« MER de LIENS », une société de pêche citoyenne et solidaire prend le large !

Après trois ans d’études de projet, de discussions et de réflexions pour organiser la transition sociale et durable du secteur de la pêche professionnelle, l’Association Pleine Mer est fière de vous annoncer la naissance de « Mer de Liens » – toute première société de pêche citoyenne et solidaire ! La société a été officiellement créée en décembre 2025 …
Mer de Liens répond à deux urgences : organiser la transition durable du secteur de la pêche et faciliter la transmission entre générations de marins pêcheurs. Sur le modèle des foncières citoyennes (comme Terre de Liens ou FEVE), Mer de Liens récolte de l’épargne auprès des citoyens via le modèle de l’actionnariat solidaire. L’objectif ? Que chacun puisse agir pour la protection de l’océan et la pêche durable, et devenir ainsi un acteur du changement.
Pour plus d’informations sur le projet porté par Mer de Liens et les prochaines étapes de la société, vous pouvez consulter leur site internet : https://mer-de-liens.org/

https://associationpleinemer.com/…/mer-de-liens-prend…/


« Donner la parole à ceux qui pratiquent » : un premier festival de la pêche artisanale se tient à Brest le 6 février

L’association Pleine Mer, qui promeut la pêche artisanale, organise un premier festival sur le sujet, ce vendredi 6 février 2026, au Quartz, à Brest. Quota de maquereau, représentativité dans les instances : Margot Le Fur, chargée de projet, détaille les enjeux de ce nouveau rendez-vous. Un article signé Frédéric Jacq dans Le Télégramme du

Margot Le Fur est chargée de projet sauvegarde de la pêche artisanale au sein de l’association Pleine Mer, installée au port de commerce de Brest.
Margot Le Fur est chargée de projet sauvegarde de la pêche artisanale au sein de l’association Pleine Mer, installée au port de commerce de Brest. (Photo Le Télégramme/Frédéric Jacq)

Qu’est-ce qui différencie la pêche artisanale de la pêche industrielle ? Peut-on raisonner sur des critères comme la taille des bateaux ou les techniques employées ?

Margot Le Fur, chargée de projet de l’association Pleine Mer : « Ce serait trop facile s’il y avait des critères si simples ! Pour nous, la pêche artisanale, c‘est une pêche qui maximise les répercussions positives sur les plans économique et social, et qui minimise les répercussions négatives sur le plan environnemental. Donc, c’est une pêche qui crée de l’emploi à la côte, qui respecte les hommes et les femmes, qu’ils soient embarqués sur les bateaux ou qu’ils travaillent, de près ou de loin, pour les entreprises de pêche. Et c’est une pêche qui, en parallèle, respecte la ressource, l’environnement marin et l’ensemble de la biodiversité ».

Pourquoi avoir voulu organiser ce premier festival ?

« L’ idée est de donner la parole à ceux qui pratiquent, et donc aux pêcheurs artisans, et de créer un vrai espace uniquement consacré à la pêche. Au Salon de l’agriculture, il y a un petit volet sur la pêche. Aux Assises de la mer, il y a certains représentants du secteur qui sont invités, mais ça ne nous semblait pas suffisant. À nos yeux, il fallait créer un événement où les pêcheurs artisans peuvent accéder à un temps d‘échange avec d’autres pêcheurs, afin de s’exprimer sur leur quotidien, leur métier, et pour que, collectivement, tous puissent réfléchir aux enjeux de la pêche de demain. On va réussir à convier une centaine de pêcheurs artisans, une majorité de Bretons, mais aussi venus de Normandie, des Hauts-de-France, du sud du golfe de Gascogne, et même quelques Méditerranéens. On comptera également des représentants d’acteurs de la filière, des salariés de comités des pêches, des chefs cuisiniers… ».

Quel est le gros sujet de préoccupation des pêcheurs artisans en ce moment ?

 » Le gros sujet de discussion devrait être les quotas 2026, avec l’effondrement de celui de maquereau. Des pêcheurs artisans en sont dépendants et, pour eux, ça va compliquer énormément les choses. En France, on répartit les quotas de pêche selon les antériorités de capture. Donc, plus un bateau a pêché, plus il a le droit à des quotas sur l’espèce. C’est un mécanisme qu’on dénonce, car il fonctionne comme une récompense pour les plus gros pêcheurs. Nous plaidons, nous, pour que la répartition soit faite selon des critères objectifs, sociaux, économiques et environnementaux.

Un autre gros sujet concerne la représentativité dans les instances de la pêche : quand on va se balader sur les quais pour discuter avec les pêcheurs, l’écho qu’on a, c’est qu’il y a une déconnexion entre ces instances et la base ».

Y a-t-il une volonté, plus tard, d’échanger avec des personnes qui peuvent avoir une vision un peu différente ?

« Le but, dans les prochaines années, est d’essayer de faire grossir cet événement, peut-être de l’ouvrir un peu plus au public, aussi (*). On veut également montrer aux pêcheurs, aux représentants de la filière, à tout le monde, que le dialogue et le travail entre associations, d’un côté, et pêcheurs et représentants, de l’autre, est possible ».

« MER de LIENS » veut aider à la transmission des petits bateaux de pêche

Depuis Plougastel-Daoulas (Finistère), l’association Pleine mer de Charles Braine ambitionne de recueillir des financements citoyens pour faire perdurer une pêche durable. Une idée inspirée de l’association Terre de liens.
Un article signé  Emmanuelle FRANÇOIS dans Ouest France du 

Charles Braine, 44 ans, installé à Plougastel-Daoulas (Finistère), porte le projet « Mer de liens » depuis plusieurs années.
Charles Braine, 44 ans, installé à Plougastel-Daoulas (Finistère), porte le projet « Mer de liens » depuis plusieurs années. | OUEST-FRANCE

Sur terre, depuis plus de 20 ans, l’association Terre de liens aide les jeunes agriculteurs à s’installer en achetant du foncier agricole, via un financement citoyen. En mer, l’association Pleine mer basée à Plougastel-Daoulas est en train d’inventer un système similaire pour favoriser la transmission des bateaux de pêche et l’a baptisé… Mer de liens.

« Quand je suis arrivé à Plougastel, il y a une dizaine d’années, il y avait deux ou trois bateaux de pêche, se rappelle Charles Braine, président de Pleine mer. Aujourd’hui, il n’y en a plus. En 25 ans en France, un tiers des petits bateaux, ceux qui font moins de 12 mètres, a disparu. »

« Le coût de l’installation est prohibitif »

Depuis plusieurs années, l’idée d’aider à la transmission des bateaux de pêche lui trotte dans la tête. « Le coût de l’installation est prohibitif, décrit Charles Braine. Nous, les pêcheurs, cotisons très peu ; c’est la vente de notre bateau, et les droits et quotas qui y sont attachés, qui constitue notre retraite. »

Diplômé en sciences halieutiques et aquacoles, cet ancien chargé de programme sur la pêche durable au sein de l’association environnementaliste WWF veut axer Mer de liens sur des petits bateaux de moins de 12 mètres, qui pratiquent « une pêche plus vertueuse, qui se valorise mieux au kilo, qui permet plus d’emplois qualitatifs et qui n’est pas trop gourmande en énergie ».

L’idée serait que Mer de liens soit co-armateur avec les jeunes pêcheurs pour empêcher que, si le bateau n’était pas transmis, « ces quotas aillent à la pêche industrielle ». Charles Braine appelle de ses vœux un modèle de pêche plus résilient. 

« Il n’y a pas de réflexion collective sur la transition ; on attend à chaque fois les crises et que l’État sorte le carnet de chèques. Il faut entamer une réflexion pour rendre la pêche moins vulnérable aux crises, ériger la polyvalence comme art de vivre, avec différentes espèces et plusieurs techniques de pêche. »

Cahier des charges de pêche durable

Ce mois de septembre 2024, Pleine mer a ouvert un poste dédié à Mer de liens. Une première levée de fonds devrait avoir lieu cet hiver ou au printemps au plus tard, de manière à acheter les premiers bateaux à l’été 2025 en Bretagne ou partout en France, en fonction des opportunités.

Pour bénéficier d’un accompagnement, et sur le modèle de Terre de lien, les personnes qui se lanceront dans l’aventure accepteront un cahier des charges de pêche durable. En 20 ans, Terre de liens a acquis 330 fermes et installé 800 agriculteurs et agricultrices en bio, grâce au placement solidaire de plus de 50 000 personnes.

Tout en déplorant un « manque de culture gustative liée aux poissons » en France (qui peut faire la différence entre un bar pêché au chalut et un bar de ligne ?), Charles Braine estime que « les gens sont prêts à investir dans ce type de solutions. Ils commencent à faire le lien entre la problématique de la surpêche, la santé des océans et le climat. Et, localement, la disparition des bateaux de pêche dans les petits ports, ça se voit. »