Née 2 ans après l’Appel de l’hiver 1954, la Communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon près de Brest est l’une des plus anciennes de l’Hexagone. Aujourd’hui, elle loge, nourrit et offre du travail à une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants issus de l’exil ou de la grande précarité. Les 70 ans de la Communauté ont notamment donné lieu à la réalisation d’une fresque murale collective peinte par les compagnes et compagnons sous la direction de Nazeem et Marco, artistes grapheurs de renom …
« Le temps qui passe, la mer et ce qui demeure … ».Les mots choisis d’un Compagnon lus par une bénévole de l’association …
Extrait de l’intervention de Tarek Daher, directeur général d’Emmaüs France …
« En 70 ans d’existence, nous avons eu des milliers de compagnons et compagnes » : au Relecq-Kerhuon, la communauté Emmaüs souffle ses bougies
Yves Le Therisien est le président de la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon. En ce samedi 19 septembre, il fête les 70 ans de la communauté, entourés de partenaires et des compagnes et compagnons. Par Chloé Crochu dans Le Télégramme du
Combien de compagnons sont accueillis au sein de la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon ?
« Actuellement, 52 compagnes et compagnons sont accueillis, il n’y a pas d’enfants. Ils viennent de 19 pays différents. En 70 ans d’existence, nous avons eu des milliers de compagnons et compagnes. Le délai moyen de présence est de trois ans, à peu près. »
Comment c’était il y a 70 ans ?
« La communauté ne s’est pas créée au Relecq-Kerhuon, elle s’est créée à Brest, avec deux associations, les Amis des Mahuts et l’Association pour le soutien aux mal logés. Et puis, après l’appel de l’hiver 1954, ils se sont mobilisés, ils ont fait des collectes. Ils ont demandé un terrain à la municipalité. Au début, les gens étaient dans des baraques puisque c’était l’après-guerre. Et puis, peu à peu, ça a grossi. Ils ont eu de plus en plus de moyens. Plus tard, ici, dans les années 1950, ils ont pu acquérir ce terrain-là qui était jadis celle du directeur de l’ancienne poudrerie du Moulin Blanc. Nous avons quasiment été la première communauté en province, donc la plus ancienne. »
Quels sont les défis à venir ?
« La surconsommation entraîne un gaspillage énorme dans notre société. On essaie de transformer justement ce que les gens ne veulent plus. Mais actuellement, on est submergés. Le secteur du textile est particulièrement touché, on ne peut plus faire face à tous les dons. L’autre défi c’est faire tenir l’économie. À Brest, nous avons un grand projet de rénovation patrimoniale. C’est-à-dire que les bâtiments ont besoin de rénovation et de remettre nos ateliers aux normes ».
Fresque géante, théâtre et cinéma : une année 2026 festive pour la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon qui fête ses 70 ans
Née en 1956 dans une propriété de l’ancienne Poudrerie du Moulin Blanc, la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon souffle cette année ses 70 bougies. Dans Le Télégramme du
Créée il y a 70 ans au Relecq-Kerhuon, la communauté d’Emmaüs va dédier l’année 2026 à de nombreux événements : « notre communauté est la troisième qui a été créée en France, en 1956. Elle a été installée sur les terrains qu’occupaient les cadres de la poudrerie. Aujourd’hui, elle accompagne une cinquantaine de personnes, les compagnons, qui sont logés sur le site et participent aux activités solidaires de la communauté sur nos sites de Plougastel-Daoulas, Brest-Kergaradec, Morlaix, ainsi qu’ici, sur le site de réparations et de recyclerie », retrace Yves Le Thérisien, président. Les personnes que la communauté accompagne sont des femmes, des hommes et des enfants issus de l’exil ou encore de la grande précarité et qui sont soutenus dans leurs démarches par huit salariés.
Un spectacle fin juin
Les festivités ont commencé début mars avec la projection d’un film documentaire, « One by one », réalisé par Camille Guigueno et co-écrit avec son père, Vincent Guigueno (sauveteur embarqué à la SNSM de Dunkerque).
Et cela va continuer. « Douze femmes en colère », récit de la lutte sociale dans une métallerie, sera ainsi présenté le 26 juin 2026. Ce spectacle a été créé par Cécile Delhommeau et Anthony Pouliquen, après leur visionnage du film de Soazig Chapdelaine et René Vautier intitulé « Quand les femmes ont pris la colère ». À noter que ce film sera projeté dans le cadre de la programmation 2026-2027 de l’association « Ciné Miroir ».
Sur le mois de mai et de juin, avec l’appui du graffeur brestois Nazeem, des ateliers de création d’une fresque seront proposés : « elle sera réalisée sur un des murs qui donne sur la rue et l’ensemble des acteurs de la communauté pourra y prendre part. C’est aussi très important pour nous le faire ensemble », ajoute Yves Le Thérisien. L’œuvre sera inaugurée durant le week-end des journées du patrimoine, les 19 et 20 septembre. Un dernier événement devrait clore cette année en novembre : une conférence « gesticulée » proposée par la compagnie Babel.
La communauté Emmaüs de Brest fête ses 70 ans ce week-end au Relecq-Kerhuon
En 1956, deux ans après l’appel de l’hiver 1954, l’association des Amis de la communauté des chiffonniers bâtisseurs Emmaüs de Brest fut créée. Ce week-end, elle fêtera ses 70 ans, au Relecq-Kerhuon (Finistère). Un article paru dans Ouest France du
La communauté des chiffonniers bâtisseurs Emmaüs de Brest fut créée en 1956 au Relecq-Kerhuon, ainsi que l’association d’Aide aux sans-logis et mal logés. Depuis 70 ans se sont succédé dans cette œuvre des milliers de compagnes et compagnons, d’amis et de bénévoles, de salariés, ce trépied indispensable à l’équilibre du fonctionnement d’une communauté.
Ce week-end, la communauté veut rendre hommage à tous ces hommes et femmes qui se sont dévoués pour les autres mais aussi témoigner de la nécessité de la solidarité et de l’humanisme dans notre monde d’aujourd’hui.
Oui, cela fait 70 ans déjà et, hélas, rien n’a vraiment changé pour les démunis. Cet anniversaire sera l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à maintenir l’association et à tous ceux qui y ont travaillé. C’est aussi l’occasion de montrer qu’au sein de notre communauté, une vingtaine de nationalités différentes peuvent travailler ensemble, dans la fraternité et la sérénité, pour le bien de tous. C’est un message adressé à ce monde qui se fracture de plus en plus »,
explique Yves Le Therisien, président de la communauté Emmaüs de Brest
Au Relecq-Kerhuon, pour les 70 ans d’Emmaüs Brest, Vivianne Le Thérisien témoigne de son engagement
Emmaüs Brest fête ses 70 ans au Relecq-Kerhuon, samedi et dimanche. Vivianne Le Thérisien, ex-salariée et bénévole dévouée, témoigne de l’évolution de la communauté et de son engagement pour le lien humain. Par Matheo Pattin dans Le Télégramme du
Ancienne assistante sociale devenue bénévole à l’heure de la retraite, Vivianne Le Thérisien incarne la mémoire et le cœur de la communauté Emmaüs Brest, implantée au Relecq-Kerhuon. Arrivée à Brest en 1986 avec son époux, actuel président de la communauté, cette Bretonne a consacré près de trois décennies aux compagnons. « C’est un travail d’équipe. La force de notre structure repose sur un trépied indissociable : les compagnons, les salariés et les bénévoles », insiste-t-elle.Z« Je pourrais être leur grand-mère »
À 67 ans, Vivianne Le Thérisien a vu la communauté évoluer. « J’ai commencé à 30 ans. À l’époque, je me disais que j’aurais pu être la fille de certains compagnons. Maintenant, je me dis souvent que je pourrais être leur grand-mère ! », sourit cette passionnée du lien humain. La sexagénaire est entrée à la communauté en 1991 en tant que salariée, comme assistante sociale. « J’ai simplement répondu à une annonce dans le journal », s’amuse-t-elle.
À l’époque, je me disais que j’aurais pu être la fille de certains compagnons. Maintenant, je me dis souvent que je pourrais être leur grand-mère !
Elle ne l’a jamais regretté. « Ce qui a été particulier dans mon travail ici, c’est le temps dont je disposais pour accompagner les personnes : ça m’a davantage attachée à elles. » En 2020, elle a passé le flambeau à Enora Daniel, 37 ans, avec qui elle collaborait depuis 2016. Mais pas question de laisser tomber la communauté qu’elle affectionne tant : elle se consacre maintenant à aider les personnes accueillies à préparer leur demande de titre de séjour, et dispense des cours de français adaptés aux différents profils.
« On aimerait que notre structure n’ait plus de raison d’exister »
Alors que la communauté de Brest célèbre ses 70 ans d’existence ce week-end, après son implantation à Brest en 1956, puis au Relecq en 1958, la bénévole préférerait… la voir disparaître. « Dans l’idéal, on aimerait que notre structure n’ait plus raison d’exister », admet ironiquement la bénévole.
Ce week-end de festivités sera marqué par des conférences, des spectacles, et même une vente aux enchères au profit de l’association, en présence de la représentante internationale d’Emmaüs. L’occasion, aussi, d’inaugurer une nouvelle fresque, représentant le village communautaire, le célèbre camion Emmaüs ainsi que le pont de l’Iroise. Des symboles de l’ancrage territorial et de la fierté d’une communauté qui offre une seconde chance à ceux que la vie a cabossés.
Fête des 70 ans de la communauté Emmaüs Brest, sur le site de la communauté, 1, rue Yves-Le Maout, au Relecq-Kerhuon : le samedi 19 septembre, de 18 h à 21 h, inauguration de la fresque murale des 70 ans et spectacle « Murale » par la compagnie Dédale de Clown ; le dimanche 20 septembre, de 10 h à 17 h, table ronde d’échange et d’apport sur des sujets sociétaux liés à l’exil, village associatif solidaire pour découvrir les activités d’entraide et de solidarité, restauration et animations musicales. Entrée gratuite. Site web de la communauté Emmaüs Brest : emmaus-brest.fr
