La Communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon près de Brest fête en 2026 ses 70 ans !

Née 2 ans après l’Appel de l’hiver 1954, la Communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon près de Brest est l’une des plus anciennes de l’Hexagone.  Aujourd’hui, elle loge, nourrit et offre du travail à une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants issus de l’exil ou de la grande précarité. Les 70 ans de la Communauté ont notamment donné lieu à la réalisation  d’une fresque murale collective peinte par les compagnes et compagnons sous la direction de Nazeem et Marco, artistes grapheurs de renom …

« Le temps qui passe, la mer et ce qui demeure … ».Les mots choisis d’un Compagnon lus par une bénévole de l’association …

Extrait de l’intervention de Tarek Daher, directeur général d’Emmaüs France …

Le spectacle « Muraï » de la compagnie de théâtre de rue « Dédale de clown » …

Le « Slow Park », la fête foraine pour escargots du plasticien Erwann Cadoret …


« En 70 ans d’existence, nous avons eu des milliers de compagnons et compagnes » : au Relecq-Kerhuon, la communauté Emmaüs souffle ses bougies

Yves Le Therisien est le président de la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon. En ce samedi 19 septembre, il fête les 70 ans de la communauté, entourés de partenaires et des compagnes et compagnons. Par Chloé Crochu dans Le Télégramme du 

Yves Le Therisien, président, fête les 70 ans de la communauté d’Emmaüs du Relecq-Kerhuon.
Yves Le Therisien, président, fête les 70 ans de la communauté d’Emmaüs du Relecq-Kerhuon. (Photo Le Télégramme/Chloé Crochu)

Combien de compagnons sont accueillis au sein de la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon ?

« Actuellement, 52 compagnes et compagnons sont accueillis, il n’y a pas d’enfants. Ils viennent de 19 pays différents. En 70 ans d’existence, nous avons eu des milliers de compagnons et compagnes. Le délai moyen de présence est de trois ans, à peu près. »

Comment c’était il y a 70 ans ?

« La communauté ne s’est pas créée au Relecq-Kerhuon, elle s’est créée à Brest, avec deux associations, les Amis des Mahuts et l’Association pour le soutien aux mal logés. Et puis, après l’appel de l’hiver 1954, ils se sont mobilisés, ils ont fait des collectes. Ils ont demandé un terrain à la municipalité. Au début, les gens étaient dans des baraques puisque c’était l’après-guerre. Et puis, peu à peu, ça a grossi. Ils ont eu de plus en plus de moyens. Plus tard, ici, dans les années 1950, ils ont pu acquérir ce terrain-là qui était jadis celle du directeur de l’ancienne poudrerie du Moulin Blanc. Nous avons quasiment été la première communauté en province, donc la plus ancienne. »

Quels sont les défis à venir ?

« La surconsommation entraîne un gaspillage énorme dans notre société. On essaie de transformer justement ce que les gens ne veulent plus. Mais actuellement, on est submergés. Le secteur du textile est particulièrement touché, on ne peut plus faire face à tous les dons. L’autre défi c’est faire tenir l’économie. À Brest, nous avons un grand projet de rénovation patrimoniale. C’est-à-dire que les bâtiments ont besoin de rénovation et de remettre nos ateliers aux normes ».


Fresque géante, théâtre et cinéma : une année 2026 festive pour la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon qui fête ses 70 ans

Née en 1956 dans une propriété de l’ancienne Poudrerie du Moulin Blanc, la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon souffle cette année ses 70 bougies. Dans Le Télégramme du 

Les responsables et compagnons de la communauté Emmaüs ont accueilli, vendredi 6 mars, Camille Guigueno qui a réalisé le film « One by one », ainsi que des représentants de la SNSM.
Les responsables et compagnons de la communauté Emmaüs ont accueilli, vendredi 6 mars, Camille Guigueno qui a réalisé le film « One by one », ainsi que des représentants de la SNSM.

Créée il y a 70 ans au Relecq-Kerhuon, la communauté d’Emmaüs va dédier l’année 2026 à de nombreux événements : « notre communauté est la troisième qui a été créée en France, en 1956. Elle a été installée sur les terrains qu’occupaient les cadres de la poudrerie. Aujourd’hui, elle accompagne une cinquantaine de personnes, les compagnons, qui sont logés sur le site et participent aux activités solidaires de la communauté sur nos sites de Plougastel-Daoulas, Brest-Kergaradec, Morlaix, ainsi qu’ici, sur le site de réparations et de recyclerie », retrace Yves Le Thérisien, président. Les personnes que la communauté accompagne sont des femmes, des hommes et des enfants issus de l’exil ou encore de la grande précarité et qui sont soutenus dans leurs démarches par huit salariés.

Un spectacle fin juin

Les festivités ont commencé début mars avec la projection d’un film documentaire, « One by one », réalisé par Camille Guigueno et co-écrit avec son père, Vincent Guigueno (sauveteur embarqué à la SNSM de Dunkerque).

Et cela va continuer. « Douze femmes en colère », récit de la lutte sociale dans une métallerie, sera ainsi présenté le 26 juin 2026. Ce spectacle a été créé par Cécile Delhommeau et Anthony Pouliquen, après leur visionnage du film de Soazig Chapdelaine et René Vautier intitulé « Quand les femmes ont pris la colère ». À noter que ce film sera projeté dans le cadre de la programmation 2026-2027 de l’association « Ciné Miroir ».

Sur le mois de mai et de juin, avec l’appui du graffeur brestois Nazeem, des ateliers de création d’une fresque seront proposés : « elle sera réalisée sur un des murs qui donne sur la rue et l’ensemble des acteurs de la communauté pourra y prendre part. C’est aussi très important pour nous le faire ensemble », ajoute Yves Le Thérisien. L’œuvre sera inaugurée durant le week-end des journées du patrimoine, les 19 et 20 septembre. Un dernier événement devrait clore cette année en novembre : une conférence « gesticulée » proposée par la compagnie Babel.


La communauté Emmaüs de Brest fête ses 70 ans ce week-end au Relecq-Kerhuon

En 1956, deux ans après l’appel de l’hiver 1954, l’association des Amis de la communauté des chiffonniers bâtisseurs Emmaüs de Brest fut créée. Ce week-end, elle fêtera ses 70 ans, au Relecq-Kerhuon (Finistère). Un article paru dans Ouest France du

Située au 1, rue Yves Le Maout au Relecq-Kerhuon (Finistère), la communauté Emmaüs Brest ouvre ses portes au public ce week-end pour fêter ses 70 ans.
Située au 1, rue Yves Le Maout au Relecq-Kerhuon (Finistère), la communauté Emmaüs Brest ouvre ses portes au public ce week-end pour fêter ses 70 ans. | OUEST-FRANCE.

La communauté des chiffonniers bâtisseurs Emmaüs de Brest fut créée en 1956 au Relecq-Kerhuon, ainsi que l’association d’Aide aux sans-logis et mal logés. Depuis 70 ans se sont succédé dans cette œuvre des milliers de compagnes et compagnons, d’amis et de bénévoles, de salariés, ce trépied indispensable à l’équilibre du fonctionnement d’une communauté.

Ce week-end, la communauté veut rendre hommage à tous ces hommes et femmes qui se sont dévoués pour les autres mais aussi témoigner de la nécessité de la solidarité et de l’humanisme dans notre monde d’aujourd’hui.

Oui, cela fait 70 ans déjà et, hélas, rien n’a vraiment changé pour les démunis. Cet anniversaire sera l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à maintenir l’association et à tous ceux qui y ont travaillé. C’est aussi l’occasion de montrer qu’au sein de notre communauté, une vingtaine de nationalités différentes peuvent travailler ensemble, dans la fraternité et la sérénité, pour le bien de tous. C’est un message adressé à ce monde qui se fracture de plus en plus », explique Yves Le Therisien, président de la communauté Emmaüs de Brest


Au Relecq-Kerhuon, pour les 70 ans d’Emmaüs Brest, Vivianne Le Thérisien témoigne de son engagement

Emmaüs Brest fête ses 70 ans au Relecq-Kerhuon, samedi et dimanche. Vivianne Le Thérisien, ex-salariée et bénévole dévouée, témoigne de l’évolution de la communauté et de son engagement pour le lien humain. Par  Matheo Pattin dans Le Télégramme du 

Vivianne Le Therisien et Enora David devant la fresque célébrant les 70 ans de la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon, réalisée par les compagnons avec le soutien de graffeurs partenaires.
Vivianne Le Therisien et Enora David devant la fresque célébrant les 70 ans de la communauté Emmaüs du Relecq-Kerhuon, réalisée par les compagnons avec le soutien de graffeurs partenaires. (Photo Le Télégramme/Mathéo Pattin)

Ancienne assistante sociale devenue bénévole à l’heure de la retraite, Vivianne Le Thérisien incarne la mémoire et le cœur de la communauté Emmaüs Brest, implantée au Relecq-Kerhuon. Arrivée à Brest en 1986 avec son époux, actuel président de la communauté, cette Bretonne a consacré près de trois décennies aux compagnons. « C’est un travail d’équipe. La force de notre structure repose sur un trépied indissociable : les compagnons, les salariés et les bénévoles », insiste-t-elle.Z« Je pourrais être leur grand-mère »

À 67 ans, Vivianne Le Thérisien a vu la communauté évoluer. « J’ai commencé à 30 ans. À l’époque, je me disais que j’aurais pu être la fille de certains compagnons. Maintenant, je me dis souvent que je pourrais être leur grand-mère ! », sourit cette passionnée du lien humain. La sexagénaire est entrée à la communauté en 1991 en tant que salariée, comme assistante sociale. « J’ai simplement répondu à une annonce dans le journal », s’amuse-t-elle.

À l’époque, je me disais que j’aurais pu être la fille de certains compagnons. Maintenant, je me dis souvent que je pourrais être leur grand-mère !

Elle ne l’a jamais regretté. « Ce qui a été particulier dans mon travail ici, c’est le temps dont je disposais pour accompagner les personnes : ça m’a davantage attachée à elles. » En 2020, elle a passé le flambeau à Enora Daniel, 37 ans, avec qui elle collaborait depuis 2016. Mais pas question de laisser tomber la communauté qu’elle affectionne tant : elle se consacre maintenant à aider les personnes accueillies à préparer leur demande de titre de séjour, et dispense des cours de français adaptés aux différents profils.

« On aimerait que notre structure n’ait plus de raison d’exister »

Alors que la communauté de Brest célèbre ses 70 ans d’existence ce week-end, après son implantation à Brest en 1956, puis au Relecq en 1958, la bénévole préférerait… la voir disparaître. « Dans l’idéal, on aimerait que notre structure n’ait plus raison d’exister », admet ironiquement la bénévole.

Ce week-end de festivités sera marqué par des conférences, des spectacles, et même une vente aux enchères au profit de l’association, en présence de la représentante internationale d’Emmaüs. L’occasion, aussi, d’inaugurer une nouvelle fresque, représentant le village communautaire, le célèbre camion Emmaüs ainsi que le pont de l’Iroise. Des symboles de l’ancrage territorial et de la fierté d’une communauté qui offre une seconde chance à ceux que la vie a cabossés.

Fête des 70 ans de la communauté Emmaüs Brest, sur le site de la communauté, 1, rue Yves-Le Maout, au Relecq-Kerhuon : le samedi 19 septembre, de 18 h à 21 h, inauguration de la fresque murale des 70 ans et spectacle « Murale » par la compagnie Dédale de Clown ; le dimanche 20 septembre, de 10 h à 17 h, table ronde d’échange et d’apport sur des sujets sociétaux liés à l’exil, village associatif solidaire pour découvrir les activités d’entraide et de solidarité, restauration et animations musicales. Entrée gratuite. Site web de la communauté Emmaüs Brest : emmaus-brest.fr


Lire Les extraits du Dossier « Emmaüs, côté coulisses » consacré aux 70 ans par le quotidien Ouest-France ( 5 articles)

TÉMOIGNAGE. « À Emmaüs, on apprend à être humble » : à Brest, elles sont bénévoles depuis plus de trente ans

Emmaüs, côté coulisses (2/5). Annie L’Eost, 71 ans et Marie-Claude Menez, 80 ans, consacrent deux ou trois après-midi par semaine à la communauté. Ces petites mains forment un des piliers de l’association, installée au Relecq-Kerhuon. Un article signé Lucile Vanweydeveldt dans Ouest France du

Annie L’Eost, 71 ans et Marie-Claude Menez, 80 ans, bénévoles à Emmaüs Brest (Finistère).
Annie L’Eost, 71 ans et Marie-Claude Menez, 80 ans, bénévoles à Emmaüs Brest (Finistère). | OUEST-FRANCE

J’ai 71 ans et ça fait trente-trois ans que je suis là. Ici, à Emmaüs, on apprend à être humble. Annie L’Eost, bénévole à Brest (Finistère), trie les chaussures avec Marie-Claude Menez, 80 ans. Elle, elle ne se souvient plus trop depuis combien de temps elle consacre du temps à la communauté. Mais cela se compte en décennies. Les deux copines ont une pièce réservée dans ce qu’on appelle le ranch, sur le site du Relecq-Kerhuon. Un bâtiment qui accueillait des compagnons dans le passé, mais qui n’est plus adapté. Dans leur quartier général, elles stockent, trient, étiquettent les paires de chaussures. On ne garde que celles qui sont en bon état, témoigne Annie L’Eost. Les baskets de marque sont mises de côté pour les grandes ventes. Les plus belles valent entre 15 € et 35 €. Les autres prix oscillent entre 2 € et 4 €.

180 bénévoles

Ces deux bénévoles, petites mains de l’association, en ont vu des changements depuis leur arrivée. Au départ, les compagnons étaient essentiellement des hommes qui venaient après un accident de vie : divorce, chômage, alcool. Maintenant, il y a des femmes et des enfants. Des migrants qui viennent d’autres pays. Ils sont issus de 21 nationalités différentes. C’est ça la force de l’association : cette capacité à s’adapter à l’évolution de la société, et à se remettre en question. L’esprit d’ouverture est une condition pour faire partie de l’association qui compte entre 150 et 200 bénévoles selon les périodes. Ils sont 180 aujourd’hui : 120 à Brest, 30 à Plougastel-Daoulas et 30 à Morlaix.
Ce qui motive les deux femmes à venir deux ou trois demi-journées par semaine à Emmaüs, ce sont les relations humaines. Manger ensemble, partager de bons moments, aider et s’engager, disent-elles pêle-mêle. Se rendre utile aussi. Marie-Claude Menez a endossé des responsabilités par le passé. Elle s’est occupée de la trésorerie, a fait partie du conseil d’administration. Mais elle se dit qu’un jour, il faudra lever le pied quand la relève sera là : Je m’inquiète un peu pour la suite car les gens s’investissent moins.

« À deux pas de la mer »

Au fil du temps, l’équipe de salariés s’est étoffée. Ils sont huit : les deux coresponsables, un cuisinier, une assistante sociale, un comptable et trois encadrants techniques. La communauté de Brest se distingue car l’accompagnement des compagnes et compagnons est une priorité, précise Annie. Le lieu de vie est chaleureux, pas loin de la ville en transports en commun, et à deux pas de la mer, avec des espaces verts. Marie-Claude opine du chef : C’est un quartier agréable. D’ailleurs, je n’habite pas loin, ce qui est pratique mais qui n’arrange pas mon mari. Souvent, il me lance : « “Tu vas encore à Emmaüs ?”


« À Brest, je me sens chez moi » : Fathi Belhamra, 36 ans, est compagnon d’Emmaüs

Emmaüs, côté coulisses (4/5). Âgé de 36 ans, il fait partie des 52 compagnes et compagnons logés par la communauté du Relecq-Kerhuon (Finistère). Son projet : trouver un travail stable et un toit. Un article signé Lucile Vanweydeveldt publié dans Ouest France du

Fathi Belhamra, 36 ans, est compagnon d’Emmaüs à Brest (Finistère).
Fathi Belhamra, 36 ans, est compagnon d’Emmaüs à Brest (Finistère). | OUEST-FRANCE

Il est entré à la communauté d’Emmaüs en mars 2025. Je suis très bien accueilli. Les habitants sont ouverts et il y a un bon état d’esprit. Je suis à l’aise. Fathi Belhamra, 36 ans, est compagnon au Relecq-Kerhuon (Finistère). Son travail préféré : aller au domicile des personnes avec le camion pour la ramasse de meubles ou autre objets. Il effectue également les livraisons à domicile, en compagnie du conducteur. On circule dans le territoire de la Métropole et on peut aller jusqu’à Morlaix, explique-t-il. On aide à charger, puis on ramène la cargaison à la communauté. Je fais également de la vente en salle. J’aime bien changer de poste et aller vers les gens. Parfois, les donateurs ont besoin de parler.

« Je me sens chez moi »

Emmaüs lui permet d’avoir un toit et de retrouver une certaine stabilité au sein du collectif : Algérien, je suis en France depuis 2020. J’ai pas mal galéré en faisant des petits boulots plus ou moins bien payés. Je suis passé par Lyon mais là-bas, c’est compliqué de se loger quand on n’a pas une fiche de paie. À Brest, je me sens chez moi. Je viens d’avoir mon titre de séjour.
Son projet : trouver un travail stable, puis un logement. Je multiplie les contacts à l’extérieur. Je prends les transports en commun ou une trottinette électrique pour me déplacer. On n’est pas loin du centre-ville : c’est plus facile pour faire des démarches.

« Un tremplin vers l’avenir »

Le midi et le soir, il peut retrouver les 52 compagnes et compagnons dans l’espace de restauration où sont partagés les repas collectifs. Tous sont logés dans des chambres individuelles. Le site comprend également une salle de sport, deux laveries, une salle de jeux avec des billards, un baby-foot et un terrain de pétanque, des salles dédiée aux cours de français. Le but est de favoriser l’apprentissage et l’intégration linguistique. La communauté emploie huit personnes.

Les salariés les aident avec les papiers, les logements et le travail. Ils sont hébergés et nourris, en échange, ils participent aux ramasses, mais aussi à d’autres tâches du site. Une manière de se reconstruire. Pour Fathi Belhamra, c’est une chance : Emmaüs, c’est un tremplin vers l’avenir. Les bénévoles sont bienveillants. Je ne suis pas encore prêt à sortir et mener ma vie de manière autonome… Mais j’espère que ça viendra.


Fresque, village associatif, slow park, concerts… La communauté d’Emmaüs de Brest fête ses 70 ans

Emmaüs, côté coulisses (5/5). Les 19 et 20 septembre 2026, la communauté organise une série d’animations sur le site du Relecq-Kerhuon. Tout est gratuit. Un article signé Lucile Vanweydeveldt publié dans Ouest France du 

La communauté d’Emmaüs de Brest (Finistère) fête ses 70 ans les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026.
La communauté d’Emmaüs de Brest (Finistère) fête ses 70 ans les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026. | OUEST-FRANCE

« 70 ans de vivre ensemble, c’est possible et on l’a fait », clame le slogan sur le flyer publié à l’occasion de la date anniversaire. La communauté d’Emmaüs de Brest (Finistère) fête ses 70 ans, les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026. Une série d’animations sont organisées sur le site situé rue Yves-Le-Maout au Relecq-Kerhuon. Un événement ouvert aux 180 bénévoles, aux 52 compagnes et compagnons et au grand public. Tout est gratuit.

Fête foraine pour escargot

Le samedi 19 septembre, les festivités démarreront à 18 h avec un accueil en chansons et un mot de bienvenue. Puis ce sera l’occasion de découvrir la fresque réalisée par les compagnes et compagnons sous la direction artistique de Nazeem et Marco, artistes graffeurs. Le duo est connu sur la scène locale. Ils organisent régulièrement des ateliers artistiques avec des jeunes ou des structures locales. À 19 h 30, un spectacle Muraï, de la compagnie de théâtre Dédale de clown, sera donné jusqu’à 21 h.
Le dimanche 20 septembre, de 10 h à 17 h, un village des associations locales et nationales est organisé. L’artiste plasticien Étienne Cadoret installera un « slow park », fête foraine pour escargot.
À 10 h 30, une table ronde sur le thème, « Accueillir et prendre soin à Emmaüs », sera animée par Pauline Gaullier, sociologue urbaniste, et Christophe Mugnier, psychologue. Un buffet des 70 ans sera ouvert à tous à 12 h 30, avec participation libre, animations musicales, fanfares et bagadoù.

Pour clôturer la journée, une photo des 70 ans, vue du ciel, sera faite à 16 h.


Lire La Gazette spécialement consacrée aux 70 ans de La Communauté , C’est par ici …

Vous y retrouverez notamment le texte écrit par Marcos, compagnon :

« 70 ans face au même horizon.
Une méditation sur le temps, la mer et ce qui demeure.
Il existe des villes où le temps se mesure en heures.
À Le Relecq-Kerhuon, il se mesure aussi au rythme des marées.
Deux fois par jour, la mer revient.
Deux fois par jour, elle se retire.
Elle accomplit ce même mouvement depuis 1956.
Et elle continuera de le faire lorsque nous ne serons plus là.
Pendant ce temps, la pluie continue de tomber avec cette patience si bretonne,
qui n’a pas besoin d’orage pour imposer sa présence.
Le vent connaît toujours le chemin.
Le sel de l’Atlantique continue de se déposer sur les vitres, les arbres et les pierres.
Tout semble changer.


Et pourtant, quelque chose résiste au temps.

Il y a soixante-dix ans, sous ce même ciel, quelqu’un a ouvert une porte sans imaginer que ce geste
si ordinaire traverserait les décennies.
Il ne cherchait pas à écrire l’Histoire.
Il ouvrait simplement une porte.
Parce que c’était un jour comme les autres.
Et peut-être est-ce ainsi que naissent les histoires qui demeurent.
Ni dans les grands discours.
Ni dans les photographies.
Ni dans les anniversaires.
Mais parce qu’un matin ordinaire, quelqu’un décide d’ouvrir une porte une fois de plus.

Nous vivons convaincus que l’Histoire est faite de dates.

Pourtant, elle naît rarement d’une date.
Elle naît d’une habitude.
D’un geste répété.
D’un travail qui recommence lorsque plus personne ne regarde.
Les dates viennent ensuite.
Bien plus tard.
D’abord vient le lundi.
Puis le mardi.
Ensuite le mercredi.
Et presque sans nous en rendre compte, les jours deviennent des années.
Et les années finissent par devenir une mémoire.

C’est peut-être cela, le plus extraordinaire dans le fait d’avoir soixante-dix ans.

Non pas le chiffre.
Mais tout ce que ce chiffre ne peut plus raconter.
Les hivers froids.
Les matins de vent.
Les après-midi de chaleur.
Les portes ouvertes avant l’aube.
Les pas qui ont parcouru le même chemin sans jamais savoir qu’ils faisaient partie d’une histoire infiniment plus grande qu’eux-mêmes.
Car aucune communauté ne naît grande.

Aucune communauté n’atteint soixante-dix ans d’un seul élan.

Elle se construit comme la mer façonne le littoral.
Sans hâte.
Sans bruit.
Jour après jour.
Marée après marée.
Jusqu’au jour où quelqu’un se retourne et comprend que le temps, lui aussi, sait bâtir.
C’est peut-être pour cela que l’horizon nous émeut tant.
Parce qu’il n’essaie jamais d’arrêter le temps.
Il nous rappelle simplement qu’il existe toujours un lendemain.
Et que pendant que nous changeons, lui demeure là, immuable, silencieux, dans l’attente d’une  nouvelle aube. »