Dès sa prise de fonctions, le nouveau Président chilien José Antonio Kast a lancé la construction d’un mur à la frontière péruvienne pour lutter contre l’immigration irrégulière. Pressé de mettre en œuvre sa promesse de campagne, il a inauguré le chantier qui devrait s’étendre sur environ 500 km et dont le coût total n’a pas encore été chiffré par le gouvernement …
Pour l’instant, des tranchées de trois mètres de profondeur ont été creusées en plein désert, dans le nord du pays. Mais ce n’est qu’un début. Dans les mois à venir, des murs de barbelés et un système de surveillance qui prévoit des caméras infrarouges, détecteurs de mouvements, drones et radars sera installé.
La présence permanente des forces de police est requise pendant la durée des travaux. Et à terme, la surveillance sera confiée à l’armée chilienne. Le coût total de ce dispositif, qui devrait s’étendre sur environ 500 km, n’a pas encore été chiffré par le gouvernement.
En 2022, le Chili avait déjà creusé des tranchées similaires pour freiner, cette fois-ci l’immigration en provenance de la Bolivie, son voisin au nord-est. Aujourd’hui, selon les estimations officielles, environ 337 000 étrangers vivent en situation irrégulière au Chili. Malgré une augmentation des crimes violents depuis 2015, le Chili reste l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, avec un taux d’homicides de 5,4 homicides pour 100 000 habitants en 2025.
Chili: les tranchées anti-migrants de Kast divisent à la frontière avec le Pérou
Dans le désert du nord du Chili, à la frontière avec le Pérou, les tranchées creusées pour freiner l’immigration irrégulière, mesure phare du nouveau président d’extrême droite José Antonio Kast, divisent habitants et commerçants. Un article publié par Le Courrier International avec l’AFP le 18/03/2026…

Dans le désert du nord du Chili, à la frontière avec le Pérou, les tranchées creusées pour freiner l’immigration irrégulière, mesure phare du nouveau président d’extrême droite José Antonio Kast, divisent habitants et commerçants.
« Est-ce que cela va donner des résultats? » s’interroge Manuel Pérez, un Chilien de 50 ans dans la ville péruvienne frontalière de Tacna. « La frontière s’étend sur des centaines de kilomètres et j’ai le sentiment qu’une tranchée ne réglera pas le problème de fond de l’immigration », ajoute-t-il.
Le projet de « bouclier frontalier » de José Antonio Kast prévoit la construction de « barrières physiques » sur près de 500 kilomètres dans trois régions du nord du Chili, aux frontières avec le Pérou et la Bolivie. Les travaux ont débuté mardi à Arica par le creusement d’une tranchée de trois mètres de profondeur.
« Très radicale » –
Dans cette zone de passage intense, où le commerce transfrontalier fait vivre une partie de la population, certains redoutent aussi un coup d’arrêt dans les échanges.
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© AFP Le président chilien José Antonio Kast s’adresse à un groupe de soldats près du poste frontière de Chacalluta, à la frontière entre le Chili et le Pérou, le 16 mars 2026 |
« Au moins sur le plan commercial, il faudrait un peu plus de souplesse », plaide Irene Flores, une commerçante péruvienne de 50 ans, chargée de sacs de marchandises à son arrivée au poste frontalier de Chacalluta. Elle craint que des mesures plus strictes ne perturbent la fluidité des échanges.
De nombreux Péruviens se rendent à Arica pour travailler et faire du commerce, tandis que les Chiliens traversent la frontière pour se rendre à Tacna pour y faire des achats ou se soigner à moindre coût.
Sur une place de Tacna, le retraité péruvien Pedro Rosales, 79 ans, juge la mesure « très radicale ».
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© AFP Vue aérienne d’engins de chantier opérant près du poste frontière de Chacalluta, le long de la frontière entre le Chili et le Pérou, le 16 mars 2026 |
Le dispositif prévoit également un renforcement de la présence militaire et des moyens de surveillance, avec drones, capteurs et caméras, notamment aux points sensibles des passages clandestins.
Certains habitants saluent toutefois un signal de fermeté. « La délinquance au Chili est très élevée », juge Angélica Ramirez, une ouvrière minière chilienne de 54 ans, interrogée par l’AFP à Arica. Le gouvernement « doit prendre des mesures plus drastiques », estime-t-elle.
La lutte contre l’immigration irrégulière et la criminalité, promesse centrale de campagne, a porté José Antonio Kast au pouvoir. Une partie de la population associe l’augmentation de la criminalité à l’arrivée de migrants et de groupes criminels comme le gang vénézuélien Tren de Aragua.
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© AFP Des soldats près d’engins de chantier opérant près du poste frontière de Chacalluta, à la frontière entre le Chili et le Pérou, le 16 mars 2026 |
Dans le nord du Chili, des tranchées contre les migrants : « Les bandes criminelles observent déjà le dispositif pour voir comment le détourner »

On ne clôture pas un pays aussi aisément qu’une pelouse. Ces tranchées ont été voulues par José Antonio Kast, qui a promis de faire rugir « les pelleteuses pour bâtir un Chili souverain ». Ces ouvrages doivent couvrir au total 60 kilomètres, considérés comme particulièrement vulnérables. Ils symbolisent sa politique contre l’immigration irrégulière, qu’il relie à la délinquance. Suite de l’article réservée aux abonné(es) du quotidien Le Monde …



