La chanson de Bernard Lavilliers « Les Mains d’Or « interdite aux enfants des écoles de Commentry (Allier) ? L’éducation nationale a osé, avant de nuancer sa position. Bernard Lavilliers réagit à cet imbroglio dans le quotidien L’Humanité. Le chanteur ne comprend pas une telle polémique et entend venir à Commentry soutenir les salariés de l’usine d’Erasteel menacée de fermeture …« Travailler encore » de Bernard Lavilliers ? Une vidéo de 5’43″, d’acier rouge et de mains d’or …
Interdiction de chanter « Les Mains d’or » dans l’Allier : « Je vais tout faire pour venir les soutenir », promet Bernard Lavilliers
Des écoliers se sont vus interdire de chanter la chanson emblématique de Bernard Lavilliers en soutien aux salariés de l’usine d’Erasteel à Commentry, dans l’Allier, menacée de fermeture. L’artiste réagit. Un article signé dans L’Humanité du 12 février 2026 …

Comment réagissez-vous aux accusations de prosélytisme formulées contre les Mains d’or par l’académie de Montluçon ?
J’ai été très surpris, à travers cette chanson, d’être traité de prosélyte. On a réagi très vite en demandant à l’éducation nationale ce que ça signifiait exactement. De quoi ont-ils eu peur ? Qu’il y ait tout à coup une révolution dans l’Allier ? La lettre qu’ils ont envoyée est très précautionneuse et ne dit pas grandchose.
Ce n’est quand même pas un brûlot révolutionnaire ! C’est une chanson sensible sur une affaire sensible : le licenciement de gens, hommes ou femmes, qui se sentent inutiles. Je me suis permis d’écrire cette chanson parce que je connais bien le milieu de l’acier. J’ai travaillé dedans. J’avais des amis qui se faisaient licencier dans la vallée de la Fensch ( Moselle), chez Arcelormittal, autrefois les de Wendel, les princes de l’acier. J’ai été souvent dans les cours d’usine pour chanter. Ça me touche d’autant plus que je connais vraiment les 3-8, le métier, et ce que ça représente. Et l’honneur aussi de ces ouvriers là. Les Mains d’or, c’était une façon de les honorer.
Comment expliquez-vous la postérité de cette chanson ?
Des professeurs des écoles, parfois très jeunes, leur apprennent des chansons, dont celle-là. Et il y a les chorales. Les grandes chorales, comme à Troyes ( Aube) ou en Lorraine. C’est une chanson de chorale. Dans les chorales amateures, où il y a là 800, parfois 1 000 personnes, les gens travaillent pendant une année pour venir chanter dans des festivals. Je respecte cet engagement, parce qu’ils ont un boulot et, en plus, ils répètent de manière exigeante. Les choeurs sont souvent complexes, et c’est populaire, comme les harmonies. J’y participe dès que je peux.
À Commentry, les syndicats ont monté seuls un projet de reprise de l’activité industrielle, pour « travailler encore ». Qu’est-ce que ça vous inspire ?
Comme les gens de Lip, à l’époque, qui avait monté un projet alternatif. Et même ceux de Florange, totalement ignorés par Mittal. Dans le refrain, il ne veut pas finir comme un anonyme au chômage et devenir petit à petit dépressif. Pour cette raison, c’est une chanson de lutte, une sorte d’hymne, comme me le disaient les Lorrains. Ils en avaient d’ailleurs fait une autre version, plus cocasse. Il y a eu plein de textes improvisés par des ouvriers sur cette mélodie de Pascal Arroyo, mon bassiste. C’est une chanson vraiment vivante, plastique. Elle s’est souvent transformée et ils y ont mis des choses personnelles. C’est très émouvant.
Si vous aviez un message à adresser aux salariés, quel serait-il ?
Je leur dirais de tenir le coup. C’est le message que j’envoie dans ma chanson. Pour l’instant, ils n’occupent pas l’usine. Ils restent assez élégants. Je vais tout faire pour venir les soutenir le 28 mars, comme je l’ai souvent fait chez les Lorrains et dans beaucoup d’usines occupées.
Extraits d’un article signé dans L’Humanité du 12 février 2026 …
Chanter « Les Mains d’or » : une atteinte à la laïcité ?
Jugée trop politisée, une chanson de Bernard Lavilliers interdite de classe ?
L’émoi peine à retomber à Commentry (Allier), après la remise en question d’un projet scolaire visant à chanter du Bernard Lavilliers en soutien aux salariés d’Erasteel menacés de licenciement. Extrait d’un article signé Julien Pépinot dans La Montagne du 12 février 2026 …

Les écoliers de Commentry pourront-ils chanter en soutien aux 190 salariés menacés d’un plan social à l’usine Erasteel, spécialisée dans l’aciérie ? Depuis plusieurs jours, la question agite cette commune de l’Allier, déjà affectée par la quasi-fermeture annoncée de son entreprise phare.
À l’origine de cet émoi, une remise en question de la part de l’Inspection académique. Le projet scolaire consistant à reprendre Les Mains d’or de Bernard Lavilliers, un titre qui raconte l’histoire d’un sidérurgiste licencié, « porterait atteinte à la laïcité et serait du prosélytisme », résume la section locale de FSU, très surprise de l’affaire reprise au niveau national.
