A quoi pourrait ressembler la France en 2100 ?

Et si penser la France de demain ne menait pas à la fin de l’histoire, mais au contraire au début d’une nouvelle histoire ? C’est un voyage imaginaire auquel nous convie le réalisateur Michaël Pitiot dans la France de 2100. Comment le réchauffement climatique va-t-il redessiner nos paysages et nos villes à l’horizon 2100 ? Un récit d’anticipation certes utopique mais qui a le mérite de poser de bonnes questions …

La Bande-annonce d’une soirée spéciale proposée le 27 janvier 2026 par France 2 … ( Durée 45″) 

Le documentaire « La France, il était une fois demain »

Le documentaire intégral de 1H23′ à retrouver sur France TV par ici  jusqu’au 02/08/2026 … 

La France, comme le reste du monde, connaît le réchauffement climatique, la montée des eaux et bientôt un épuisement des ressources naturelles. Cette énumération alimente la peur du lendemain pour toutes les générations. Et si penser la France de demain ne menait pas à la fin de l’histoire, mais au contraire au début d’une nouvelle histoire ? Ce voyage imaginaire mais documenté donne à imaginer la France de 2100, à la recherche de ce qui pourrait changer en Normandie et dans le Pas-de-Calais avec la montée des eaux, de la manière de réinventer l’agriculture dans la Beauce, de s’adapter à la fonte des glaciers alpins et de vivre avec l’aridification en Occitanie. Réalisé par Michaël Pitiot …


 … suivi d’un second documentaire « Le pourquoi du comment » tourné dans les coulisses du tournage 

Un documentaire de 52′ à retrouver sur France TV par ici jusqu’au 31/10/2026 …

Michaël Pitiot, réalisateur du documentaire « France, il était une fois demain », retrace la genèse de son film. A quoi pourrait ressembler une France désirable en 2100 ? Comment répondre aux enjeux du réchauffement climatique et de la crise des ressources tout en préservant un certain art de vivre? Dans cette aventure à la frontière entre la science et le cinéma, le réalisateur embarque le téléspectateur dans un voyage intime et engagé, en France et aux quatre coins du monde, pour trouver les réponses à ces questions essentielles. Du désert californien aux immenses forêts du Brésil, du Mont-Saint-Michel à Marseille en passant par Carcassonne et Paris, ce film est l’occasion de découvrir les secrets de fabrication de ce grand spectacle documentaire, entre effets spéciaux et images aériennes époustouflantes. Réalisé par : Eden Shavit .


Un article de présentation publié le 27 janvier 2026 par France Inter …

Le programme du soir débute avec une image étonnante : une palmeraie au pied du Mont Saint-Michel ! Puis, on découvre la côte au pied des falaises d’Étretat totalement redessinée. Ou encore des parcelles agricoles sur les Champs-Élysées et une mangrove en Camargue. Nous sommes en 2100, le changement climatique a bouleversé nos paysages.
A Carcassonne, on s’adapte comme on peut aux températures : « La ville prendrait une allure d’oasis. Des double-toitures et des terrasses végétalisées pourraient protéger les maisons du rayonnement. Sur les façades exposées au sud, on pourrait revenir à des matériaux qui respirent. Bien ventilée, la pierre emmagasine la fraîcheur la nuit, et la restitue le jour ». Voilà quelques exemples des solutions évoquées pour continuer à vivre dans la cité écrasée par la chaleur, images à l’appui !
Ces séquences n’ont pas été réalisées grâce à l’intelligence artificielle ! Il s’agit en fait de la superposition de deux images réelles. Une du paysage d’aujourd’hui, le Mont Saint-Michel par exemple. Et une autre qui pourrait être le décor du futur, mais qui existe déjà sous d’autres tropiques. Cette palmeraie, par exemple, le réalisateur Michael Pitiot l’a filmée au Brésil. Résultat, en 2100, exit les pommes normandes et vive les noix de coco !

Vision trop utopique

Un point de vue original et déconcertant !  Le documentaire s’efforce d’imaginer à quoi ressembleront l’agriculture, l’industrie, les transports, l’énergie, nos villes… en 2100 mais à travers un discours utopique, ultrapositif. Trop positif. Un journaliste rencontré au Brésil fait d’ailleurs cette remarque à Michael Pitiot : « T’as pas peur que ce soit interprété comme un discours assez idyllique finalement, alors que ce n’est pas forcément le chemin que l’on est en train de prendre ? » Réponse du réalisateur : « Il faut qu’on emmène les gens dans quelque chose qui les attire, qui leur donne envie, qui soit beau. C’est ça, le vrai pari de ce genre de film. C’est d’aller chercher un public qui n’est pas sensible à ce sujet ».
Cet échange est extrait d’un deuxième documentaire sur les coulisses du film et qui est, selon nous, bien plus intéressant. Il donne la parole aux scientifiques, aux historiens qui ont permis de penser ces paysages de demain. Parce qu’il s’agit bien d’un travail rigoureux, scientifique, et pas d’un délire cinématographique.

En 2100, devant le château de Chambord, par exemple, une orangeraie pourrait pousser. Explication avec l’ingénieur agricole Serge Zaka : « Avoir des oranges à Chambord, je dirai que maintenant, en 2025, c’est peut-être curieux de le montrer comme ça. Il fait trop froid en hiver. Par contre, avec le changement climatique, on aura moins de froid extrême, l’orangeraie pourrait s’adapter du côté de Chambord après 2050, autour des années 2070. »

Ok pour les oranges, mais les intervenants n’oublient pas les difficultés auxquelles nous sommes d’ores et déjà confrontés. Pour la journaliste Paloma Moritz, spécialiste du sujet, la grande majorité des personnes est prête à faire des efforts, « si ces efforts sont justes et équitablement répartis ».
L’ingénieur spécialiste technologie et environnement Philippe Bihouix va dans ce sens en affirmant : « Ce n’est pas possible de dire à des gens : tu vas te serrer la ceinture pendant dix ans, le temps qu’on s’adapte ! La tendance, elle va suivre, mais elle va suivre un peu lentement. Il faut que ça crée de l’emploi, de l’emploi de qualité, il faut que ça irrigue les territoires, il faut trouver des solutions pour les gens. Et là aussi, il faut aller chercher de l’innovation. »

En fait, l’avis de ces experts aurait mérité d’être intégré au premier documentaire. Les deux films sont disponibles sur france.tv et petite suggestion : regardez le second avant le premier. Cela paraît étrange mais il explique parfaitement la démarche, louable et extrêmement intéressante, de Michaël Pitiot.