« Personne ne doit mourir pour ses idées, aussi dégueulasses soient-elles, dans une démocratie comme la France, on est d’accord. Mais au Pays des Droits de l’Homme, à quel moment c’est devenu banal de rendre hommage à un jeune néo-nazi ? ». Gauvain Sers prend la plume pour dénoncer le traitement médiatique complaisant autour de Quentin Deranque, militant d’extrême droite décédé lors d’une rixe à Lyon …
« Je ne peux pas fermer ma gueule.
De toute façon, dès qu’un artiste donne son point de vue sur un sujet de société, y’a toujours des gugusses qui diront « mais pour qui il se prend lui, qu’il essaye déjà de chanter, c’est tout ce qu’on lui demande ». Et puis quand les artistes s’en tiennent au silence radio, y’a l’équipe d’en face qui débarque : « ils sont où les artistes ? On les entend pas ? Balavoine et Coluche, ils mettaient un coup de pied dans la fourmilière au moins, eux ».
Bref, chacun fait comme il veut. Mais ne pas prendre parti, c’est déjà prendre parti. Personne ne doit mourir pour ses idées, aussi dégueulasses soient-elles, dans une démocratie comme la France, on est d’accord. C’est un drame. Mais de là à transformer ce facho en martyr ?
À l’appeler par son prénom comme si c’était un copain ? On ne parle pas d’un enfant de chœur, on parle de quelqu’un qui affichait fièrement son appartenance à un groupuscule néo-nazi. C’est quoi que les gens comprennent pas dans néo-nazi ? Néo ou nazi ?
Depuis 5 jours, sur tous les plateaux télé, on déroule le tapis rouge aux discours fumeux de l’extrême-droite qui instrumentalise ce drame pour inverser des vérités qui nous sont chères. La méthode trumpienne dans toute sa splendeur. Mais un poisson rouge restera rouge même si on nous rabâche à longueur de journée sur toutes les antennes qu’il est bleu.
« Lire par ailleurs sur PrendreParti à propos de Gauvain Sers …
