Plus de 200 personnes se sont rassemblées le 19 juillet 2026 pour soutenir Joëlle Dambo, crêpière à Gomené dans les Côtes d’Armor. Gagnante de l’émission « Le meilleur de la crêpe », elle est depuis, victime d’injures racistes sur les réseaux sociaux. Elle a porté plainte auprès du Pôle National de Lutte contre la Haine en Ligne et entend se battre pour tous ceux qui subissent la violence raciste …

« Ce n’est pas parce que tu mets une marinière et que tu fais des crêpes que tu es bretonne, l’ADN c’est la base ! » « « Meilleur galette de blé « noir » Amusant » ! (NDLR, les fautes sont d’origine)
En participant à l’émission de France 3, Le meilleur de la crêpe, en juin 2026, Joelle Dambo ne s’attendait pas à ce flot de haine. « Ça avait commencé avec le teaser de l’émission où j’avais reçu des remarques racistes », confie-t-elle. Mais après sa victoire, sur les réseaux sociaux, le pire est arrivé : « La honte pour la Bretagne« . La Bretagne et la France sont des pays de race blanche ! »
Les quelques instants de bonheur après son titre ont vite laissé la place à la consternation. Mais la crêpière de Gomené n’est pas du genre à se taire.
#Je ne suis pas un singe
Sur la page Facebook de son restaurant, elle a répondu, coup pour coup, avec un « #je ne suis pas un singe ! » « À vous qui m’avez attaquée, vous qui fantasmez une Bretagne qui n’a jamais existé, vous n’êtes personne. Vous n’êtes rien. Rien d’autre que de pauvres hères, paniquant, détalant et tentant de supprimer vos immondices. »
Et ce dimanche 19 juillet, elle a exceptionnellement éteint ses billigs pour organiser un rassemblement contre la haine et le racisme. En sortant de sa crêperie, elle a découvert les 200 personnes qui étaient venues lui apporter soutien et amitié. « Je suis très émue de vous voir, merci d’être là si nombreux « , a-t-elle lancé en attrapant le mégaphone pour raconter son histoire.
« Depuis 5 semaines maintenant, je suis la cible de propos haineux, racistes et nauséabonds. Ces attaques n’ont pas seulement cherché à me blesser, elles ont cherché à attaquer ce que nous sommes, nous les Bretons, un peuple fier, solidaire, réuni. »
Le blé est noir, pourquoi pas la crêpière ?
Dans le petit bourg de 560 habitants des Côtes d’Armor, des pancartes ont fleuri. « Le blé est noir, pourquoi pas la crêpière ? « Sarrasin jusqu’au bout« , ou « Stop racisme, aimons-nous« .
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« Ce n’est pas possible d’entendre ce genre de choses, Il faut réagir ! s’inquiète une dame. On ne peut pas tenir de tels propos. On est tous ensemble sur terre, et c’est tout ! Il n’y a pas de, toi, t’es comme ci, toi t’es comme ça ! »
Breton d’origine algérienne, Shérif brandit le gwenn ha du au-dessus de sa tête. Sa voix s’étrangle un peu quand il évoque ce qui vient de se passer. « Je trouve ça intolérable. Une femme qui se fait traiter de singe ! Je n’arrive pas à comprendre et je suis très inquiet de la tournure que prennent les évènements. On arrive à une phase critique, cette parole décomplexée n’est plus tolérable. Il suffit d’aller se balader sur les réseaux sociaux, on est vraiment au bord du gouffre. »
« La Bretagne, ce n’est pas ça, poursuit-il, la France ce n’est pas ça ! Si aujourd’hui, on ne réagit pas, on s’assure un triste sort, alors il faut se lever maintenant ! »
Une plainte déposée
Le 11 juillet, Joëlle Dambo a déposé plainte auprès du Pôle National de Lutte contre la Haine en ligne du parquet de Paris pour « mettre un terme au harcèlement raciste et à la haine en ligne que je subis. » « On a des lois dans ce pays, rappelle-t-elle, le racisme est un délit, et il est important de se lever pour le combattre. »
La crêpière entend lutter contre « ces minuscules personnages dont la seule couleur est la couleur sombre de la haine et de l’ignorance. »
« Face à la violence des mots et à l’inacceptable, il y a deux chemins, explique-t-elle. Le premier, c’est celui du silence, du regard détourné, celui de la lâcheté. Le second, c’est celui que nous empruntons aujourd’hui ensemble, c’est le chemin du refus, de la dignité et de l’unité. »
Résister
Quelques personnes prennent à leur tour la parole, évoquent les périodes sombres de notre histoire. « Le racisme c’est le rejet de l’autre au seul motif qu’il est différent. Ici, c’est le rejet d’une personne noire, ailleurs c’est celui des Arabes, des Musulmans, demain ce sera celui des homosexuels, des gens du voyage, des malades mentaux, des non-vaccinés ? Tout cela porte un nom, cela s’appelle le fascisme. »
« Dans les années 30, on avait montré les juifs du doigt, puis on les a envoyés dans des camps d’extermination. Aujourd’hui, comme il y a 80 ans, nous avons le même devoir, résister. »
La crêpière a reçu le soutien d’artistes bretons et de l’humoriste Simon Cojean.
Comme en réponse, Joëlle se redresse et lance sous les applaudissements de la petite foule. » Je ne suis pas un singe ! Je suis Joëlle, la crêpière de Gomené ! Je suis la Bretagne. »
Sur la page Facebook de sa crêperie, elle a posté quelques lignes de Xavier Grall dans lesquelles le poète a tout résumé. « On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer… »
Source : Séverine Breton avec Gilles Le Morvan pour FR3 Bretagne du
« Je ne suis pas un singe, je suis Joëlle Dambo la crêpière » : en Bretagne, 300 personnes mobilisées contre le racisme
Victime d’injures racistes depuis son sacre au concours national de la meilleure galette de blé noir, Joëlle Dambo a reçu le soutien de plus de 300 personnes, dimanche 19 juillet, devant sa crêperie à Gomené (Côtes-d’Armor). Lors d’un rassemblement marqué par l’émotion, la commerçante a dénoncé le racisme et a appelé à l’unité. Un article signé
Il est 14 h 30, ce dimanche 19 juillet, devant la crêperie Le Bar des légendes, à Gomené, près de Loudéac (Côtes-d’Armor). Plus de trois cents personnes sont groupées devant l’entrée de l’établissement. Joëlle Dambo, victime d’injures racistes depuis son sacre au concours national de la meilleure galette de blé noir, arrive devant la foule sur des notes de musique bretonne.
Applaudie, elle prend le micro et remercie les personnes mobilisées. Ça m’a fait chaud au cœur
, confie la crêpière à Ouest-France.
« Ces attaques ne m’ont pas seulement visée »
Devant elle, quelques affiches de soutien : Le blé est noir, pourquoi pas la crêpière ?
. Derrière la foule, des drapeaux bretons flottent. Voilà cinq semaines que je subis des propos haineux, nauséabonds. Il faut dire stop au racisme
, déclare Joëlle Dambo lors de son discours de cinq minutes. Ces attaques n’ont pas seulement cherché à me blesser. Elles ont attaqué ce que nous sommes, nous les Bretons : un peuple fier, solidaire et uni
, poursuit la cheffe de l’établissement, âgée de 51 ans.
Elle affirme qu’elle continuera à se battre avant de conclure : Je ne suis pas un singe, je suis Joëlle, la crêpière de Gomené.
Anicette Jacopin, habitante du village de 550 habitants, s’empare ensuite du micro pour dénoncer les actes haineux, quels qu’ils soient, et conclut : J’ai honte. Pour Joëlle, pour nous, pour Gomené.
Une militante prononce un dernier discours pour dénoncer la montée du racisme dans la société
.
Les élues municipales écartées de la prise de parole
Murielle Lepvraud, députée dans les Côtes-d’Armor, et Paul Molac, député du Morbihan, ainsi que deux élues de la commune, étaient présents au rassemblement. Les élues municipales ont souhaité prendre la parole. On voulait dire qu’on était désolés de ce qu’elle avait vécu
, confie Françoise Bouckaert.
Joëlle Dambo a refusé sa prise de parole. Je leur ai fait savoir que le conseil municipal avait eu tout le loisir de s’exprimer avant
, livre-t-elle à Ouest-France. Pour autant, la commerçante se dit ouverte à la discussion.
A propos d’insultes racistes, lire par ailleurs sur PrendreParti ce triste épisode de mai 2025 …
De nouveaux messages racistes visent de jeunes musiciens bretons …
