L’humoriste Aymeric Lompret, figure de Radio Nova, dénonce les « violences » de CRS en marge d’une fête au festival Chalon dans la rue ce dimanche 26 juillet.
L’humoriste Aymeric Lompret, figure de Radio Nova, dénonce les « violences » de CRS en marge d’une fête au Festival « Chalon dans la rue » ce dimanche 26 juillet.

Une nuit sous tension à Chalon-sur-Saône. L’humoriste Aymeric Lompret, figure de Radio Nova et de l’émission La Dernière, a dénoncé les « violences » de CRS subies à l’occasion d’une soirée organisée ce dimanche 26 juillet par le collectif, La Méandre, en marge du festival Chalon dans la rue.


« Le dernier jour du festival, une fête tolérée a été organisée par le collectif [La Méandre] dans leurs locaux. On y était nombreux.ses et c’était super. Jusqu’à ce que la police puis 15 camions de CRS nous rejoignent et là c’était carrément moins festif »,
raconte l’humoriste sur son compte Instagram ce mercredi 29 juillet, sur lequel il est très suivi (567 000 abonnés).
« Ils se sont mis à nous encercler puis à nous courir après (gaz, matraques, insultes). Et eux ils avaient dormi et ils s’entrainent toute l’année. Donc 1 – 0 pour les bleus », poursuit Aymeric Lompret, dénonçant une charge « d’une violence qu’[il] n’avait jamais vu. »

Une soirée organisée chaque année

Les organisateurs de la soirée, le collectif La Méandre, font un récit similaire de la fin de soirée. « Dimanche soir lors d’une fête de soutien au Collectif La Méandre dans nos hangars en bord de Saône, un cordon de la police nationale a coupé l’accès en créant une zone de tension aux alentours de 1h30 du matin. Après l’arrivée de 15 camions de la CRS 83 […] et un temps de temporisation et de négociation, nous avons invité le public à quitter les lieux dans le calme aux alentours de 4h30 du matin », expliquent les organisateurs sur leur compte Instagram.

Auprès du Journal de Saône-et-Loire (JSL), une organisatrice restée anonyme ajoute « qu’il s’agit d’une soirée que nous organisons traditionnellement à chaque fin de ’Chalon dans la rue’ et pour laquelle la direction du festival était informée ».

« Pourtant, quelques minutes après l’évacuation totale du public, une partie des CRS sont intervenus sur le quai sans plus aucune possibilité de dialogue et sans sommation nous forçant à nous réfugier dans nos hangars et ont chargé, violenté et tenté d’arrêter les derniers membres du collectif présents sur le quai qui prenaient en charge une personne qui était en difficulté », poursuit le collectif La Méandre sur Instagram.

La préfecture mentionne des « groupes hostiles »

Également dans Le Journal de Saône-et-Loire, la sous-préfecture de Chalon confirme et justifie l’intervention policière à cette soirée, « interdite comme les autres rassemblements musicaux en marge du festival ’Chalon’ dans la rue, par arrêté préfectoral ». Elle explique que les CRS sont intervenus pour faire cesser la fête et faire évacuer les lieux jugés dangereux, car situés proches de la Saône.

D’autres éléments ont été apportés par la préfecture de Saône-et-Loire dans un communiqué publié ce mardi 28 juillet, cité par le JSL. « Au moment des constatations, environ 500 personnes se trouvaient à l’intérieur du site, tandis qu’environ 1 500 personnes supplémentaires se tenaient à l’extérieur et tentaient d’y accéder », expliquent-ils.

« Si les organisateurs ont accepté d’interrompre l’évènement et d’évacuer les participants, des groupes hostiles se sont opposés à cette évacuation, érigeant des barricades et armés de projectiles lancés sur les forces de l’ordre », poursuit la préfecture, affirmant avoir fait le choix d’intervenir afin de « mettre fin au climat de tension et d’empêcher tout nouvel accès au site ».

« Petit texte premier degré pour dire qu’il va pas falloir s’endormir sur ce qu’il se passe en France. Il est hors de question que dans peu de temps, aller dans une fête avec des lunettes de protection soit monnaie courante. Une fête c’est avec des lunettes ananas et des paillettes », conclut Aymeric Lompret dans son post Instagram, en faisant écho aux débats récents sur la place de la fête en France et l’adoption le 21 juillet dernier de la loi Ripost instaurant une répression accrue des free parties.


A Chalon-sur-Saône, fin de soirée sous tension au port Nord pour La Méandre : « Les CRS ont chargé »

Une fête organisée par le collectif d’artistes a rassemblé plus d’un millier de personnes dimanche soir en marge du festival Chalon dans la rue. Elle a été dispersée par les forces de l’ordre venues en nombre, renforcées par des CRS.
Un article signe Renaud Lambolez dans Le Journal de Saône et Loire du 27 juil. 2026 …

Menacé par une procédure d’expulsion enclenchée par la Chambre de commerce et d’industrie - gestionnaire du port Nord -, le collectif artistique La Méandre et ses soutiens manifestaient ce samedi après-midi devant les grilles de la sous-préfecture. Plusieurs centaines de personnes, un millier selon un comptage militant, étaient rassemblées.  Photo Axel Matisse
Menacé par une procédure d’expulsion enclenchée par la Chambre de commerce et d’industrie – gestionnaire du port Nord -, le collectif artistique La Méandre et ses soutiens manifestaient ce samedi après-midi devant les grilles de la sous-préfecture. Plusieurs centaines de personnes, un millier selon un comptage militant, étaient rassemblées.  Photo Axel Matisse

La soirée de soutien au collectif de La Méandre, au port Nord, s’est achevée dans la confusion, ce dimanche soir. En marge de la fin du festival Chalon dans la rue, le collectif organisait une fête dans les hangars du port qu’il occupe depuis plusieurs années. Plus d’un millier de personnes ont convergé vers le site pour participer à la soirée et montrer leur soutien au collectif menacé d’expulsion

« Vers 1 h 30, la police est venue bloquer les accès piétons et routiers au site, assure une organisatrice de la soirée, qui souhaite rester anonyme. Il y avait pourtant encore de nombreuses personnes qui souhaitaient rejoindre le port Nord depuis les cours du festival où les soirées se terminaient. »

Pas d’appel à la confrontation, selon le collectif

La jeune femme assure que les organisateurs de la soirée « ont demandé aux participants qui voulaient partir de le faire ». « Il a été clair qu’il n’y a pas eu d’appel à la confrontation avec les forces de l’ordre, mais au contraire d’être calme. »
Pourtant, la tension est encore montée d’un cran lorsque plusieurs fourgons de CRS, « une quinzaine », selon le collectif, sont apparus sur les abords du port et des hangars. « Ils nous ont dit que nous avions trente minutes pour couper le son et partir », reprend l’organisatrice. « Une grosse partie des participants est partie en ville, mais alors qu’il restait entre 100 et 150 personnes, les CRS ont chargé, matraqué et ont fait usage de gaz lacrymogènes. Il n’y a pourtant pas eu de débordement avant. Rien ne justifiait cette entrée en force des forces de l’ordre dans les locaux et cette violence. »

« Cela ne s’est jamais terminé comme cela »

Du côté des forces de l’ordre, on confirme la présence et l’intervention des CRS lors de la soirée, « interdite comme les autres rassemblements musicaux en marge du festival Chalon dans la rue, par arrêté préfectoral », rappelle la sous-préfecture de Chalon. Les CRS sont intervenus pour faire cesser la musique et la fête et faire évacuer les lieux jugés dangereux de par la proximité de la Saône et du pont de Bourgogne.

D’après plusieurs témoins qui ont contacté Le JSL, l’intervention policière ne s’est pas limitée qu’au port Nord. Des gaz lacrymogènes auraient été tirés à proximité du centre nautique, du camping provisoire ainsi qu’en ville.

« C’est une soirée que nous organisons traditionnellement à chaque fin de Chalon dans la rue et pour laquelle la direction du festival était informée, reprend l’organisatrice, choquée. Durant celle-ci, les années auparavant, il n’y a jamais eu aucun souci. Cela ne s’est jamais terminé comme cela. Est-ce une réponse à la manifestation de samedi [le 25 juillet, dans l’après-midi, une manifestation a été organisée devant les grilles de la sous-préfecture en soutien au collectif, NDLR] ?