœur de leurs revendications. Un article signé Bleuenn Robert dans Ouest France du  

C’est unis que les principaux syndicats brestois se sont élancés, vendredi 1er-Mai, pour défendre les droits des travailleurs.
C’est unis que les principaux syndicats brestois se sont élancés, vendredi 1er-Mai, pour défendre les droits des travailleurs. | OUEST-FRANCE

C’est en chansons qu’a débuté, vendredi 1er mai 2026, la manifestation de la fête du Travail, à Brest (Finistère). La quarantaine de choristes de l’ensemble Peuple et chansons ont investi les marches de l’hôtel de ville, devant plus de 3 000 manifestants, reprenant avec eux les airs du Chiffon rouge, de Michel Fugain, ou encore le chant révolutionnaire italien Bella Ciao.

Un cortège intergénérationnel aux revendications multiples

Peu après 11 h, ils ont laissé la place aux représentants des syndicats CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, Solidaires et Union Pirate pour des prises de paroles communes. Nous affirmons que notre diversité est une force. Dans un contexte de tension sociale et de montée des inégalités, nous voulons rappeler que le 1er-Mai est une journée de lutte, de conquête et de solidarité.

Plus de 3 000 manifestants étaient présents, vendredi 1er mai, sur la place de Liberté, à Brest, pour défendre les droits des travailleurs. | OUEST-FRANCE

Le projet de loi présenté par le gouvernement, qui vise à autoriser les artisans, boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés dès le 1er mai 2027, est sur de nombreuses lèvres. Touche jamais à mon 1er-Mai, peut-on lire sur plusieurs pancartes. Une raison de plus pour cette famille de venir manifester, ce vendredi. On manifeste tous les ans pour la fête du Travail. Depuis plusieurs années, elle a une saveur particulière avec la montée du fascisme et les partis au gouvernement qui lui pave la voie, regrettent Lucile et Alexis, venus avec leurs deux enfants. L’un d’eux a écrit sur sa pancarte : Je ne veux pas travailler ».

Malgré le climat social pesant, c’est dans la bonne humeur que s’est élancé le cortège. Dans ses rangs, beaucoup de jeunes. Dont ce groupe de lycéens de L’Harteloire, établissement fragilisé par la chute de ses effectifs : On a réussi à mobiliser pas mal de monde dans notre lycée. On est engagés notamment pour la survie de notre établissement et des conditions d’éducation et de travail pour les professeurs. Mais ces jeunes, âgés entre 15 et 17 ans, sont sur tous les fronts : la lutte contre le patriarcat, la défense des fonctionnaires, et la paix à Gaza. On ne peut pas séparer les causes. L’intersectionnalité donne toute sa force au mouvement, estiment-ils.

De nombreux drapeaux palestiniens flottaient d’ailleurs dans le ciel brestois, ce vendredi matin. La paix au Moyen-Orient est une revendication chère aux manifestants présents : La guerre n’a jamais enrichi les peuples. Elle détruit l’économique et chacune d’elles se traduit par une pression supplémentaire sur les foyers français, déclarent les syndicats.