Pourquoi la cantine du Fourneau des Capucins de Brest s’appelle « La Gueule d’Or » …

Au milieu des années 80, au Relecq-Kerhuon, des citoyens militants de l’éducation populaire  rencontrent des artistes pionniers du mouvement du théâtre de rue …  C’est le début de toute une histoire qui donnera en particulier naissance, au « Fourneau du Port de  Brest ». Le 12 juin 2026 à 19H33, étaient inaugurés au coeur des Ateliers des Capucins, les nouveaux locaux du Fourneau et de sa « Gueule d’Or »…

Photo symbolique devant « La Gueule d’Or », le nom donné à la cantine du nouveau Fourneau des Capucins . De gauche à droite : Claude et Françoise (Morizur) , Jean Pierre ( Marcos), Michèle ( Bosseur) et Sylviane ( Fessier Marcos). Photo : Jacques Nicolas

Savoir d’où nous venons … Si « Le Fourneau » doit son nom à la cantine ouvrière de la Pyrotechnie St Nicolas  du Relecq-Kerhuon, la cantine « La Gueule d’or » du Fourneau des Capucins doit le sien au Restaurant de  L’Arsenal de Brest, là où tant de langues se déliaient à l’heure du repas, là où tant d’histoires se racontaient … Hommage à celles et ceux qui nous ont précédés en ces lieux de travail ô combien bruyants ! Une histoire de cultures et de cantines ouvrières que le quotidien Le Télégramme a tenu à rappeler …

Le Fourneau à Brest, toute une histoire !

Le Fourneau, c’est toute une histoire née de la passion du duo Claude Morizur-Michèle Bosseur. Retour sur cette aventure née… au XXe siècle en trois questions. Un article signé Patrice Le Nen dans Le Télégramme du

Le Centre d’art Le Fourneau, sur le port de Brest, a vécu. Il faudra désormais se rendre aux Capucins.
Le Centre d’art Le Fourneau, sur le port de Brest, a vécu. Il faudra désormais se rendre aux Capucins. (Photo d’archives Le Télégramme/Juliette Cellier)

1 Pourquoi le lieu s’appelle-t-il Le Fourneau ?

C’est sous l’ère de Napoléon III que les « fourneaux économiques » sont créés. Ils visaient à venir en aide aux indigents et aux ouvriers, avec des distributions de repas à moindre coût. Des restaurants hard discount, en un mot. Une façon aussi, de lutter contre l’alcoolisme qui gangrenait l’univers ouvrier en France. Claude Morizur, l’un des créateurs du Fourneau est à l’origine du nom. Se souvenant de son grand-père qui, de retour le soir de la pyrotechnie de Saint-Nicolas au Relecq-Kerhuon, racontait ce qui se disait le midi au « Fourneau », il en a mythifié l’histoire. Une façon aussi de donner au Centre d’art cette couleur populaire qui lui tenait à cœur.

2 Qui est à l’origine de ce lieu ?

Ils s’appellent Michèle Bosseur et Claude Morizur. Instituteurs de métier, ils s’investissent dans la relance d’un Patronage laïque du Relecq-Kerhuon moribond. On retrouve leurs pattes dans l’événement La tête et les mains, en 1982, centré sur l’artisanat d’art, qui évolue un an plus tard vers les arts de la rue. L’année 1988 marque un virage..

Le duo rencontre la troupe Oposito et, un an plus tard, lance le festival d’arts de rue brestois Grains de folie.

En 1993, il devient urgent de trouver un lieu idoine pour la création. Ils jettent leur dévolu sur un vieux hangar à charbon situé au port de co’, au 6 de la rue de Bassam. Le Fourneau s’allume officiellement le 11 novembre 1994, 120 artistes sont présents. À 6 h du matin, les spectateurs présents sont face à deux structures géantes de bidons qui s’effondrent, laissant apparaître les portes du site. Trois ans plus tard, la structure déménage dans le désormais célèbre bâtiment bleu.

3 Quelques dates importantes de la vie du Fourneau ?

C’est le 1er janvier 1998, à 0 h 01 très précisément que le Net voit l’apparition du site www.lefourneau.com. Mieux, il est le premier site web français consacré aux arts de la rue. Cette entrée dans le numérique n’est pas uniquement décidée par souci de modernité. En effet, en 1997, la vétusté du hangar oblige la structure à quitter les lieux. En attendant de rejoindre le nouveau hangar, il s’agit de trouver un espace où poursuivre les activités et d’offrir aux compagnies un espace où se faire connaître.

Deux ans plus tard, le Fourneau obtient le label « Scène conventionnée ». Une première en France pour une structure axée sur les arts de la rue, faisant du Fourneau la première fabrique des arts de la rue à recevoir ce label en France. C’est en 2005 qu’il devient un Centre National des Arts de la Rue (Cnar), titre décerné par le ministère de la Culture.

Extrait d’un article de Patrice Le Nen dans Le Télégramme du

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