POLITIQUE – Il a préféré le canal 16 de la TNT à la rue de l’Université à Paris. Le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, artisan du projet Périclès, a de nouveau séché sa convocation en audition ce mardi 20 mai. L’homme d’affaires proche de l’extrême droite était convoqué par la commission d’enquête sur l’organisation des élections en France, qui lui avait fixé un nouveau rendez-vous après une première absence la semaine dernière.

« Nous constatons ce matin qu’il n’est pas parmi nous », a déclaré le député Renaissance Thomas Cazenave, président de cette commission, annonçant dans la foulée saisir la justice. « Rien ne justifie que monsieur Stérin se place au-dessus des lois de la République, méprise l’Assemblée nationale et ses représentants. Quand on porte un projet politique, on ne refuse pas de venir au cœur même de la vie politique française », a tonné l’ancien ministre du Budget face aux caméras depuis la salle des quatre colonnes.

L’élu a par ailleurs de nouveau assuré que toutes les mesures avaient été prises pour assurer la sécurité du milliardaire (qui a fait fortune avec les coffrets cadeaux Smartbox), que ce soit dans, ou aux abords de l’Assemblée nationale. À défaut de se présenter face aux députés, Pierre-Édouard Stérin, qui a de nouveau invoqué ces raisons de sécurité – des « menaces sérieuses et imminentes » -, était en revanche sur CNews dans la matinée, où il a répondu aux chaleureuses questions de Pascal Praud.

« Je n’habite pas en France, j’habite en Belgique et je me rends en France trois jours tous les deux mois » a-t-il d’abord expliqué avant de tacler à mots doux la commission évoquant un « déplacement » inutile pour « seulement quelques questions auxquelles mon associé a par ailleurs déjà répondu ».

Pierre-Édouard Stérin accuse « ceux qui le convoquent »

Plus virulent, Pierre-Édouard Stérin a surtout émis l’hypothèse que les dizaines de menaces de morts qu’il a reçues proviennent « probablement » des « amis de ceux qui le convoquent ». Vise-t-il l’ancien ministre macroniste Thomas Cazenave, ou le rapporteur Antoine Léaument, membre de la France insoumise ? La représentation nationale appréciera…. Selon lui, la possibilité d’être auditionnée en visioconférence lui a été refusée car il est « de droite », alors que pointe-t-il, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, avait pu, elle, répondre aux questions des députés à distance, il y a quelques jours.

La semaine dernière, Thomas Cazenave avait expliqué que la salle où se déroulent les auditions ne dispose pas de la technologie nécessaire pour procéder à des auditions en visioconférence. Il avait justifié cette audition dans le contexte du projet Périclès. Des enquêtes de presse ont montré qu’avec ce « plan », acronyme de « Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes », Pierre-Édouard Stérin entend porter « la bataille culturelle » à droite. Cela passe notamment par des cercles de réflexions, et des soutiens financiers directs. Mediapart ou Street Presse ont montré dans des enquêtes, comment il alimente un écosystème réactionnaire.


A suivre …