21 septembre 2026 : Jean-Yves Quemeneur, 76 ans, quitte l’Ancienne Manufacture de tabacs de Morlaix pour rallier pieds nus l’Assemblée Nationale à Paris. Il entame ainsi une longue et lente « Marche pour défendre le vivant ». Le périple est émaillé de riches rencontres avec des militants locaux de défense de l’environnement . Son aventure est contée au jour le jour sur le facebook de l’association Force 5 …Le soir même , Jean-Yves rejoint Dinan pour reprendre sa longue progression à pieds nus en direction de Saint-Malo …
Suivez au jour le jour, le périple de Jean -Yves via le facebook de l’association Force 5, c’est par ici …
La suite du périple de Jean -Yves est à suivre sur le facebook de l’association Force 5, c’est par là …
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Jean-Yves Quéméneur marchera pieds nus de Morlaix jusqu’à Paris …
Jean-Yves Quéméneur, une épaisseur de vie et un engagement « force 5″…
REPORTAGE. Manifestation contre les pesticides dans l’Eure : paysans et malades ont marché main dans la main
Des milliers de personnes ont manifesté contre les pesticides, samedi 3 octobre 2026 à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure. Dans l’immense cortège, paysans, malades, soignants, citoyens, ont réclamé l’arrêt des sites de production comme celui de Syngenta. Un article signé
On est là parce qu’on a une furieuse envie de vivre !
Des milliers de personnes – 8 000 selon la préfecture de l’Eure, 15 000 selon les manifestants – ont convergé de toute la France vers l’usine Syngenta, à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, ce samedi 3 octobre 2026.
Parce que c’est l’un des plus gros sites de production de pesticides en France, explique Stéphane Galais, porte-parole nationale de la Confédération paysanne. Et parce qu’on ne veut plus de ce système mortifère qui met les paysans à genoux.
Le rassemblement était organisé par une coalition inédite : la Confédération paysanne, donc, mais aussi les Soulèvements de la Terre, l’association Cancer Colère et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO).
De nombreuses autres associations étaient présentes pour dénoncer le colonialisme chimique » :
On fabrique ici des pesticides interdits en Europe, mais qu’on continue de vendre ailleurs.
Des milliers de personnes ont répondu à leur appel, même si l’usine est à l’arrêt depuis ce jeudi 1er octobre, ce qui constitue déjà une victoire pour les opposants.. Elles se sont d’abord réunies à la sortie de Gaillon, à une poignée de kilomètres du site de production. C’est là qu’ont eu lieu les premières prises de parole.
« On fabrique ici des pesticides interdits en Europe, mais qu’on continue de vendre ailleurs. »— Des associations présentes à la manifestation.
Aujourd’hui, il y a des malades qui viennent des quatre coins de la France
, commence Fleur Breteau, porte-parole de Cancer Colère. Nous ne sommes pas là par choix, mais pas nécessité. Le nombre de cancers a doublé depuis 1990. On trouve des pesticides dans le lait maternel, dans les premières selles des nourrissons… Alors nous sommes venus faire face à nos empoisonneurs. Nous sommes la société civile et notre colère est juste. Nous sommes tous légitimes à être ici. Merci d’être ici aujourd’hui. Ça compte. C’est fort. Ça nous fait du bien.
Théo, 19 ans, enchaîne d’une voix caverneuse. Reconnu victime des pesticides par le fonds d’indemnisation dédié, il a déjà subi 55 opérations. Les institutions ne nous écoutent pas ? Parlons plus fort. Ils ont brisé ma voix, ils ne pourront pas briser toutes les vôtres.
Blouses blanches et écharpes tricolores
Le cortège s’élance à l’assaut de la route départementale 6015. Il s’étire sur des centaines de mètres. Dans la foule, deux maires, vêtus de leur écharpe tricolore, tiennent une pancarte « Le soulèvement des maires ». D’un côté, il y a Loïc Michaud, maire d’Amuré, dans les Deux-Sèvres, le pays des méga bassines ». « Les politiques ne doivent plus fermer les yeux, estime l’élu. Nous devons être à l’écoute des malades. Il existe des alternatives à la chimie. Nos paysans le démontrent depuis des années.
La réalité dépasse presque la fiction quand on voit le nombre de malades présents aujourd’hui. »— Jérôme Bourlet de la Vallée, maire de Saint-Pierre-du-Vauvray.
De l’autre, Jérôme Bourlet de la Vallée, maire de Saint-Pierre-du-Vauvray, à une quinzaine de kilomètres de la manifestation. En tant que maire, on essaye de faire des choses, explique-t-il. Dans notre commune, ça fait des années qu’on a arrêté les pesticides. On a mis en place des fauchages différés. On a toujours été pris pour des rigolos. Peut-être que les rigolos étaient des lanceurs d’alerte. La réalité dépasse presque la fiction quand on voit le nombre de malades présents aujourd’hui.
Il y en a effectivement beaucoup. Parmi eux, quelques blouses blanches. Des soignants et des scientifiques ont fait le déplacement. Nous nous devons d’être aux côtés des victimes et des agriculteurs
, estime Mélanie Popoff, médecin à Paris. On est des témoins directs de l’augmentation du nombre de maladies liées à l’exposition aux pesticides. Ce sont des maladies qu’on pourrait éviter. Ce sont des maladies politiques. Soigner, diagnostiquer, prescrire… À un moment donné, ça ne suffit plus. On a l’impression de réparer les dégâts des industriels. On n’a plus le choix : notre place est ici.
Les derniers manifestants n’ont toujours pas quitté le rond-point de départ quand les premiers arrivent à destination : un point de vue sur l’usine Syngenta. La tête de cortège descend dans un champ, côté usine. Face à eux, un impressionnant dispositif de forces de l’ordre.
Un cimetière de pancartes
Un petit groupe, qui a envie d’en découdre, court vers les gendarmes. Les bombes lacrymo pleuvent. Mais les organisateurs rappellent le mot d’ordre. On reste derrière les banderoles. Ce sont les malades qui disent si on avance ou non.
Ces derniers ont une autre idée en tête. Ils plantent des pieux dans le sol et y accrochent les dizaines de pancartes sur lesquelles sont écrits les noms de personnes mortes de cancers et de maladies neurodégénératives. Un cimetière de pancartes se dresse dans le champ. On va les laisser là pour que Syngenta les voie.
Les manifestants traversent la départementale pour descendre dans un champ de maïs coupé, de l’autre côté.
On va rester là ce soir
, annoncent les organisateurs. Mais ce n’est pas du goût du préfet. Après une première sommation par hélicoptère, la foule se disperse.
