La FIFA et Trump ont réussi à introduire la géopolitique dans le foot !

C’est un scandale qui fera date. En plein Mondial, Donald Trump intervient, en décrochant son téléphone, pour faire lever une suspension de match concernant son attaquant star, Folarin Balogun… et obtient rapidement gain de cause. Un épisode « qui va dans le sens de ce que fait la Fifa depuis sa création », explique Lukas Aubin, spécialiste de la géopolitique et du sport à l’IRIS

« Il y a toujours eu, poursuit l’expert, des collusions entre les dirigeants de la Fifa et les pays hôtes ». Explication dans cette vidéo de 4’21 » ( Le Parisien du 8 juillet 2026 ).


Le billet de l’écrivain Hervé Hamon : « Le sport, c’est très très important. Et je n’ai qu’un signal à donner : pas touche. Mais lisez plutôt, cela s’appelle « L’ombre du doute » :

« J’aime le foot. Je n’aime pas les nationalismes, le culte des héros extraterrestres, les drapeaux, l’avalanche des superlatifs, les milliards de dollars qui pleuvent. N’empêche, j’aime le foot.
J’aime le carnaval des supporters, j’aime l’incroyable rumeur des stades, j’aime le partage de l’enthousiasme, l’oubli ˗ pas dupe ˗ des classes sociales. Et surtout le jeu. Le ballon qui coulisse grâce aux ailiers, les piliers de la défense, les voltigeurs à l’avant, la détente formidable des goals. Et encore les buts, qui sont toujours une surprise, parfois un miracle, qui peuvent survenir à la dernière minute, à la dernière seconde. J’aime le visage du passeur décisif, du buteur, qui semble frappé par la grâce, qui s’en remet à tous les dieux et à tous les diables.

Mais je n’aime pas Gianni Infantino. Qui a inventé des règles brouillonnes. Qui a imposé la VAR, le contrôle numérique qui crée plus d’ambiguïté qu’il n’en corrige. Qui a inventé les « pauses fraîcheur » qui cassent le jeu et permettent d’intercaler, en plein match, une pub pour MacDo. Qui est prêt à faire jouer les joueurs aux heures les plus chaudes parce que ce sont les plus rentables pour les créneaux télé.

Infantino, par sa collusion avec Trump, a réussi le mariage de la mafia du foot et de la mafia politique. Il attribue au génial winner un prix mondial de la paix où la FIFA n’a que faire. Il obéit aux ordres du patron des patrons pour annuler le carton rouge du meilleur buteur yankee ˗ bravo les Belges, qui ont infligé à l’équipe la plus puissante du monde du pays le plus puissant du monde conduit par le surhomme le plus puissant du monde ce qu’il faut bien nommer une branlée magistrale. Honte sur les tricheurs, les maquignons, les aigrefins, les corrompus, les magouilleurs qui se drapent dans le culte du Sport avec majuscule.

Mais il y a plus grave. Ce qui s’est passé entre Infantino et son complice Donald n’est pas seulement une entorse, une bévue, un pas de côté. Leur collusion jette sur l’ensemble de la fête le poison du soupçon. L’Angleterre a-t-elle été favorisée par rapport au Mexique parce que le Mexique est une nation résistante, coriace, qui se permet de soutenir Cuba et d’accueillir les investisseurs chinois ? L’arbitrage insensé de la rencontre entre Français et Paraguayens n’était-il qu’une erreur, que dis-je ?, une faute de casting ? L’Égypte, carrément maltraitée contre l’Argentine, est-ce le point de vue de l’arbitre ˗ être humain, faillible comme tout être humain ˗, ou bien le souci de pousser l’Argentine de Milei, si docile, si alignée ?
Infantino et compagnie ont réussi à introduire la géopolitique dans ce qui lui est, en principe, étranger, à nourrir tous les complotismes. Et ça, c’est un crime contre la fête, un crime contre le rêve. J’aime le foot, mais débarrassons-nous de la FIFA. Carton écarlate, le monde entier est d’accord là-dessus. »

Lire Hervé Hamon par ailleurs sur PrendreParti, à propos de son amour pour le foot …

Le foot peut parfois aller très loin …