Tristan Rechid propose de redonner un effet de pouvoir aux citoyens …

Engagé dans l’éducation populaire depuis 25 ans, Tristan Rechid avait co-initié la liste collégiale et participative de Saillans en 2014. Il conçoit et anime depuis des dispositifs de démocratie délibérative qui remettent les citoyen.nes  au centre des décisions politiques. Il vient d’éditer chez Actes Sud un livret intitulé « Réanimer la démocratie. Des assemblées populaires face à l’autoritarisme » et répond aux questions de BAST!

« Faire délibérer les citoyens est une manière de lutter contre les dérives autoritaristes et fascistes »

  Un entretien, signé Barnabé Binctin publié par BAST! le

Tristan Rechid est l’un des penseurs et promoteurs des assemblées citoyennes délibératives et de la (réelle) démocratie participative. © Ulysse Lefebvre / Hans Lucas

Ancien directeur d’un centre social, engagé dans l’éducation populaire depuis vingt-cinq ans, Tristan Rechid fut l’une des chevilles ouvrières du « laboratoire de démocratie participative » mis en place à Saillans, petite commune de la Drôme, après la victoire d’une liste citoyenne aux élections municipales de 2014. Depuis, Tristan Rechid parcourt la France pour promouvoir ces dispositifs de démocratie délibérative qui visent à remettre les citoyens et les citoyennes au cœur du jeu politique. Un plaidoyer qu’il défend dans Réanimer la démocratie. Des assemblées populaires face à l’autoritarisme, qui vient de paraître (Actes Sud, 2025).

L’occasion de faire le point, à l’approche des prochaines élections municipales. Et alors que le sentiment de défiance vis-à-vis de la démocratie en France atteint des sommets : d’après le « baromètre de la confiance politique » de février 2025, 71 % des sondés estiment que la démocratie française ne fonctionne pas bien.

Basta!  : Vous appelez dans votre livre à « conquérir les communes pour libérer la démocratie ». Pourquoi l’échelon municipal vous paraît-il aujourd’hui le plus approprié pour cela ?

Tristan Rechid : Je crois profondément au « penser global, agir local ». Sur une question comme le dérèglement climatique, à part aller manifester, je me sens très impuissant sur le plan national ou international. Alors qu’à l’échelle municipale, je peux m’engager concrètement pour mettre en place des solutions et des mesures de transition. Si elles ne règleront certes pas le problème dans le monde, elles pourront avoir des impacts au niveau local. Et, surtout, redonner un effet de pouvoir aux citoyens.

Les communes ne sont pas là simplement pour gérer les affaires courantes. Elles sont appelées à faire de la politique au sens noble du terme, à travailler ces questions de transition, de justice, etc. C’est l’endroit d’une possible et véritable égalité politique, au sens historique du terme « démocratie ». Cette égalité ne peut pas se réduire au suffrage universel et au seul principe du « un homme, une voix » pour choisir ses représentants. Elle doit pouvoir permettre à tous les citoyens d’être appelés à gouverner et à gérer les affaires de la Cité. Cela, je ne sais pas vraiment l’imaginer à l’échelle nationale, mais je sais construire des modèles d’animation qui le permettent, au niveau municipal.

Comment ?

En remettant les citoyens au cœur du processus décisionnel, et non plus seulement dans de simples instances consultatives, qui ont souvent pour fonction de conforter le système représentatif. C’est ce que je propose à travers des « assemblées de codécision » qui fonctionneraient sur un système de double représentation : d’un côté, la représentation des élus via le suffrage universel, et, de l’autre, celle de citoyens tirés au sort. Le problème, c’est que ce genre de démarche n’est pas vraiment reconnu, pour l’heure, par notre cadre institutionnel.

En 2022, la ville de Poitiers (dirigée par une écologiste avec une alliance de gauche) avait passé une délibération pour instaurer ce qu’elle a appelé une « assemblée citoyenne et populaire », qui visait à associer les habitants, les usagers et les étudiants à l’élaboration des politiques publiques municipales. L’enjeu de cette nouvelle instance expérimentale était qu’elle soit pensée comme autonome pour se saisir d’un sujet, en débattre et voter des propositions qui seraient ainsi soumises au conseil municipal. Or, la préfecture, saisie pour un contrôle de légalité par un élu d’opposition, a fini par juger le dispositif illégal et invalider la disposition qui demandait à rendre obligatoire l’inscription des conclusions de cette assemblée à l’ordre du jour du conseil municipal.

En France, l’initiative doit rester du côté des élus : le code général des collectivités territoriales autorise une collectivité à consulter ses électeurs, mais cette démarche ne peut en aucun cas revêtir un caractère décisionnel. Au mieux, les citoyens peuvent exercer un droit de pétition pour demander l’organisation d’une consultation… On est donc encore très loin du compte.

C’est donc une vraie révolution que vous proposez quant au rôle de l’élu : il ne serait ainsi plus le seul à décider ?

L’autre grand frein à la participation, c’est le sentiment d’illégitimité, et ça, c’est une fabrication culturelle. Quand on est citoyen aujourd’hui, on ne se sent pas légitime à prendre des décisions, parce que celui qui décide, c’est celui qui sait, et celui qui sait, c’est forcément l’élu. C’est une représentation contre laquelle je me bats. D’une part, parce que ce n’est pas vrai : l’élu ne sait pas tout, bien au contraire, il apprend et monte en compétence en permanence. Et d’autre part, parce que c’est une vision tronquée de la construction de l’intérêt général, qui constitue la première mission d’un élu.

L’intérêt général ne peut pas se construire qu’avec des gens qui détiendraient un certain savoir, enfermés à quelques-uns dans leur bureau exécutif, déconnecté de la somme des intérêts particuliers des uns et des autres. Quelle est cette folie qui conduit à penser que, parce qu’on a été élu au suffrage universel, on deviendrait seul légitime à construire l’intérêt général ? Non, l’intérêt général se bâtit toujours sur la base d’une délibération entre l’expression de divergences de points de vue. Le citoyen « novice » ou « candide » est un acteur central dans cette construction, car il a justement cette capacité à changer de point de vue en échangeant, en s’informant, en rencontrant des experts.

C’est le principe même de la délibération que de mettre en présence des gens qui n’ont pas les mêmes intérêts ni une opinion préalable identique, mais qui vont se mettre en capacité d’écoute et de dialogue pour, à la fois, monter en expertise sur un sujet, et, in fine , s’accorder sur une décision commune. Je suis profondément convaincu que, lorsqu’on fait délibérer les gens, en leur permettant de se rencontrer et de nourrir leur réflexion, lorsqu’on crée ces conditions-là, cela tire naturellement les assemblées vers des valeurs plus humanistes. C’est beaucoup plus difficile de basculer vers des idées d’exclusion, de repli sur soi, etc. – ce qui est possible avec un référendum, par exemple, où chacun s’enferme dans son individualisme et décide de « oui » ou « non » depuis son salon. Dans ce cas-là, on ne travaille rien collectivement. Je crois sincèrement que les électeurs du Rassemblement national, on peut les ramener à nos idées en les confrontant à ce genre d’expérience de délibération. C’est une manière de lutter, par essence, contre les dérives autoritaristes et fascistes.

C’était tout le sens de la Convention citoyenne pour le climat, qui fut largement considérée comme une expérience réussie de ce point de vue-là. Pourtant, le tirage au sort continue d’avoir plutôt mauvaise presse, aujourd’hui…

À l’inverse, si l’on s’enferme avec des gens qui sont parfaitement convaincus de leur opinion, sans jamais pouvoir changer de position, il n’y a plus de délibération possible, seulement du marchandage. Donc oui, ce genre de dispositif bouscule profondément le statut et la vision qu’on se fait de l’élu, cela nécessite de convaincre les exécutifs locaux de remettre en cause une partie de leur pouvoir, mais c’est bien le gage d’une vraie démocratie vivante.

Cette démarche participative et délibérative, vous en avez fait l’expérience directe à Saillans (Drôme), après la victoire d’une liste citoyenne en 2014. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui, avec le recul ?

A l’époque, à part les premières expérimentations de la commune d’Ungersheim, en Alsace, [précurseuse en matière de transition énergétique et agricole, ndlr], il n’y avait pas beaucoup de repères en la matière, en France. Il y a donc peut-être eu quelque chose d’un peu brouillon dans le foisonnement de réunions et d’ateliers que l’on a mis en place à destination de la population. Ce qui était fort dans notre démarche à Saillans, c’était cette idée d’une forme de « démocratie permanente », qui a été un vrai leitmotiv pendant les six ans de mandat. Les élus ne se considéraient pas légitimes à prendre des décisions à la place des gens.

On a vraiment cherché à refaire du citoyen le premier personnage politique de la Cité. Avec cette idée sous-jacente que dix cerveaux valent mieux qu’un ou deux ! L’intelligence collective n’est pas un protocole réservé au milieu associatif et à l’éducation populaire, il n’y a pas de raison que cela ne marche pas non plus pour gérer les affaires de la Cité.

Et donc c’est sur la question du plan local d’urbanisme (PLU) qu’on a mis en place notre innovation méthodologique majeure : pendant deux ans et demi, c’est une instance qui réunissait douze habitants tirés au sort et quatre élus qui a travaillé à la révision de ce document, et non le conseil municipal. Il y a eu un accompagnement avec un cabinet d’urbanisme, et on a organisé 90 réunions publiques d’informations et de consultation. Tout le monde a donc pu participer à ce travail. Symboliquement, on faisait passer un message très fort pour une commune rurale : le clientélisme et le jeu de Monopoly traditionnel entre le maire et les propriétaires terriens, c’est fini. Ça ne sert à rien d’aller essayer de le soudoyer, il n’a plus les clés en main. Ça a été la toute première aventure de véritable codécision en France, avec un mix de représentation d’élus et de citoyens tirés au sort.

Mais est-ce qu’on peut absolument tout co-construire pour autant ?

Non, ce n’est pas possible, ce serait une ingénierie de fou furieux. On n’a pas le temps de tout faire passer au prisme d’une délibération citoyenne. Il y a plein de sujets éminemment techniques et administratifs qui ont à voir avec la gestion des affaires courantes et le bon fonctionnement de la commune – les ressources humaines, l’achat de matériel, etc. – et tout ça ne relève pas fondamentalement d’une délibération politique. Au quotidien, il y a beaucoup de décisions à prendre pour lesquelles il n’y a pas besoin d’associer les habitants. Il faut rester raisonnable dans l’engagement que l’on demande aux citoyens, c’est aussi l’une des leçons de notre expérience à Saillans. Au total, on avait fait près de 800 réunions publiques sur tout le mandat, et cela a fini par créer de l’épuisement. Le jour où on ne bossera tous que deux heures par jour, peut-être qu’on pourra décider de tout collectivement…

Comment priorise-t-on ? Cela veut-il dire qu’il y a des compétences municipales qui nécessitent des formes d’expertises particulières, en matière de finances publiques, de droit des collectivités ou d’aménagement du territoire par exemple, que l’on réserverait de facto aux élus ?

Non, ce n’est pas la complexité des sujets qui est un frein, en soi. On peut créer les conditions pour que l’assemblée monte en compétence sur un thème en particulier – par exemple sur le PLU, en étant accompagné par un cabinet d’urbanisme. De fait, les élus ne sont pas forcément plus calés en urbanisme eux-mêmes, et eux aussi auront besoin d’un apport en expertise sur le sujet. L’enjeu, c’est de bien savoir distinguer ce qui relève d’une orientation politique et ce qui relève d’une pure gestion administrative. Pas besoin d’une décision citoyenne pour faire reboucher un nid de poule, ce n’est pas une décision politique à proprement parler ! Et pour en avoir beaucoup discuté avec les élus, plus de 80 % des sujets d’une mairie au quotidien sont de cet ordre-là.

Ce que je conseille aux listes ou aux élus que j’accompagne, c’est de choisir un vrai sujet structurant par an autour duquel organiser une assemblée de codécision. Si, à la fin du mandat, vous avez organisé quatre ou cinq assemblées de ce type, je pense qu’il se joue quelque chose de très fort en termes de démocratie et de la place qu’on donne au citoyen.

Cela peut sembler paradoxal, mais pour autant, vous réfutez le terme de « démocratie participative ». Pourquoi ?

Parce qu’on peut mettre tous les adjectifs qu’on voudra – démocratie « participative », démocratie « liquide », etc. – ce ne sont que des jeux de sémantique pour masquer la réalité : celle d’un fonctionnement où les élus gardent la main sur tous les arbitrages structurants, et qui n’a donc pas grand-chose de réellement démocratique, dans le fond. Cela a été très bien analysé par les chercheurs Manon Loisel et Nicolas Rio dans leur livre Pour en finir avec la démocratie participative (Textuel, 2024), dans lequel ils passent en revue un grand nombre de dispositifs dits « participatifs » : en réalité, ça ne dépasse jamais vraiment le stade de la consultation. Les recherches montrent que ça n’impacte pas la décision finale. On fait bosser des gens, on leur demande de produire un avis, et à l’issue, les élus en font absolument ce qu’ils veulent. Sans compter que ce sont toujours un peu les mêmes qui viennent !

Si vous regardez dans les conseils de quartier, ce sont les mêmes personnes qui viennent à toutes les réunions, il n’y a pas de renouvellement. Quand on voit ce que sont devenus les budgets participatifs, une sorte de « concours de projets » organisé par les mairies, on se dit qu’on est très loin de l’ambition de Porto Alegre, où, à la naissance de cette idée en 1989, on allait jusqu’à délibérer de l’affectation de 30 % de la politique d’investissement pour une ville de 1,2 million d’habitants ! Aujourd’hui, les communes françaises empilent des outils qui prétendent à la participation citoyenne, mais c’est du cosmétique, car ces outils n’ont aucune vocation à orienter la décision, qui revient toujours aux élus.

Votre livre est un vrai réquisitoire contre le principe-même de démocratie représentative, qui nous mène à un état d’ « hypnose démocratique ». Pour vous, « nous ne sommes pas en dictature, mais nous ne sommes pas pour autant en démocratie ».

Les mots ont un sens, une histoire. On joue sur une sorte d’ambiguïté avec ce mot de démocratie, qui est utilisé à toutes les sauces. Soyons clairs : aujourd’hui, on vit dans une République, avec un état de droit et des droits fondamentaux qu’il faut absolument préserver. Mais ce n’est pas pour autant la démocratie, telle qu’elle est définie par notre Constitution, comme « le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Le mot « démocratie » fait toujours référence aux intérêts du peuple, mais n’implique plus l’exercice du pouvoir par le peuple.

Il y a une profonde confusion entre « vote » et « démocratie » : l’idée qu’un système démocratique pourrait uniquement s’exprimer par le suffrage universel, en élisant des représentants sans mandat impératif ni aucun moyen de contrôle, avec, comme seul moyen d’action d’attendre une prochaine élection. Tout ça me paraît une véritable imposture. La notion même de représentation, autrement dit d’une forme de dépossession de ton pouvoir, est antinomique avec l’intention de départ : permettre aux citoyens de s’impliquer dans les affaires de la Cité. Je ne dis pas qu’un pays de 65 millions de personnes peut s’autogérer, et je continue de penser qu’il faut une dose de représentation. Mais tout ne peut pas reposer uniquement là-dessus. D’autant qu’on voit bien ensuite, dans les faits, qu’il y a un problème de représentation, avec, à la fin, toujours les mêmes profils aux postes électifs.

Vous écrivez qu’une « aristocratie élective a remplacé l’aristocratie héréditaire », pendant que les citoyens sont « réduits au statut de consommateurs d’offres politiques au fil de la saisonnalité ».

Je m’inspire pour cela des travaux de Francis Dupuis-Déri, qui a fait l’analyse de ce détournement sémantique dans Démocratie. Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France (Lux, 2025). Il montre comment, historiquement, le choix de la République en France s’est fait à la fois contre la monarchie, mais aussi contre la démocratie. À l’époque, l’abbé Sieyès avait eu cette formule : « Le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

C’est sur cette aversion du peuple – Dupuis-Déri parle carrément d’« agoraphobie » – que s’est fondée notre histoire politique depuis plus de deux siècles, et elle est toujours très présente chez nos élites politiques. Au fond, il ne s’agit pas aujourd’hui d’ « améliorer » la démocratie, ou de dénoncer des dérives : il s’agit de repenser en profondeur cette question-là, et se demander si l’on veut véritablement instaurer une vraie culture de la démocratie, au sens du gouvernement du peuple par le peuple.

Mais les citoyens ont-ils aujourd’hui véritablement envie de s’engager, ou de faire de la politique autrement ? L’expérience à Saillans n’a pas été reconduite, et la promesse de développement des listes citoyennes qui avaient émergé en 2020 semble avoir pris du plomb dans l’aile, à l’aube de 2026…

Couverture du livre de Tristan Rechid

Réanimer la démocratie. Des assemblées populaires face à l’autoritarisme, qui vient de paraître (Actes Sud, 2025), est un plaidoyer pour promouvoir les dispositifs de démocratie délibérative visant à remettre les citoyens et les citoyennes au cœur du jeu politique.

À Saillans, il faut savoir que, depuis la Seconde Guerre mondiale, aucun maire sortant n’a jamais été reconduit. Le village boute systématiquement son édile ! Et nous, en 2020, on perd de dix-huit voix, donc le résultat reste malgré tout honorable… Mais je suis d’accord, on est dans un moment difficile, politiquement. Entre 2020 et 2026, hormis l’expérience à Poitiers, qui fut la seule autre vraie tentative de construction d’une assemblée de codécision après Saillans, je n’ai pas observé de transformation majeure, ailleurs. J’ai vraiment le sentiment qu’on est entré dans une phase de résignation, l’élan citoyen semble un peu cassé.

Il ne faut pas sous-estimer le contexte plus général : nous vivons une crise de régime profonde, qu’Emmanuel Macron a largement contribué à amplifier après la dissolution de l’Assemblée nationale et son refus d’admettre le résultat des élections législatives. Depuis un an et demi, je suis stupéfait par le spectacle qu’il nous impose, avec l’enchaînement de trois Premiers ministres différents, sans que jamais aucun d’entre eux ne soit issu du camp vainqueur. L’usage n’est plus respecté, c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que la responsabilité du gouvernement n’est pas confiée au camp qui finit en tête.

Il y a comme une obstination dans le déni du verdict des urnes qui me semble extrêmement grave, et qui participe d’une désaffection toujours plus grande pour la politique. On le voit lorsqu’on fait du porte-à-porte, c’est très difficile de mobiliser aujourd’hui. Les gens se sentent floués : pourquoi convoquer des élections si cela ne sert à rien ? Comme un symbole, Macron précipite ainsi la chute du dernier simulacre de démocratie : le suffrage universel.